Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • SOURIRE
  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...
  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...

Texte Libre

Rechercher

Archives

24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 21:49
Photo-004-copie-1.jpgVOIE DU BOUDDHA C - Lama Wangmo (+Marie-Claude)
30.31 OCTOBRE - 1ER NOVEMBRE 2004
 
L'ALCHIMIE DES EMOTIONS
 
Il y a des étapes dans notre transformation, dans cette perspective de transformation.
 
Dukka = souffrance liée à notre condition humaine. Souffrance plus fine et subtile que les souffrances ordinaires. Qui vient du fait que nous sommes des individualités. Elle devient perceptible grâce à l'attention. "Percevoir cette souffrance comme un cheveux dans la main." Même si tout va bien dans notre vie, il y a un malaise de fond, c'est Dukka. Noble réalité. C'est noble de le réaliser. Il faut être courageux. Devenir pleinement lucide sur notre expérience humaine.
 
Fuir la souffrance n'est pas le bon chemin pour être heureux. Faire face à Dukka, reconnaître la réalité de la souffrance et voir comment nous rajoutons de la souffrance à la souffrance. Nous pouvons agir sur cette souffrance rajoutée. Changer nos habitudes mentales et émotionnelles. Voir que nous ne faisons que répéter les mêmes schémas. Emotion-action. Nous sommes enchaînés. Nous prenons toujours la route de l'habitude et plus on le fait, plus il devient difficile de changer cette habitude. Comprendre que le bonheur vient de la paix intérieure. Mais tout l'encombrement qu'il y a en nous empêche cette paix intérieure. Agitation. Attention extrêmement basse. Notre esprit est en permanence distrait et sous influence et prêt à réagir sans aucune liberté.
 
Si tu veux le bonheur, si tu veux la santé, regarde les causes! Chemin = attention bienveillante, lucidité, clarté, ouverture, amour... Si tu choisis le chemin des émotions perturbatrices, de l'orgueil, de la haine, etc... (84000!) = encore plus de souffrance. L'antidote universel = l'ATTENTION.
 
L'émotion vient d'un stimuli interne ou externe. Un souvenir ou un événement extérieur fait apparaître une émotion. Il ne s'agit pas de chasser, ou contrôler, ni de maîtriser les émotions. L'émotion est une énergie. Impulsion sans aucune liberté qui nous pousse à agir. Entre l'émotion, l'impulsion et l'action, nouspouvons avoir 1/4 de seconde pour faire naître un espace intérieur où nous pouvons avoir le choix. Nous sommes ancrés dans des habitudes répétitives. Formations mentales. Empreintes en nous. (Par ex. se sentir rejeté = empreinte. Une situation réveille cette faiblesse en moi et cette empreinte fausse ma perception de la situation. Je réagi à cette empreinte et non à la situation.) L'esprit est endormi. La nouveauté le réveille. Ce qui peut nous mettre dans le bonheur de l'instant, c'est la nouveauté. Pour le reste, nous sommes engourdis, endormis. Méditation = mettre de l'attention dans l'inattention. Nous n'avons pas besoin d'être dépendant de la nouveauté pour être dans la fraîcheur de l'instant. Faire la vaisselle avec un regard neuf. Partir d'un esprit distrait, agité et inattentif et devenir attentif, présent à ce qui se passe. Voir les habitudes mentales dans lesquelles nous sommes. Au moment où celles-ci émergent, vous pouvez changer d'habitude.
Le coussin = outil indispensable pour aiguiser notre attention.
Méditer = faire acte de présence et non pas chasser les pensées.
Apprendre à couper les mécanismes de dépendance, ce qui nous enchaîne, nos réactions. Les 3 poisons (bases de tous les autres) = attraction-répulsion-indifférence.
 
Ni refouler - ni défouler - attention - équilibre. Voir - reconnaître.
Reconnaître ce qui vient. Etre au contact de nos émotions, de nos sensations. Observer sans réagir - l'attention s'aiguise petit à petit.
 
Se familiariser avec de bonnes habitudes = méditation = moins de réaction = liberté possible = liberté intérieure. Plus on pratique la méditation, plus l'attention grandit.
 
Au départ = pacifier = être capable de ne pas réagir sous l'émotion. Mettre un moment d'espace, de pose, entre l'émotion et l'action. Défaire les mécanismes habituels.
 
Voir d'abord que les émotions perturbatrices nous font du mal ainsi qu'aux autres = point de départ du changement. Voir que nos perceptions sont faussées. Nous interroger sur la perception qu'on a de la situation. Est-ce que ce que je perçois est juste? ou est-ce une projection? (Perceptions erronées). L'action juste dépend de la situation vue justement. Nous ne comprenons pas la situation mais nous accusons les autres de nous avoir forcé à réagir! Dans quel état est mon esprit? Tourner notre regard vers l'intérieur. Dans quel état suis-je?
 
Développer l'attention dans notre vie. Je sens l'odeur du café, par ex. Je bois mon café. Je découvre toutes les sensations et tout devient magique! Couleurs - Odeurs. Le monde est magique grâce à l'attention. On devient plus vivant. On est vraiment là!
 
L'ennui, sur le coussin, est une très belle expérience qui nous montre que le sevrage commence à se faire. C'est le signe qu'on attend quelque chose. Raviver l'attention et l'impression d'ennui se dépasse.
 
Pacifier les émotions = point de départ. Pratique = faire entrer l'esprit chez soi avec douceur et bienveillance, patience, sans jugement = sagesse et paix intérieure.
 
On peut passer à l'étape de la transformation. Transformer notre façon de penser, changer notre relation aux autres, nos comportements, nos habitudes. Avec des antidotes.
 
Puis l'étape suivante = transmutation (alchimie des émotions). L'espace peut se faire si je pense au bonheur des autres. Il ne s'agit pas de MON bonheur mais DU bonheur. Ni de MA souffrance mais de LA souffrance. Dépasser la dualité TOI/MOI. (Tonglen = révolution intérieure). Penser à l'autre = ouvrir son esprit. Notre relation à l'autre ne doit pas être une fuite, frustration, déprime. L'attention bienveillante commence à s'appliquer à soi-même. Si on n'est pas clair avec nos intentions, il est difficile d'aider les autres.
 
Comprendre le sens profond de l'antidote de l'attention. Attentif dans son quotidien. Dans cette attention, la paix advient. C'est un travail de chaque instant. Essayer de se voir entrain de réagir. Stop! Arrêt sur image! Le film de nos habitudes mentales et émotionnelles qui défile dans l'espace lors de la pose est reconnu.
 
Enseignement, pratique assise et intégration. Utiliser toutes sortes de moyens pour nous aider à changer nos habitudes. Faire autrement ce qu'on fait par habitude. Il est possible de changer mais il faut de l'énergie pour renverser nos habitudes.
 
Traiter l'émotion comme une mère avec son enfant. Il y a une alchimie entre vous, le moment et l'autreIl s'agit de s'effacer soi pour laisser l'énergie de l'émotion être.
 
Tout commence par l'attention. Photo-001-copie-1.jpg
Empathie = forte bienveillante d'attention aux autres.
 
Le monologue intérieur empêche qu'il y ait un espace. Nous avons tendance à alimenter nos pensées, nos scénarios, à refouler, à défouler. Revenir à l'expérimentation sur le coussin. Voir sur le coussin cet espace et trouver la paix à l'intérieur de nous. En défaisant ce que nous faisons habituellement. Voir que nous sommes dans ces fonctionnements. Voir et revenir à l'espace ouvert de l'expérience. Si on veut transformer nos fonctionnements mentaux, partir de cet espace paisible. Comprenons bien que ce qui fait problème dans nos fonctionnements, ce sont nos habitudes malsaines. Refouler ou défouler est toujours un manque d'attention. Nous n'avons pas, au bon moment, vu, dit, agi! Je n'ai pas su régler la situation, la voir vraiment et elle continue en moi à faire sa vie, et l'émotion va sortir à un moment inapproprié. Soyons simples.
 
La paix intérieure, la stabilité intérieure, n'est pas l'indifférence. Espace fluide où rien n'accroche, il n'y a pas de résistance... il n'y a pas d'intérieur, ni d'extérieur. Je ne suis pas sur la défensive. Stabilité dans l'ouverture qui me rapproche des autres. Attention à tout ce qui est là, aux autres. L'absence de réaction n'est pas l'indifférence. Par l'attention, le moment présent est le plus important. Si on est dans une bulle, non touché par l'autre, c'est l'indifférence. C'est une fermeture aux autres. La déprime peut nous fermer aux autres. Etre détaché, ce n'est pas mettre le monde à l'écart. L'antidote à notre égoïsme = amour et compassion. On s'entraîne à être un Boddhisattva. On est souvent enfermé dans sa bulle et son propre bonheur. Si on fait de l'espace en soi, on peut accueillir les autres. Je me soucie du bonheur de l'autre, je ne suis pas indifférent. Avec Boddhicitta, on développe des 4 incommensurables. L'autre est aussi important que nous, voire plus important que nous.
 
EQUANIMITE
Nous souhaitons tous le bonheur. Réfléchir sur nos liens les uns avec les autres. Nous avons tous déjà été dans une relation père/mère, frère/soeur, et cela depuis toujours. Chacun a la nature de Bouddha et nous pouvons avoir une relation de Bouddha à Bouddha. Nous ne savons pas pourquoi une situation arrive. Acceptons de ne pas savoir. L'autre se sent accueilli dans votre espace. Les offrandes à Bouddha sont à offrir aussi aux autres.
Réfléchissons à notre attitude habituelle. Lâcher la pensée qui solidifie l'émotion, qui la rend perturbatrice. Garder l'énergie. Les démons = solidification extrême de nos émotions.
 
Etre dans une attitude d'ouverture pour accueillir l'autre avec son problème, son émotion, sans intervenir, juste être dans un accueil bienveillant (Histoire du taxi). Faire de même pour soi, pour ses propres petits démons. Comprendre l'agressivité, la souffrance de l'autre et lui offrir un accueil. Est-ce que cela vous déstabilise ou pas? Canaliser l'émotion. Chevaucher l'énergie de l'émotion. La violence n'est pas un problème, c'est le débordement de violence qui pose problème.
 
AMOUR - COMPASSION
Vont ensemble. Sur l'inspire, accueillir la souffrance. Sur l'expire, offrir de l'amour-compassion. Ne pas rejeter la souffrance. Au coeur de la souffrance, on peut s'ouvrir et aimer les autres. On est touché par la souffrance. La mienne et celle de tout vivant. Plutôt que de la refuser. Voir. Etre en contact avec la souffrance qui est celle de tout vivant. Et souhaiter le bonheur de l'autre. Pour se libérer de la souffrance, il est nécessaire d'en connaître les causes. Pour connaître le bonheur, il est nécessaire d'en connaître les causes. Est-ce que je veux le bonheur de l'autre? Qu'est-ce que je fais pour le bonheur de l'autre? Etre présent, écouter, faire passer l'autre avant moi.
 
JOIE
Se réjouir. Savoir savourer la joie de l'instant. Communiquer, communier avec les autres. Se réjouir des capacités de chacun. Jalousie admirative qui nous pousse de l'avant - la jalousie peut être au service de la joie. Se réjouir de nos conditions de vie. Ne faisons pas de coupure dans notre expérience de vie.
 
5 familles d'énergie - 5 émotions - 5 sagesses
 
La meilleure façon de se transformer, ce sont les situations. Traverser sa propre vulnérabilité. On va vers plus de nudité. Accepter sa peur. Voir tout ce qu'on vit, c'est ce qui nous protège en fin de compte. J'offre ma vulnérabilité aux autres êtres. Je dédie.
 
L'arme du pratiquant, c'est la vigilance. L'attention à ce qui se passe en soi. Quand on est dans cette voie du Boddhissatva, on ne désespère jamais, on se relève à chaque fois.
 
La compassion n'est pas de laisser tout faire. On doit être sans concession par rapport à la névrose de l'autre. Il peut être bon et juste de dire non. Je ne rends pas service à la personne si je la laisse se plaindre durant 3 heures. C'est mon amour et ma compassion qui doivent dire non. Même si on doit assumer un peu sa culpabilité ensuite.
 
Laisser passer les paroles. Ce n'est pas si important! On accorde trop d'importance aux mots. Que ce qui sort de moi soit bon et beau car je ne tiens pas à polluer l'environnement. Mais si l'autre sort des crapauds et des vipères, je peux rester suffisamment ouvert car je sais que j'ai aussi en moi ces mêmes crapauds et ces mêmes vipères. C'est aussi parce qu'il souffre.
 
Prosternations
Mettre à terre = corps - parole - esprit ordinaires
Souhaiter = corps - parole - esprit éveillés
+ 5 points = 2 mains - 2 genoux - tête = 5 agrégats
 
Offrande d'une Kata
Offrande de notre pureté intérieure
Les longs fils = signes de notre dévotion.
 
TONGLEN
Accueil de tout ce qui est. Inspire/expire. Donner de l'amour. Lâcher.
 
Eveiller en nous le point sensible. (Evoquer la personne qui a pris soin de nous, notre mère en général). De même notre mère a pris soin de nous, nous prenons soin de tous les êtres. "Comme une mère sans bras qui voit se noyer son enfant", nous ne renonçons pas à sauver tous les êtres, même si nous nous sentons complètement impuissant à le faire. Courage inconditionnel.
 
La pratique commence par soi-même. Accueillir notre manque de confiance et on laisse aller ce manque de confiance.
 
Ouverture, espace, on touche ses qualités éveillées. Dans cette ouverture, toucher le point sensible. Commencer par soi puis étendre à ceux que l'on aime. Nous sommes prêts à prendre leur souffrance et à leur offrir le meilleur de nous-même. Désir que l'autre soit heureux. Puis étendre aux autres plus éloignés, puis aux inconnus et même aux ennemis. Jusqu'à englober tous les êtres, tout l'univers.
 
Pratique dans la vie de tous les jours, en situation. Accueillir mon angoisse. Au chevet des malades, des mourants. C'est une façon de communiquer d'une façon subtile avec les malades.
 
KL003B.jpg VBC L'ALCHIMIE DES EMOTIONS - Lundi 1er novembre 2004 - L. Wangmo
 
Réponses aux questions :
 
Dans notre vie active, quotidienne, comment développer la vigilance pour qu'elle s'échappe le moins possible?
 
Dans la vie quotidienne, nous sommes souvent dans l'agitation et nous avons besoin de moments de rappels, de faire des poses. Où suis-je? Nous sommes toujours dans le passé ou dans le futur alors qu'il n'y a que le présent. Passé/futur = temps psychologique. On solidifie les deux. Comment revenir à l'instant? En revenant à l'instant!!! On est attaché. S'en rendre compte. Un projet, il est toujours dans l'instant. Faire confiance dans l'instant présent. Dès le petit déjeuner, instaurer un rituel de présence. S'entraîner toute la journée. C'est possible de lâcher régulièrement mon monologue intérieur, le passé, l'avenir. La présence produit déjà une transformation sur place. Je laisse ce qui est là, sans réagir, et je le laisse suivre son cours. Regarder comme nous sommes de mauvaise fois! Nous disons que nous ne pouvons pas lâcher car nous sommes attachés à la chose! Instiller des moments de pose. Rappels écrits. Des phrases qui nous inspirent. Qui nous aident à nous sortir de nos schémas émotionnels. (Dans le tiroir à chaussettes, par ex!!!). Revenir à Samatha aussi. Faire confiance au calme, à la paix. Comment je vais traiter autrement cette situation? Une autre perception de soi, une autre perception de la situation. C'est moi qui quitte l'instant présent. Il suffit de lâcher le moi! On ne sort pas du mental avec le mental. Pour poser des valises que l'on porte, ce n'est pas le mental qui intervient, on les pose tout simplement!!! Revenir à la simplicité.
 
 
Sensation d'artifice dans la méditation. Comment être sûr que c'est la vraie vigilance?
 
On veut saisir. La vigilance, c'est revenir à l'instant. C'est juste revenir à l'instant. Ne solidifiez pas la vigilance! Autant de moments sur le coussin, autant d'expériences. Ne compliquez pas!
 
 
Est-ce qu'on peut entrer en contact avec ses émotions?
 
On a peur de souffrir. On a peur qu'il n'y ait rien. On a peur de rencontrer des choses en nous. On solidifie. On se rassure par ce qu'on connaît. On a peur aussi par anticipation de ce que pourrait être l'expérience. Et cela alimente la peur. Projection de ce qui peut arriver. Ne pas accepter que la vie soit inconnue, qu'elle nous mette tout le temps dans l'inconnu. Intégrer en nous le fait que la vie est inconnue. Apprivoiser l'émotion. La rencontrer dans l'espace intérieur. On essaie d'être des gens "bien". C'est à dire sans émotion. D'où dilemme intérieur. Mais si on les accueille, si on les laisse s'exprimer dans cet espace intérieur, on peut les apprivoiser et on est moins surpris lorsqu'elles arrivent dans notre vie quotidienne.
 
Qu'est-ce qu'un blocage?
 
C'est s'arrêter. Solidifier. Le blocage vient du passé ou du futur. Dans l'instant, il n'y a pas de blocage. C'est le souvenir, une pensée, une mémoire, qui va me bloquer. Et le futur dépend du passé, c'est pareil. Pour sortir d'un blocage = revenir à l'instant. Pour être dans l'instant, je dois lâcher mes constructions mentales qui viennent du passé. S'il n'y avait pas cette possibilité d'être dans l'instant, complètement libre et neuf, on ne pourrait pas changer. L'espace intérieur se découvre dans l'instant. L'espace intérieur est tout le temps disponible, même dans nos emportements, notre agitation. Dans une action, dans ma vie habituelle, là où j'allais me laisser entraîner à avoir une action mécanique, le voir et revenir à l'instant et me donner la possibilité de faire autrement. Me poser la question: Emotionnellement, quel âge j'ai? Je suis restée bloquée. (à 4ans 1/2 par ex!) Alors dans la vie, je réagis avec l'âge de mes émotions. L'instant est une vigilance intelligente. Le "pourquoi" peut être une vigilance. Je me vois comme dans un miroir. Me demander: pourquoi est-ce que je réagis comme ça, c'est déjà ne plus rejeter la faute sur l'autre. Est-ce que j'ai raison d'avoir agi comme ça?
 
 
Comment vivre les périodes où nous abandonnons la méditation sur le coussin KL010B.JPGdurant 6 mois ou plus?
 
Ce sont les montagnes russes! C'est nous qui quittons la méditation. On la quitte, on la boude et on revient. Comprendre que cela se passe avec nous-même. Le coussin est le miroir. C'est une fuite. Quand nous avons les problèmes dans notre vie, nous fuyons le coussin. C'est parce qu'on imagine ce que ça va être sur le coussin que nous le fuyons. Alors qu'on s'imagine toujours que cela va être plus difficile que la réalité! C'est comme accepter d'être dans un tunnel où l'on croit qu'il n'y a pas de sortie. Alors que si on y va, on voit que le noir n'est pas si noir, et qu'il y a une sortie. Parfois, c'est en arrêtant et en reprenant qu'on se rend compte des bienfaits de la pratique. Ne pas se culpabiliser. La méditation est aussi dans le quotidien. Se rappeler qu'on pratique où qu'on soit.
  
 
Comment accorder la discipline et la douceur?
 
Douceur et rigueur. Comme les saisons qui passent. La rigueur de l'hiver. C'est beau aussi l'hiver. C'est l'enseignement de la nature. Si on refuse de mettre de la rigueur dans notre vie, c'est comme si on refusait l'hiver. On apprend à faire avec le froid, mais aussi avec la beauté. Energie Vajhra. Quand on a passé l'hiver, arrive le printemps. Etre en phase en nous avec les saisons. Et on vit la discipline comme quelque chose de naturel. On apprécie mieux le printemps à la sortie de l'hiver.
 
  
Est-ce qu'une émotion refoulée peut se manifester au moyen d'une douleur dans le corps ou d'une maladie?
 
Oui. Absolument.
 
 
Un cauchemar libère-t-il une émotion refoulée?
 
C'est pareil que dans la journée. On rêvasse. La nuit n'est que la continuité de cela. La nuit, les sentinelles n'étant plus là, cela laisse remonter un tas de choses en relation avec ce qu'on a vécu dans la journée. Parfois, on ne comprends pas la signification de nos rêves et avec la pratique, ceux-ci peuvent devenir plus clairs. Plus je serai présent dans la journée, plus je serai étonné de ce que je rêve. Tout ce qui se passe dans le rêve est nous. Tous les personnages de notre rêve sont nous. Sont des aspects de nous-même.
 
 
Qu'est-ce que la jalousie admirative?
 
Une jalousie qui admire! Au lieu de faire une comparaison négative par rapport à l'autre qui est plus si ou plus ça, je me réjouis des qualités de l'autre et j'ai envie de les développer chez moi. C'est en admirant quelqu'un qu'on progresse. Si on n'arrive pas à être détendu de ce qu'on est et qu'on se compare aux autres qui ont plus, c'est de la jalousie. La jalousie peut être un enfer. C'est un manque de confiance en soi. Développer de la confiance pour dépasser cela.
 
 
Quel est l'antidote de la culpabilité?
 
Dans la culture judéo-chrétienne, elle est là dès le départ. Dans le Dharma, c'est notre bon fond qui est le fondement de tout. La culpabilité peut être la prise de conscience qu'on a mal agi. On peut s'en servir comme marchepied pour mieux agir, une fois dépassée. Reconnaître mes erreurs et renouveler mon désir d'agir mieux la prochaine fois. Pour ne pas rester bloquer dans la culpabilité. Reconnaître et exhorter en nous une action plus juste la fois d'après. Souhait.
 
 
Concrètement, comment voir les émotions qui sont perturbatrices et les qualités à développer sans se leurrer.
 
Développer clarté, lucidité, sur le coussin, par l'attention. Regarder dans notre vie. Les émotions perturbatrices, c'est ce qui vous pose problème ainsi qu'aux autres. Regarder où elles prennent leur source. Il y a aussi des émotions de participation. Emotions qui tendent à dissoudre le sentiment de séparation. Emotions plutôt positives. Devant un beau paysage, sentiment de joie, de bonheur, d'amour, de ravissement.
 
L'attention n'est pas un vigile qui vous observe.
Empathie, patience, attention bienveillante, énergie, paix, non-agressivité, compassion. Entrer en harmonie inconditionnelle avec la réalité, avec ce qu'on ressent, pour retrouver la confiance dans l'instant.
 
 
On transmet ce que l'on transpire. Qu'entendez-vous par là?
 
On transmet ce que l'on est. C'est la façon dont nous nous comportons que nous transmettons à nos proches et non ce que nous disons. Il y a l'idée aussi que cela se fait naturellement.
 
 
Qu'est-ce que la transmutation des émotions?
 
Alchimie. Surtout employée dans le Vajrayana. C'est instantané. Une fois qu'on a bien appris à transformer (par l'entraînement - espace bienveillant - entrer en relation avec nos émotions, etc...) on peut transmuter naturellement.
 
 
Comment comprendre l'expression Ego dans le Dharma?
 
Façon habituelle de fonctionner dans le quotidien. Moi, comme si j'étais quelque chose de réel, de solide. Façon de fonctionner illusoire qui crée des perturbations. C'est ce qui nous fait saisir et exister dans la saisie. Me sentir exister comme l'entité qui possède. L'ego n'est pas une entité. Cela ne veut pas dire que je n'existe pas du tout. Le lâcher prise est le mouvement inverse de la saisie.
 
Amour et compassion = façon d'être dans l'espace. Plus détendu et les autres peuvent prendre place. Ayons un bon ego. Un ego sain. Pouvoir être en relation. Pouvoir satisfaire un certain nombre de chose dont nous avons besoin. Aller dans le sens de l'harmonie. ... Comment je vis les choses? Dans l'extrême, dans le refoulement, dans le défoulement? Sentir en soi ce qui est juste pour soi? C'est une discipline. Qu'est-ce qui me convient? Qu'est-ce qui fait de moi un être plus sain, plus paisible, plus aimant. Ce n'est jamais une frustration.
 
 
Différence entre approche psychologique et Dharma?
 
Dans le Dharma, on nous montre la puissance de l'attention. Le Bouddha était appelé le grand thérapeute. Dans la psychothérapie, on apprend à débloquer ses blocages pour pouvoir vivre normalement. Le Dharma soigne à la racine. Soigne le fond. Parfois, c'est complémentaire - si on comprend bien que les deux peuvent s'aider. Dharma = capacité d'être dans l'instant = psychologie du non-soi. Approche psychologique = psychologie du soi.
Le but du Dharma est d'aller vers le non-soi et l'approche psychologique est là pour construire un soi. Dans le Dharma, la discipline, la solitude, sont des remèdes. Votre propre nature se soigne, prend soin de ce que vous êtes. Le Bouddha nous soigne de la maladie de l'illusion. Au-delà d'être mieux avec soi. Comment fonctionne l'esprit? Le Dharma ne marche que si on peut l'appliquer. Si on est trop perturbé et qu'on ne comprends pas le Dharma, il faut mieux faire une psychanalyse ou psychothérapie.
 
 
Précisez-nous les termes AMOUR et COMPASSION.
 
L'amour, c'est le mouvement vers l'autre, quand on souhaite son bonheur et qu'il connaisse les causes du bonheur.
 
Quels genres d'attitudes nous rendent heureux? Les 6 paramitas. Accueillir et offrir. Donnons ce que nous demandons. Et si je commençais par donner? Le don n'est pas forcément une action précise mais peut être simplement un état d'ouverture. Attitude d'offrande. Disponibilité. Notre difficulté à recevoir est un manque d'ouverture aussi. Nous ne voulons pas nous sentir en dette. Quand je vois que j'ai du mal à recevoir, j'apprends à recevoir. Quand je vois que je donne trop, j'apprends à donner mieux.
 
Pour aimer, il faut se sentir touché. On se retient quelquefois d'aimer par peur de souffrir, de s'ouvrir. Le Guerrier de l'éveil prend des risques. Mais a-t-on le choix de ne pas aimer? Dans l'amour, il y a beaucoup d'aspiration. De toute façon, vous êtes amour. C'est un mouvement naturel. Ce mouvement vous irrigue. Mouvement de plénitude. Le manque et le plein, les deux en même temps.
 

KL010C.JPG

Vivez ce que vous avez à vivre.
 
Pratique de Tonglen. Utile au quotidien. A pratiquer quand on a tendance à repousser une situation. Jusqu'à ce que cela devienne naturel. CHANGE TON ATTITUDE SUR PLACE!
 
Partager cet article
Repost0

commentaires