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  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 17:10

  Coquelicots forces de vie

 

Pratiquer le focusing c'est d'abord se disposer à écouter avec bienveillance ce qui se présente à soi lorsqu'on tourne son attention vers l'intérieur. Qu'est-ce que je perçois, qu'est-ce que je ressens, qu'est-ce qui se vit en moi, là, maintenant? Pour ce faire, la condition première est le silence, silence des pensées qui le plus souvent commentent ce que je fais ou vis. Il s'agit de traverser cette zone de turbulence des pensées pour toucher de l'intérieur un certain ressenti, pas seulement celui des émotions facilement repérables (de la peine, de la gaieté, de la déception ou autre,...), mais plutôt quelque chose de flou et vague sans qu'on puisse pour autant le qualifier de confus, quelque chose de moins facilement repérable et défini car sous-jacent à ce que je peux nommer tout de suite. Par exemple, si vous répondez à la question "comment je vais là tout de suite?" (la fameuse question "comment ça va?) et que vous vous abstenez de répondre de manière stéréotypée pour écouter ce qui se trame en vous, vous allez percevoir des impressions difficilement nommables. Dans cet insaisissable il y a peu et beaucoup. Il y a ce qui vous constitue en cet instant et qui peut donner jour à une palette d'impression venant de vous (en mots, en images, en poèmes...)

 

Essayez: "comment je me sens maintenant?" Ne répondez pas, faites silence pour percevoir tout ce monde intérieur tel qu'il se vit au-delà des mots. Entrez en contact avec vos diverses sensations/impressions telles que vous les percevez. Dans ce silence des mots, essayez d'approcher avec délicatesse l'expérience intérieure qui se déploie, pour l'accueillir et lui donner l'espace dont elle a besoin pour se révéler.

 

Dans cet espace il y a une ouverture à ce que vous êtes vraiment. Un lâcher-prise opère qui n'est pas la volonté de lâcher-prise mais une disposition à recevoir ce qui vient de l'intérieur, du plus intime de vous. Cette attitude peut être considérée comme spirituelle", elle s'apparente à "l'esprit" qui parle, mais ici nous avons à faire à l'esprit incarné.

 

Dans la démarche du focusing c'est comme si vous alliez écouter une petite voie intérieure qui se fait entendre lorsque vous vous branchez sur le sens corporel caractéristique de votre manière de vivre une situation. Si vous vous demandez: "qu'en est-il pour moi dans cette situation" et que vous écoutez la réponse intérieure, que va-t-il se passer? Peut-être aurez-vous dans un premier temps des réponses toutes faites, formatées par votre éducation ou vos croyances. Laissez-les de côté pour aller sentir comment votre corps répond avec son langage particulier. Nous l'avons fait pour la question "comment ça va?" mais nous pouvons le pratiquer pour toute autre question. Une fois que nous avons perçu le sens corporel en lien avec la question/situation, nous pouvons l'écouter, il a quelque chose à nous apprendre. Le sens corporel, à partir du moment où vous l'écoutez, va se mettre à parler, à se faire entendre à l'aide de mots: c'est comme un message que votre corps vous délivre.

 

Supposons: vous êtes invité à une soirée mais vous n'avez pas vraiment envie d'y aller. Votre réaction première est peut-être de vous dire: "de toute façon je n'ai pas le choix, je suis obligé de répondre positivement à cette invitation" ou bien "je vais trouver un prétexte pour ne pas y aller". Mais le malaise grandit en vous. Vous allez prendre le temps de l'écouter. Il se manifeste comme une oppression sur la poitrine (sens corporel). C'est la manière pour votre corps de vous parler, aussi, vous accordez de l'importante à cette impression. Vous prenez un peu de temps avec cette oppression. Elle appuie vraiment fort et vous apparaît soudain comme une main qui vous empêche de respirer et même d'avancer. Vous continuez d'écouter. Cette main, cette main vous la reconnaissez, c'est celle de votre grand-père. Ah oui, une fois, lorsque vous étiez petit, il vous avait menacé, vous interdisant de vous rendre à une sortie à laquelle vous aviez tellement envie de participer. Une grande peine remonte, entrecoupée de colère. Quelque chose se dénoue en vous. Tout d'un coup vous vous sentez libéré. Une énergie nouvelle monte en vous, elle vous dit quelque chose comme: "c'est fini cette histoire, tu n'as rien à craindre, tu peux y aller", un nouvel élan vous gagne qui vous ferait sauter de joie.

 

Les réponses/messages qui nous viennent alors, à l'écoute du sens corporel, sont comme une voix qui parle vrai depuis l'intérieur. Cette écoute ne se pratique pas dans la maîtrise de soi (ou de l'autre) ni dans l'analyse de ce qui surgit, au contraire elle est disponibilité à ce qui affleure, à ce qui vient de l'intérieur. Dans ce sens elle n'est pas une attitude volontaire de contrôle, de concentration pourtant elle est teintée de vigilance et d'attention afin que le processus puisse se dérouler de son plein gré, sans interférences. Elle nécessite un certain abandon et la capacité de faire confiance. La voix qui se fait entendre alors nous aiguille dans la direction qui est bonne et juste pour nous. Si l'on prend une image, on pourrait dire qu'une petite étoile nous guide et cette étoile étincelle au plus profond de nous dans cette intériorité qui est à la dimension du ciel étoilé. J'aime découvrir que mon monde intérieur, tout comme le vôtre, est aussi vaste et surprenant que le monde des paysages qui s'offrent à mon regard. Quelque chose de l'ordre de la sagesse intérieure me parle à travers le sens corporel. Donner la parole à cette dimension c'est comme donner la parole à une dimension hors de notre conscience ordinaire, hors du connu (et trop souvent ressassé).

 

Laisser la place à ce message revient à faire confiance à la vie dans ses capacités à répondre de manière créative et constructive aux situations qui se présentent. Cette confiance dans quelque chose qui nous dépasse (la vie vient de plus loin que nous) et nous anime (la vie s'inscrit au coeur de notre être) caractérise une attitude spirituelle. C'est une manière de se confier à plus grand que soi - ce qui n'empêche pas de faire tout ce qui est en notre possible. Mais l'attitude qui sous-tend la démarche, donne priorité à ce mouvement autocréateur, à travers l'écoute du vivant en soi.

 

Dans le focusing, ce qui m'apparaît primordial, c'est ce mouvement de vie qui s'accomplit et auquel nous donnons la priorité en s'y abandonnant et s'y confiant. Un mouvement qui va dans le sens de la libération. Ce qui, à l'intérieur de nous, nous retient prisonnier, souffrant et en tension, se défait. Nos peurs, nos croyances limitantes, nos schémas et autres a priori se désagrègent, emportés par un processus naturel et spontané qui se déroule dès que nous lui offrons l'opportunité de se dérouler. Ce processus de changement donne place au vivant en soi, n'est-ce pas là, le miracle de la vie qui s'accomplit dans les petites choses aussi bien que dans les grandes.

 

Avec le focusing, nous cultivons un certain regard. Il est fait d'innocence (nous ne savons jamais ce qui va émerger) et d'émerveillement: assister au miracle du vivant, en être témoin et l'accompagner dans son déroulement est une grande réjouissance. Il naît ainsi une gratitude envers la vie, ses richesses, son inventivité. N'est-on pas proche du spirituel? La pratique du focusing nous convie à célébrer la vie, à lui accorder la place nécessaire à son expression pleine et entière. Pour être modeste, il faudrait dire un peu plus pleine et entière à chaque fois. Pourtant le miracle est à notre portée car il peut s'accomplir d'instant en instant.

 

Ainsi, dans le focusing, le ciel et la terre se retrouvent: c'est dans ce qu'il y a de plus corporel, notre intimité profonde, notre expérience charnelle que se dessine la force et la puissance du vivant. Puissance invisible et pourtant si présente lorsqu'on se met à son écoute. Le spirituel n'est pas un monde à part, au-delà lointain, transcendant nos bassesses. Certes il s'agit d'aller au-delà des apparences, au-delà de notre regard conditionné qui nous enferme dans le connu. Il s'agit de laisser sourdre une voix à peine audible qui s'élève depuis ce qu'il y a de plus intime, le coeur de notre chair. On dirait parfois que nos cellules sont directement branchées sur la source vive. Elles pétillent, frissonnent, osent se réjouir et rendre grâce comme si elles retrouvaient leur vraie nature qui est peut-être bien divine. Foi en l'humain et foi en "Dieu", une seule et même aventure?

 

Article de Bernadette Lamboy - www.ifef.org

 

 

Voilà un partage qui me tient à coeur - 

je pars au 15ème séminaire de focusing en Ardèche du Sud, ouvert à tous chaque année à la même période, aux Jardins Intérieurs (à découvrir sur www.accueil-groupe.com) à St-Privat.

Je n'ai pas réussi à vous convaincre jusqu'à présent, mais bon, je ne me décourage pas...

Pleins de belles et bonnes choses à vous, durant cet été à peine commencé...

A tout bientôt,

Pascale

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