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  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...
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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 21:47
VOIE DU BOUDDHA C - Lama Mingyour (+ Bernard) 27/28 mars 2004
 
LA DISCIPLINE DU BODHISATTVA
 
Bodhi = éveil
Sattva = quelqu'un, une personne (vraie).
Bodhisattva = Personne d'éveil - héros ou vaillant. Quelqu'un qui a le courage de s'éveiller. C'est un sous-Bouddha en quelque sorte! En fait, il y a 10 niveaux.
 
A notre niveau, comment commencer?
Notre condition de départ = ego-sattva. MOI. Partir de la vie AVEC MOI pour aller vers la vie SANS MOI = vie du Bodhisattva.
 
Au départ, vivre avec MOI. C'est pas facile!!! Le MOI accapare tout ce qui se présente. Il centralise toutes les expériences et se pose comme le point de référence central, la chose la plus importante. On peut s'apercevoir facilement que notre objet de perception 1er c'est le MOI. Ce que les autres pensent de MOI. Ce que JE vais faire ou non. Ce que JE vais pouvoir obtenir d'agréable. Ce à quoi JE vais pouvoir échapper de désagréable. MES problèmes. MES soucis... Il y a des autres dans notre vie. Mais les autres ne m'intéressent que dans la mesure où ils sont MES autres. Les MIENS. MA femme. MON mari. MES enfants. C'est comme une sorte d'extension du MOI. Il y a MON métier. On se définit souvent par son métier. C'est une extension de MOI. MES amis. MON argent. Tout cela est ordonné. C'est tellement habituel que c'est très difficile d'imaginer une vie sans MOI, voire impossible! On se sent indispensable, irremplaçable.
 
Toutes nos relations avec les autres ne sont pas très vraies. Y-a-t-il vraiment une communication? Quels sont mes sentiments pour les autres? En plus j'interprète pour m'approprier ce qui est bon, rejeter ce qui est mauvais ou ne pas être dérangé. Quand j'observe quelque chose, il y a un processus automatique. Je classifie immédiatement : cela me plait, cela ne me plait pas ou bof!
Je compare immédiatement avec mon histoire, mes souvenirs, mes conditionnements et je vais déterminer ce qui me plait ou non = mécanisme. Nous ne sommes pas libres.
 
Entre une relation naturelle et directe et ces relations distordues, on voit qu'il y a une énorme différence. Et la distorsion a pour origine le MOI. Il y a tellement longtemps qu'on fonctionne ainsi qu'on pense ne pas pouvoir changer. La voie du Bodhisattva consiste à faire autrement petit à petit. Il ne s'agit pas de s'attaquer à ce gros morceau (image d'un gros rocher) brutalement et de vouloir tout démolir d'un coup. Le gros morceau = gros rocher = conditionnement principal = ego. En même temps, ce n'est pas solide, c'est juste une habitude. Une habitude tellement énorme, intelligente et subtile qu'il faut y aller doucement. C'est petit à petit, un petit peu chaque jour, sans faiblir, jour après jour, que nous y arriverons. La meilleure façon d'y arriver, c'est l'image du pas de l'éléphant. Il avance doucement et sûrement, il ne déroge pas au chemin qu'il s'est fixé. Il n'y a rien qui l'arrête.
 
Il faut voir que tout ce système centralisé n'est pas viable et cohérent. Il suffit d'observer. Je prends ce qui est bon et je rejette ce qui est mauvais. OK. Mais pour quoi faire? Quel est mon but? Parce que cela est sensé me rendre heureux, me contenter, me remplir, me combler. Ca marche, mais un court temps. On fonctionne comme un trou noir. A peine a-t-on satisfait un désir qu'un autre arrive. Qui suis-je? Un consommateur (comme dans notre société d'aujourd'hui!) Comme si le sens de notre vie était de consommer!!! On s'aperçoit qu'il y a une suite de désir sans fin, qu'on ne sera jamais comblé, qu'on ne pourra jamais se remplir, en tout cas, c'est très rare! Si on dit aux gens: "il faut se satisfaire de ce qu'on a", cela paraît louche! Cela paraît stupide. La perspective, dans notre monde d'aujourd'hui, c'est d'en vouloir. Il faut se battre pour obtenir ce qu'on veut et celui qui ne se bat pas est un looseur, un perdant.
 
Comment pouvons-nous aller plus loin? Si nous constatons un côté puéril à notre fonctionnement, il faut aller voir un peu plus loin. Se demander s'il serait possible de changer notre attitude de base. Au lieu de prendre ce qui est bon et de laisser les poubelles au voisin, si je donnais ce qui est bon? et si j'acceptais de prendre ce qui est mauvais? On est confronté à une certaine peur. Il a été tellement difficile d'obtenir ce qu'on a qu'il est difficile de s'en libérer.
 
Connaissez-vous le piège abscons? Un super vendeur d'aspirateur vous vend le soi-disant meilleur aspirateur du marché, très cher mais vraiment l'aspirateur extraordinaire. Vous vous laissez convaincre et vous l'achetez. En fait, il s'avère fonctionner très mal. Alors, pour ne pas admettre qu'on s'est fait avoir. on va trouver à l'aspirateur toutes sortes de choses positives, sa forme, sa couleur, etc... Quand on a beaucoup investi de soi-même, on a du mal à se remettre en question. Il est difficile de ne pas voir notre insatisfaction. L'idée, c'est d'essayer autre chose.
 
Le Bodhisattva est quelqu'un qui donne. Donner n'est pas évident. Ou alors, on accepte de donner si c'est un investissement. On paie des bijoux à sa femme pour pouvoir la montrer, On donne à un SDF parce qu'on se sent coupable - après lui avoir donner, on va se sentir mieux. Ou alors on donne pour se sentir supérieur. Plus on donne et plus on se sent grand. Exemple de l'esclavage. On y a trouvé mille justifications. Le don peut être très agressif, très égotique.
 
Un apprenti Bodhisattva va apprendre à donner de façon désintéressée. Il le fait car il comprend que la perspective de centralisation et le MOI ne sont pas des choses réelles. Ce n'est pas réel. Ce n'est pas la vie. D'ailleurs, lorsque je cherche ce que c'est que MOI, j'ai du mal à le trouver. J'ai l'impression d'être une chose qui dure dans le temps. J'ai l'impression d'être unique, permanent, autonome. Il y a MOI d'un côté et le monde de l'autre. Quand on commence à interroger ces notions, on se rend compte que cela ne tient pas debout. Si on regarde de plus prêt, on s'aperçoit que cela n'est pas réel. Y-a-t-il quelque chose d'unique en moi que je peux appeler moi? Si je dis que ce corps c'est moi, alors si je perds un bras, ce n'est plus moi? Si on prend un arbre qui a un tronc, des racines, des branches, des feuilles, si on enlève les feuilles, c'est toujours un arbre, si on enlève les branches aussi, mais si on enlève les racines, alors là, ce n'est plus qu'un tronc, ce n'est plus l'arbre. Je dis "mon corps". Alors, c'est qu'il y a moi d'un côté et le corps qui m'appartient! Idem avec mon ego, etc... A qui cela appartient-il? A personne. On met au centre le MOI qui vit l'expérience mais si on le cherche, on ne le trouve pas! Tout est faux. C'est un vice de forme. Le coeur de la machine ne marche pas. On peut voir que c'est MOI qui classifie les choses en terme de bon ou mauvais. Que c'est MOI qui ait commencé cette situation de conflit. MOI qui veut prendre, qui veut rejeter, MOI qui ignore. On se rend compte que lorsque la source du conflit (MOI) disparaît, le conflit disparaît avec. Ce qui est mauvais se révèle comme n'étant pas mauvais, ce qui est conflictuel devient harmonieux, ce qui est bon apparaît spontanément lorsque la source de ce qui est conflictuel disparaît.
 
Sur ce chemin, le Bodhisattva va découvrir que la source de ce qui est bon n'est pas à l'extérieur. Il va découvrir que la source de ce qui est bon est la nature même des choses. Il sait que la source de ce qui est bon est sans limite, alors il arrête d'être avare, de vouloir garder et il donne.
 
Ce qui était mauvais n'était mauvais que parce que le MOI le trouvait mauvais. Quand on accepte de faire une chose qui nous paraît mauvaise, on souffre moins. Quand on accepte ce qui est mauvais, cela va beaucoup mieux. Le malaise vient-il de la chose ou de la situation mauvaise? En réalité, la chose ou la situation ne sont pas la source du malaise. Ce ne sont que des déclencheurs du malaise. Mais le malaise, il est en MOI. C'est MOI qui ressent cela. Et lorsque je refuse la situation, je refuse aussi mon malaise, je refuse mon irritation, je refuse ma souffrance.
Je ne veux pas expérimenter cela. Si on arrive à ne plus être fasciné par la chose, mais à voir notre souffrance, notre émotion et à l'accepter pleinement, le problème devient beaucoup plus léger. Si j'accepte mon émotion, ma souffrance et de vivre une situation "mauvaise", je n'ai plus de problème avec ce qu'il y a de "mauvais". C'est très important. C'est merveilleux.
 
J'ai tellement de problèmes avec le monde. Est-il possible qu'un jour je n'ai plus de problème, plus aucun soucis? Quel pied!!! Vous n'avez plus de problème car vous accepter tout ce qui apparaît en vous. Votre stupidité, votre jalousie, votre colère, etc... Accepter d'avoir été con! Il n'y a pas de barrière à notre capacité d'intégration. On devient de plus en plus libre.
 
Quand on n'accepte pas notre irritation, cela nous empoisonne. Nous nous fixons sur l'objet de notre irritation et nous ne pouvons pas nous en libérer. Quand on l'accepte, cela devient possible.
 
Un Bodhisattva est courageux. C'est quelqu'un qui ne fuit pas. Il s'agit d'accepter la difficulté sans se laisser prendre par elle. C'est la clef du Bodhisattva.
 
Acceptation n'est pas résignation. C'est accepter la réalité. Les choses sont exactement comme elles sont. Accepter d'être dans cet état. (habitude = "Je souffre donc j'existe"!!!)
 
Est-ce que j'accepte qu'on ne m'aime pas?
 
* * *
 
La méditation. Vous êtes seul sur le coussin. Il y a moi seulement. Vous voyez tout ce qui se passe. Vous voyez vos pensées, vos émotions, votre agitation et il y a des moments de calme, de bonheur, de détente. Vous voyez que tout ce que vous voyez, c'est vous-même. Plus vous intégrez ce que vous êtes, plus vous devenez libre.
 
Passer d'une attitude centrée sur soi à une attitude allocentrée, c'est-à-dire centrée sur les autres. C'est la décentralisation!
 
Qu'est-ce qui est le plus important dans la vie? Moi ou les autres? Mettre moi et les autres sur la balance. Vu comme cela, il est évident que les autres sont plus importants que moi et ma vie ne va avoir de sens que si je mets les autres en premier. Il est important d'être claire avec cette attitude. Mais, attention, il ne faut pas que ce soit par devoir, résignation ou culpabilité. Il ne s'agit pas de mettre les autres en premier par dépossession de soi-même. On va mettre les autres en premier parce que c'est naturel. Parce que cette source du bonheur que nous avons trouvée en nous est illimitée et qu'elle va donc dépasser les limites du corps, du moi et qu'il est naturel de partager. En sortant de l'égocentrisme, on s'aperçoit que la vie est interdépendance.
 
Différence entre avoir et être. Dans le Dharma, le verbe être se révèle bien pire qu'avoir. Cela veut dire que moi j'existe et l'idée que je suis indépendant. Je suis = j'existe. Dans notre société, il faut être le plus fort, avoir des capacités pour tailler sa route dans la jungle du monde. On considère qu'une certaine agressivité est bonne. On lutte pour la vie. L'idée que seuls les plus forts survivent est une idée assez récente. Il y a une part de vérité mais il existe une autre perspective qui est plus importante, qui montre que la vie n'est pas que compétition. C'est l'idée de coopération. Ce principe de coopération est beaucoup plus vaste et profond que le principe de compétition qui induit la pensée qu'on peut vivre sans les autres.
 
Mais, si nous sommes ici, c'est grâce à nos parents. On oublie trop souvent que les autres sont la source de ce qui nous permet de vivre. Nourriture, vêtements, habitation, etc... Thich Nath Hahn a inventé un terme, à la place du verbe être, qui est INTER-ÊTRE. Je ne suis pas mais j'inter-suis. C'est beaucoup plus réaliste, beaucoup plus vrai.
 
Ma vie n'est pas ma vie, c'est une parcelle d'une dynamique beaucoup plus vaste, dans lequel les autres sont interdépendants. Un Bodhisattva ne se sent pas coupé des autres et du monde. Il a reconnu que le moi n'est pas une chose, il a reconnu que sa vie était profondément interdépendante avec les autres. Ce qu'on a trouvé dans la voie, on a naturellement envie de le partager. Si nous trouvons en nous la source et la fin de la souffrance, nous avons envie que les autres la trouve également. Comment pourrions-nous être heureux sans une attitude de partage? Nous savons que les gens souffrent et nous ne pouvons pas être heureux en faisant abstraction de cette souffrance. Le bonheur, c'est les autres, ce n'est pas moi. Et les autres, il y en a plein! On peut avoir le plaisir d'aider sans fin. Etre utile, non pas pour sa propre gloire mais puisque c'est bon, que ça fait du bien. Si on veut être égoïste, OK. Si on veut être heureux, OK. Mais comme on ne peut pas être heureux sans les autres, alors autant être heureux à travers eux. Placer les autres avant soit ne doit pas être une attitude contrainte Elle doit reposer sur une capacité de sensibilité. Une capacité à se mettre à la place des autres. Ex: une vieille dame tombe devant nous. Vous sentez sa souffrance immédiate, directe. C'est cette sensation qui va vous faire vous précipiter pour l'aider. C'est très important. Cette attitude est tout à fait spontanée et naturelle. Dans un deuxième temps, vous allez peut-être vous poser des questions, hésiter, et passer à côté en faisant semblant de rien voir. Ce premier instant est présent chez tout le monde. Il y a en chaque être humain un point sensible. Quelque chose qui est dans notre coeur. Même chez le pire des individus il y a un lieu de sensibilité. Comme chez les tortionnaires nazis qui aimaient les poissons ou les fleurs. Ce point sensible sera plus ou moins ouvert, bloqué par nos tendances, nos peurs. C'est ce point sensible que le Bodhisattva va ouvrir, rendre disponible pour tout le monde. Ce n'est pas la recherche d'une bonté personnelle mais l'amour et la compassion. Vouloir que les autres soient heureux et vouloir libérer les autres de leurs souffrances. C'est la vie la plus noble qui soit. Le travail le meilleur. C'est le boulot du Bodhisattva. Pas de retraite, pas de vacances!
 
Du point de vue du Bodhisattva, les vacances c'est mesquin. On se complait dans l'inaction, la paresse, l'inutile, la distraction. Trungpa Rimpoché parlait de "s'allonger dans la crasse" pour parler des gens qui s'allongent sur la plage!!! Ici, être utile, c'est plaisant, c'est une joie.
 
Ce qui motive l'action d'un Bodhisattva, c'est la compassion, le fait d'être capable d'être sensible à la souffrance de l'autre et d'aider. Il y a différents niveaux de compassion. Il faut partir de là où nous sommes. Il ne faut pas sauter des étapes. Nous allons voir comment développer cette compassion. Où nous sommes, nous sommes capables de compassion mais seulement pour certaines personnes. Nos proches. Pour les autres, notre compassion est plus superficielle. On peut aller plus loin. Nous savons que nous existons en interdépendance et on peut développer cette idée et voir jusqu'où cela peut aller.
 
Déjà au niveau corporel, il s'agit de comprendre que notre corps n'est pas un système fermé. Tout système biologique est un système ouvert, puisqu'il y a échange. Notre corps ne peut vivre que parce qu'il y a échange avec l'environnement. Si je m'identifie à ce corps, il faut que je me rende compte que ce corps se mélange aux corps des autres et que les autres sont aussi mon corps. Il n'y a pas de borne, pas de limite. Il y a juste une certaine concentration de matière, mais c'est tout. Ca bouge. C'est fluide. Il est possible de changer notre état de conscience pour vivre à partir d'un corps ouvert et non fermé. Mes actions ont une influence sur les autres et les actions des autres ont une influence sur moi. C'est "l'effet papillon". Chacune de mes actions, de mes paroles, de mes attitudes influencent l'environnement. Dans la forêt vous percevez la forêt, les arbres, mais vous oubliez que vous êtes perçu également. Par les animaux, par les végétaux. Chacun de mes actes va avoir une influence sur l'environnement et l'environnement va m'influencer. Ce jeu d'influence respective n'est pas forcément neutre. Si vous agressez quelqu'un, une action agressive va résonner en harmonie. Si vous êtes de mauvais poil, vous faites la gueule, cela rend les gens mal à l'aise et ils vont faire la gueule aussi, etc... Et toute la ville va faire la gueule... Par contre, si vous souriez, vous êtes bien, les gens sont surpris et sont heureux de voir quelqu'un qui est bien, etc... et toute la ville sourit. Quand vous pleurez, le monde entier pleure, quand vous souriez, le monde entier sourit. Quand vous prononcez une parole d'amour, le monde entier aime. Quand vous insultez, le monte entier insulte.
 
Les actions d'un Bodhisattva sont pénétrées par cette compréhension.
Avant d'être un Bodhisattva, il faut être capable d'attention, de présence.
 
On est condamné à commettre des actions qui ont des répercutions cosmiques. Nous avons la liberté de d'orienter nos actions vers ce qui est bon, vers l'harmonie, vers le bien des autres, de sorte que le monde aille mieux. Et quand on voit l'état du monde, il y a du boulot!
 
Les actions du Bodhisattva sont basées sur la discipline qui a pour sens de faire le bien des autres = Bodhiccita - esprit éveillé.
Discipline = 6 paramitas = 6 vertus transcendantes =
LE DON
LA DISCIPLINE
LA PATIENCE
L'EFFORT ou LA DILIGENCE
LA MEDITATION
LA SAGESSE - CONNAISSANCE TRANSCENDANTE
 
Le Bodhisattva va développer LE DON mais il va le faire intelligeamment, de façon sensée. Il ne s'agit pas de donner à tort et à travers, n'importe comment mais de donner ce qui est utile, d'une façon juste et adéquate. Ni par peur, ni par orgueil, ni par culpabilité, ni par désir, mais par compassion.
 
LA DISCIPLINE est motivée par l'esprit d'éveil. L'altruisme, qui va permettre au Bodhisattva d'orienter sa vie vers l'éveil et de dépasser tout ce qui reste comme attitude egocentrée.
 
LA PATIENCE. Capacité d'acceptation et d'intégration de ce qui arrive dans la réalité. Elle commence par nous-même. Il s'agit d'accepter ce que nous sommes, tels que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts. Accepter nos émotions, nos souffrances. Arrêter de se plaindre et de rejeter la faute sur l'autre.
Ce n'est pas facile de s'accepter tel que l'on est. Ce n'est pas facile d'accepter les autres et le monde tels qu'ils sont. Il ne s'agit pas de se résigner mais d'accepter la réalité sans interprétation. Directement. Il faut du courage pour rencontrer la réalité sans plaquer sur elle toutes sortes de notions secondaires. ("de toute façon, cela devait arriver - je le savais - j'en étais sûr - je n'ai pas été à la hauteur - je rate tout ce que je fais - c'est sa faute - c'est la faute du système - etc..."). Au lieu de rencontrer le malaise, on plaque quelque chose sur celui-ci et on évite de le vivre vraiment et de l'intégrer vraiment. La patience du Bodhisattva c'est de rencontrer vraiment le malaise, sans filtre. Whisky = dégoût = énergie brute = plaisir. Quand on rencontre la négativité, on passe par les mêmes étapes. Quelque chose de mauvais arrive = dégoût (c'est mauvais) - ensuite, on accepte le mauvais et on rencontre directement ce qui est mauvais et puis l'énergie superficielle et brutale de ce qui est mauvais et quand ça fait mal, ça fait mal. Mais si vous continuez à intégrer une sorte de transformation qui se fait, le mauvais devient moins mauvais et vous vous rendez compte que cela ne vous a pas détruit mais enrichi. Et si vous continuez, vous vous rendez compte que vous êtes en train de traverser la chose et que, non seulement vous avez traversé la chose mais que vous êtes libre. Et même que la chose vous a traversé et c'est jouissif. Une jouissance de liberté très forte. Si vous faites cela une fois, vous êtes d'accord pour recommencer. Cela ne vous fait plus peur. Vous découvrez en vous quelque chose d'indestructible. Non seulement vous êtes encore là mais vous êtes plus là. Cette capacité d'intégration devient sans limite. Dans notre vie, notre capacité d'intégration est limitée. Nous acceptons certaines émotions et pas d'autres. On sélectionne ce qu'on veut intégrer. Mais avec la pratique, on devient de plus en plus capable d'intégration.
 
Un Bodhisattva professionnel a une patience infinie!
Un Bodhisattva signe pour une durée infinie!
 
Ensuite, le Bodhisattva développe l'ENERGIE. Il est joyeux d'aller aider les autres. Même quand il y a encore du blues, cela ne le désarçonne pas. Vous commencez à expérimenter que ce que vous faites est bon et que cela vous plait, que cela vous donne du plaisir, de l'enthousiasme.
 
LA MEDITATION. Parce que le Bodhisattva ne se laisse pas prendre par son activité. Il ne se laisse pas enfermer ou saisir par ses actions. Il sait qu'il n'est pas encore éveillé et qu'il est nécessaire de garder le fil de la méditation, de la présence. Méditation assise et méditation dans l'action. En réalité, il n'y a pas de différence. La présence dans l'action est plus difficile que sur le coussin. Mais cette présente nous aide à reconnaître la transparence des productions de l'esprit et nous aide à intégrer tout ce qui apparaît en terme de souffrance.
La sagesse = fruit de la pratique.
Voir le non-ego. Voir la transparence. Voir la vie telle qu'elle est et non pas comme on l'interprète. C'est une autre façon de fonctionner que le fonctionnement ordinaire. Changer notre façon de percevoir, changer notre esprit même. Cette sagesse nous permet de passer d'une expérience duelle à une expérience non-duelle, qui correspond à un mode d'être de la vie elle même. La façon dont la vie est vraiment.
 
Voilà quel est le programme de la voie du Bodhisattva. Devenir transcendant car sans moi! Nos qualités vont devenir naturelles et seront l'expression naturelle de l'esprit.
 
* * *
 
Peut-on accepter sans comprendre?
Si quelqu'un vous insulte, vous pouvez essayer de comprendre pourquoi il vous insulte. Mais ce qu'il faut c'est d'abord accepter la réalité de la situation. Si quelqu'un vous insulte, quelqu'un vous insulte. Le premier réflexe c'est: "non, ce n'est pas possible!" Si c'est possible, puisque cela arrive! Cela ne signifie pas se résigner, c'est juste voir que quelqu'un m'insulte. Si on accepte vraiment la situation, une compréhension vient avec elle, c'est une compréhension sensible de la souffrance de l'autre, par ex. (compréhension intuitive). On peut aussi voir la source de cette situation. Si on veut analyser, attention à ne pas partir dans une analyse mentale qui nous évite de rencontrer vraiment la situation. C'est un mode de compréhension direct et non analytique.
 
* * *
 
TONGLEN
 
Accueil, intégration de la négativité et don, amour, compassion.
Visualiser ce qui est négatif ou mauvais, comme une fumée noire. Avec soi-même ou avec les autres.
Quand on inspire, on imagine que la négativité de cette personne (la fumée noire) entre en nous, on accepte cette négativité. On la laisse entrer jusqu'au cœur de nous-même. On atteint l'acceptation complète, l'intégration complète et à ce moment, on imagine que cette fumée noire disparaît dans le cœur. Elle est absorbée, dissoute, sans laisser de trace.
Quand on expire, on imagine une lumière blanche qui emplit notre corps, qui sort de notre corps et qui va vers les êtres vivants.
On imagine que l'autre est libéré de sa souffrance, qu'on a pris sa souffrance et on imagine qu'elle reçoit de l'amour.
Cette pratique inverse les tendances égotiques habituelles. C'est provoquant pour l'ego. Ca réveille!
 
* * *
 
Quand on donne, on en retire de la joie. Comment savoir si on donne vraiment gratuitement?
 
Voir notre motivation. Il suffit de regarder. Agissons-nous par culpabilité, pour avoir de la reconnaissance, du plaisir???
 
* * *
 
Ne pas oublier que nous ne sommes qu'au début du chemin de Bodhisattva. Pour avancer, il est nécessaire d'être en contact avec la terre. Mais, souvent, nous ne sommes pas en contact avec ce que nous sommes. Parce que les parents ne nous ont pas fait confiance, n'ont pas cru en ce qu'on était. Quand on dit à quelqu'un qu'il doit devenir quelqu'un, c'est que vous pensez qu'il n'est pas quelqu'un, qu'il n'est rien. Et l'enfant va intégrer ça. L'enfant comprend que lui, tel qu'il est maintenant, est sans valeur, sans qualité et qu'il ne va exister que par ce qu'il sera capable de retenir ou devenir selon ce que veulent les parents, la société, les professeurs. Et les adultes d'aujourd'hui ont été des enfants comme ça. Alors, ils ont l'impression qu'ils n'ont pas de bonté, qu'ils n'ont pas de richesse, pas de valeur et il y a un manque. Ce manque, on le comble par tout ce qu'on a appris, ce qu'on devient au niveau professionnel. On existe pour l'appréciation de l'autre, le jugement de l'autre. Et on essaie toujours de combler ce vide en nous.
Comme on a l'impression que le bonheur n'est pas en nous, nous sommes fascinés par les sortes de bonheurs à l'extérieur de nous, ce qui nous rend dépendants. On consomme. C'est grave car on a perdu de vue notre nature qui est fondamentalement bonne…
 
Le Dharma ne va rien nous donner, le Maître ne va rien nous donner, mais on a cet espoir au début. Alors on pratique dans l'espoir d'obtenir quelque chose comme l'intelligence, la sagesse, la sainteté. Et c'est vrai qu'on peut obtenir des choses, mais l'essentiel n'est pas là. Au bout de 20 ans de pratique, je n'ai pas obtenu beaucoup! Mais on a tout ce qu'il faut depuis le début! En fait, la voie du Bouddha consiste à perdre. Pour accepter de perdre, il faut accepter l'idée que ce qu'on recherche est déjà là. Ce qu'on apprend à perdre, c'est tout ce qui recouvre l'essentiel. Mais il est déjà là. Réaliser notre nature, la nature des choses et elle est déjà là depuis toujours.
 
Souvent, nous ne sommes pas en contact avec nous-même mais avec des images. Notre éducation nous explique comment il faut être. Et la publicité nous fournit plusieurs images idéales. On fait tout pour être comme les autres voudraient qu'on soit. On a l'image de ce qu'on voudrait être mais l'image ne colle pas à ce qu'on est. Il y a les défauts, les émotions, les souffrances et on se retrouve avec 2 egos. Tout ce qui ne correspond pas à l'image, qu'est-ce que je vais en faire? Si j'ai l'image d'un mec sympa, agréable, que les autres aiment, qu'est-ce que je vais faire de mes envies de meurtre? Cela ne correspond pas à ce que je dois être. Alors je refoule. Je ne veux pas voir ma frustration, ma colère. Quelque chose de refoulé n'a pas disparu. Cela fait partie de moi, de mes tendances, habitudes. Une habitude ne disparaît jamais tant qu'on ne l'a pas intégrée. Si cela dure longtemps, cela durcit, cela somatise. On fait un petit cancer ou autre chose…
 
L'autre approche, c'est: "je suis quelqu'un de sympa et si j'ai envie de le tuer, ce n'est pas de ma faute, c'est de la sienne". Si je le tue c'est parce qu'il est con." Justification. On peut se venger aussi. On m'a agressé, alors j'agresse en retour. Tout cela donne une vie très conflictuelle. On se bat. Guerre civile entre moi et moi! Quand on est en lutte avec soi-même, on n'a pas d'amour en soi pour soi et il n'est pas la peine d'imaginer en avoir pour les autres.
 
Tout cela se situe avant de commencer la voie du Bodhisattva. Ou tout au début. Pour commencer, il est absolument nécessaire de faire la paix avec soi-même et d'arrêter d'être coupé en 2 et d'être en lutte avec soi. Il s'agit de reconnaître que les images idéales de nous-même ne sont pas ce que l'on est. Ce ne sont que des images, des références, mais ces images mentales ne sont pas utiles. Sauf comme inspiration mais il s'agit de voir ce que l'on est maintenant sans se juger. Le jugement est aussi basé sur des images mentales. Le jugement a toujours un caractère définitif. Coupable. Vous êtes coupable. Il ne s'agit pas de juger mais de VOIR. Voir ce que l'on est et accepter ce que l'on est. Il ne s'agit pas d'accepter au sens de "oui, c'est bien", au sens de justifier nos défaut ou ceux des autres. Il s'agit d'accepter la réalité, les choses telles qu'elles sont. A partir de là, on est libre de changer ou non. Ce changement ne peut se faire que si l'on commence par accepter ce que l'on est. On ne peut pas changer une chose qu'on ne voit pas. Il y a donc une attitude d'acceptation de ce que nous sommes sans jugement. Quand on enlève la carapace et qu'on se voit, on peut être horrifié! Ce qu'il nous faut comprendre c'est qu'il n'y a pas de danger. Il n'y en a pas plus qu'avant. C'était déjà là et ça agissait de façon cachée. Ici, le courage consiste à intégrer ce qu'il y a en nous même, sans lutte, sans entrer en conflit avec ce qu'on voudrait être. Même les pires des tendances. Il va falloir tout dévoiler. Mais on n'arrive pas à tout dévoiler. C'est un des aspects de la relation au maître. C'est un streep tease! Il faut du temps pour comprendre qu'il veut que nous nous déshabillons. Se déshabiller jusqu'où?
 
On n'a pas besoin d'avoir, de posséder, de saisir…
Le Dharma est un processus de dévoilement, de perte, de détente.
 
Notre nature n'est pas notre propriété. Elle ne nous appartient pas. Il n'y a pas de possesseur. C'est en perdant notre moi que nous pouvons réaliser ce que nous sommes vraiment.
 
Il s'agit de s'ouvrir. De tout ouvrir. TOUT.
 
* * *
 
Dire que la vie est difficile est un canular.
C'est nous qui sommes difficiles.
La vie, elle est parfaite.
 
* * *
 
L'ego est un canular. Il y a un truc qui n'est pas là et qui veut à tout prix exister. S'il existait vraiment, il n'aurait pas envie d'exister. S'il n'y avait pas la souffrance, ce serait drôle. Mais avec la souffrance, cela devient une mauvaise plaisanterie.
 
* * *
 
(En petit groupe, nous avons préféré utiliser le mot ACCUEILLIR à la place d'ACCEPTER, notion qui peut être très mal comprise.)
 
 
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