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  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:14
La méditation comme chemin de guérison : conseils et pratique
(Extrait de l’ouvrage “Reiki, ouvrir le coeur, éveiller l’esprit”,
paru aux Éditions du Rocher en mars 2001)
 
Dans le bouddhisme, nous ne pratiquons pas la méditation pour réprimer nos sensations, mais comme moyen de veiller sur elles, d’être leur garde avec un soin affectueux, sans violence. Quand nous pouvons maintenir l’attention consciente, nous ne sommes pas emportés ou submergés par nos sensations, ni noyés dans nos conflits intérieurs. Nourrissant et maintenant l’attention consciente, nous essayons de prendre conscience de nos formations internes et de nos conflits à mesure qu’ils se manifestent. Nous les recevons avec amour, comme une mère prend soin de son enfant dans ses bras : "l’attention consciente est présente, et je sais que j’ai assez de force pour être en contact avec mes nœuds intérieurs."
Thich Nhat Hanh
 
Au lieu de démissionner du monde, vous pouvez prêter attention à votre corps, à votre respiration, à vos sentiments, à vos pensées jusqu’à ce que vous ayez dépassé toutes les différences et limitations, et réalisé ce que nous appelons la présence de Dieu. Nous sommes tous “un” avec la réalité ultime.
Père Bede Griffiths
 
Je souhaite une fois de plus m’exprimer au sujet de la méditation, pratique si précieuse à mes yeux, à la fois complémentaire et indissociable de celle du Reiki. J’en ai fait mention de nombreuses fois, durant les stages que j’anime et notamment dans mes trois ouvrages. Bien que transmettant les initiations du Reiki, je ne me considère pas pour autant comme un “maître de méditation” et je n’ai aucune autorité spirituelle pour l’enseigner convenablement. Toutefois, je peux partager avec vous mon expérience et suggérer quelques conseils élémentaires, comme de s'asseoir en silence et de respirer en conscience, pleinement attentif. Je vais donc particulièrement m’inspirer ici des recommandations de grands maîtres spirituels qui ont atteint une réalisation authentique en ce domaine.
 
La méditation est à notre portée comme l’est chacune de nos respirations. Rendons simplement ce processus instinctif de plus en plus conscient. Avec un peu d’entraînement, vous vous apercevrez que le support utilisé, l’attention au souffle par exemple, devient progressivement moins importante. Il se développe alors un sentiment de présence spontanée à mesure que disparaissent les émotions conflictuelles et l’agitation mentale. Cette disponibilité à l’instant devient plus naturelle et une façon ouverte et merveilleuse de vivre. Par conséquent, si nous devenons plus présents à nous-même, le monde et les êtres qui y vivent le deviennent aussi. Si nous devenons conscients de la vie en nous et autour de nous, alors tout devient précieux et rempli de la même énergie de vie.
 
Il y a cependant un comportement juste à trouver au sein d’une telle pratique : celui de rencontrer et de voir pleinement ce qui s’élève dans l’esprit, ce qui demeure dans l’esprit, ainsi que ce qui disparaît de l’esprit. Il faut donc s’offrir un espace suffisamment grand et ouvert pour accueillir toutes les turbulences intérieures parfois refoulées depuis longtemps, sans chercher à les supprimer pour autant. Il nous faut faire briller la lumière de la conscience et de l’attention.
 
En bref, demeurez sans artifice sur tout ce qui peut survenir dans l’esprit. Ne réagissez pas, ni en encourageant ni en inhibant.
Patrul Rinpoché
 
Apportons maintenant quelques conseils de base afin de réaliser ce que les enseignements bouddhistes nomment les trois immobilités : celles du corps, de la parole et de l’esprit. Pour ce qui est de la posture physique, elle consiste à maintenir le dos droit, mais sans raideur excessive pour autant, afin que les énergies subtiles puissent y circuler librement, que l’on soit assis sur un coussin jambes croisées, ou sur une chaise les pieds bien à plats sur le sol. Il est d’ailleurs enseigné que l’esprit chevauche les souffles contenus dans les canaux du corps. Si le corps adopte une bonne position, nous sommes alors sûrs que l’énergie circulera correctement et que l’esprit retrouvera une condition de clarté naturelle.
 
Par la rectitude du corps, les canaux subtils sont droits. Par la rectitude des canaux, les souffles subtils sont droits. Par le contrôle des canaux et des souffles, l’esprit est fixé.
Karmapa Ouangtchouk Dorjé
 
Le corps doit être immobile et solide comme une montagne, et l’esprit aussi vaste que le ciel. Votre assise doit manifester la stabilité et la dignité. La paume des mains repose naturellement sur les genoux, dans une posture dite “à l’aise”, ou bien en dessous du nombril dans le mûdra de la méditation, l’une sur l’autre et les pouces joints.
 
Soyez assis avec toute la majesté inaltérable et inébranlable de la montagne. La montagne est complètement naturelle et bien établie sur ses bases, quelle que soit la violence des vents qui l’assaillent ou l’épaisseur des nuages sombres qui tourbillonnent à son sommet. Assis comme une montagne, laissez votre esprit s’élever, prendre son essor et planer dans le ciel
Sogyal Rimpoche
 
Gardez les yeux ouverts, ou mi-clos. Évitez de les laisser fermés durant toute votre méditation, afin de ne pas vous sentir coupés et séparés du reste du monde. Sogyal Rinpoché insiste en disant que notre méditation et notre regard devraient être vaste comme l'étendue de l’océan.
 
Les yeux sont immobiles, stables comme un lac, le regard n’étant forcé d’aucune manière, mais détendu, posé, insensible aux apparences. Tout se reflète en lui, comme les étoiles et les constellations dans un lac.
Kunzang Péma Namgyèl
 
C’est un point important car, dans certains enseignements comme le Dzogchen, il existe une pratique spécifique où l’on plonge et unit son regard avec l’espace face à soi (mais non face au soleil), afin que le ciel extérieur révèle le ciel intérieur et que ce dernier dévoile le ciel intime, ou secret, la clarté originelle de l’esprit. Lorsque l’on est débutant, on peut toutefois garder ses yeux fermés au début de la séance afin de trouver en soi-même un état calme et relaxé. Mais attention de ne pas transformer sa pratique en une “méditation sauna”, ainsi que l’expriment avec humour certains maîtres tibétains, c’est-à-dire une forme de méditation où règne un certain confort mais sans clarté ni présence éveillée. Un tel méditant reste comme replié à l’intérieur de lui-même. Cela n’est certes pas la voie de la libération, mais le prolongement de l’état confus et hébété de l’esprit.
 
La parole est dite silencieuse. Aucun mot n’est prononcé, aucun murmure n’est exprimé. La respiration demeure naturelle, ni forcée, ni contrôlée ni disciplinée, comme c’est le cas dans certaines méthodes de yoga ou de pranâyama.
 
La parole est immobile, elle ne déclare rien, ne récite ni mantra, ni prière, ni texte de pratique. Aucun exercice des souffles ou du souffle, la respiration est totalement sans effort et totalement détendue.
Le mental est au repos. Demeurez calme et tranquille, l’esprit complètement relâché mais vif et alerte à la fois.
 
Ensuite, appliquez les instructions qui permettent de poser et de stabiliser la conscience : ne pas ressasser, repasser, revivre ou analyser les événements passés ; ne rien prévoir pour les périodes à venir ; ne rien fabriquer dans le présent, laisser le mental en congé ; demeurer simplement dans l’état originel.
 
Il est dit que si l’on crée les conditions favorables dans son corps et son environnement, la méditation et la réalisation s’élèveront automatiquement. Il n’y a donc rien à rechercher, rien à imposer ni rien à contrôler.
 
Pendant la méditation, l’esprit est déposé de manière égale dans son état naturel. Il est comme une eau tranquille qui n’est pas agitée par les ondes ou la brise. Quand une pensée ou un changement s’élève dans cette immobilité, elle prend forme comme une vague sur l’océan et disparaît de nouveau. Laissée naturellement, elle se dissoudra naturellement. Quelle que soit la perturbation qui fait irruption dans l’esprit, si vous la laissez être, d’elle-même, elle s’épuisera et se libérera. Ainsi, la vue obtenue par la méditation est que tout ce qui apparaît n’est rien d’autre que le déploiement ou la projection même de l’esprit.
Dudjom Rinpoché
 
En résumé, il peut y avoir de nombreuses pratiques différentes, telles que l’attention au souffle, la méditation marchée, la récitation de mantras, la visualisation de symboles, la contemplation de l’esprit sur la dévotion ou la compassion, etc... mais, quelque que soit le support utilisé pour notre méditation, le but de celle-ci est qu’elle nous ramène à la nature véritable de notre esprit. Une fois que nous avons trouvé ce qu’il y a d’essentiel à l’intérieur de nous-même, nous pouvons dépasser la “technique” et seulement demeurer dans une condition d’ouverture. Restons simplement éveillé et présent. N’ayons pas trop d’attente, d’espoir ou de regret par rapport à notre pratique. Apprécions le simple fait d’être vivant.
 
Je désir maintenant laisser la place aux élèves du moine zen Thich Nhat Hanh (qui pratique et enseigne l’art de vivre dans la “pleine conscience”). Leurs paroles sont une source d’inspiration authentique et nous invitent à développer plus de diligence pour la méditation assise, dans un esprit de compassion pure pour soi-même :
 
“La méditation assise est un moyen de retourner chez soi et de prendre soin de soi. À l’instar de la représentation du Bouddha sur l’autel, nous pouvons nous aussi rayonner la paix et la stabilité. Nous nous asseyons le dos bien droit avec dignité et retournons à notre respiration. Nous portons notre pleine attention à ce qui se passe à l’intérieur et autour de nous. Nous laissons notre esprit devenir ouvert et sans limites et notre coeur doux et aimant.
 
La méditation assise apporte beaucoup de bienfaits. Nous réalisons que nous pouvons être un avec ce qu’il y a à l’intérieur de nous : notre douleur, notre colère, notre irritation ou notre joie, notre amour, notre paix... Nous sommes seulement avec ce qui est là sans nous laisser entraîner. Laissons ce qui est là apparaître, s’installer puis repartir. Nul besoin de rejeter ou de réprimer une pensée, ni de prétendre qu’elle n’est pas là. Observez les pensées et les images de votre esprit avec un regard tolérant et amical. Nous sommes libres de demeurer immobiles et calmes en dépit des orages qui peuvent éclater en nous.”
 
 
Quand le corps et l’esprit font un, les blessures de notre coeur, de notre esprit et de notre corps commencent à guérir. Tant que le corps et l’esprit demeurent séparés, ces blessures ne peuvent guérir. Pendant la méditation assise, les trois éléments souffle, corps et esprit sont calmés et progressivement amenés à l’unité. Si la paix est établie dans l’un de ces trois éléments, les deux autres aussi seront bientôt apaisés.
Thich Nhat Hanh
 
Bien entendu, la pratique véritable ne s’arrête pas une fois que nous quittons le coussin de méditation. Nous devons ensuite pratiquer l’intégration dans l’après-méditation, en maintenant une conscience attentive et une certaine qualité de présence quoi que nous fassions. Nous pouvons suggérer de faire des pauses de “pleine conscience” toutes les heures, ramenant l’esprit en lui-même le temps de quelques respirations, ou encore réciter un mantra ou une courte prière qui nous inspire particulièrement.
 
Après la pratique assise formelle, maintenez cette conscience claire légère, spacieuse, tout au long de la journée. Graduellement, la conscience claire s’affermira et la confiance intérieure croîtra.../... Que vous marchiez, que vous soyez assis, que vous mangiez, que vous vous endormiez, ayez un sentiment d’aise et de présence d’esprit.../... Finalement, quoi que vous fassiez, faites le selon le Dharma, ce qui est la façon de calmer l’esprit et de subjuguer les négativités.
Dudjom Rinpoche
 
- Transformation et Guérison”, Thich Nhat Hanh, Éditions Albin Michel.
- Convergence du christianisme et du bouddhisme. Je n’ai pas retrouvé la maison d’édition qui publia cet ouvrage.
- La simplicité de la Grande Perfection, James Low, Éditions du Rocher.
- Le Flambeau de la Libération, Déchoung Rinpotché, Éditions Yogi Ling, 1997
- Sogyal Rinpoché : “Conseils essentiels sur la méditation”, diffusé par le centre Rigpa, 6 bis rue Vergniaud, 92300
 Levallois-Perret.
- L’Escalier de Cristal, vol. III, Éditions Marpa.
- Rigpa, 6 bis rue Vergniaud, 92300 Levallois-Perret.
-“Pour nourrir notre joie au Village des Pruniers - Un guide pour les pratiques et les activités”, rédigé par les moines
   et les moniales du centre de méditation du Vénérable Thich Nhat Hanh : Le Village des Pruniers , Meyrac, 47120
   Loubès-Bernac.
© Patrice Gros/Éditions du Rocher/2001
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