Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Profil

  • SOURIRE
  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...
  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...

Texte Libre

Rechercher

Archives

23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 17:47

Fait partie de la technique du chamane

(Revue inexploré - Réjane Ereau)

 

Happés par le rythme de nos quotidiens, les sollicitations et obligations, nous appuyons rarement sur "pause". Ces moments d'entière disponibilité sont pourtant cruciaux dans l'émergence spontanée d'intuitions et d'idées révélatrices.

 

"Le savoir est à disposition, mais pour y accéder, il faut nous entraîner à écouter le silence et voir dans le noir, chacun à notre façon, afin de réapprendre les langages de l'invisible, dit Ulla Straessle. Moi-même, quand je n'ai pas assez de temps pour me retrouver seule, tranquille, sans lire, écrire, regarder un écran ni écouter de la musique, ma créativité s'étiole".

 

Aussi vertigineux qu'il paraisse, parce qu'il nous extrait de nos territoires balisés, nous pousse à imaginer, convoquer, conjurer, aller chercher au plus profond de nous, il faut apprivoiser le vide, en se contentant d'être là, contemplatif, "connecté à soi-même, à sa propre virtualité, à ce que l'univers propose". Alors, des tas d'informatios pourront se révéler, sans même que nous l'ayons désirer.

 

Lac-des-ch-nes-papillon-151.jpg

 

 

POUCE !

C'est ce que je ressens fortement depuis quelques mois déjà et je vais me faire ce cadeau dès la fin du mois de mai. Après mon déménagement, mon retour à la campagne, je vais pouvoir me poser, vivre sans le stress du travail, des journées de 13h de folie, pour me retrouver, contempler, goûter la vie tout simplement, retoucher l'espace en moi, la joie, et accueillir ce qui apparaîtra dans cet espace, en tendresse... Aucun projet, aucune envie particulière, juste être là pour ressentir, voir, vibrer à l'unisson de cette vie...

Quel cadeau!!! MERCI... Pascale

Partager cet article

Repost 0
Published by SOURIRE - dans Textes personnels
commenter cet article

commentaires

anonymousfocuser 24/04/2014 17:55

Il y a dix ans j'avais découvert le texte suivant de Pierre Rey :

[...] J'avais la certitude absolue du contraire : on est ce qu'on ne fait pas. Je savais de quoi je parlais : je n'avais commencé à être qu'en cessant de faire. Depuis quatre ans, ma vie était une
non-action parfaite. Je ne faisais strictement rien. J'étais devenu un buveur de temps. Je l'aspirais au goutte-à-goutte, attentif à sa coulée, dont j'ignorais le sens et le goût quand j'étais
supposé ne pas le perdre, du temps que je prenais le temps de ne jamais avoir le temps.

Les creux se meublaient d'actions futiles comme des logements médiocres de guéridons surchargés de bibelots idiots, qui, par compensation métaphorique, comblent le vide mental de ceux qui les
accumulent.

Depuis que je m'étais placé sous le signe du "Je suis parce que je ne fais pas", j'avais appris qu'il n'y avais pas de temps objectif, puisque, à loisir, je pouvais le rendre élastique, le réduire
à néant pendant que tournaient les étoiles ou en faire un infini le temps d'une étincelle.

Le "non-faire" m'avait apporté ce présent royal, pouvoir donner au temps la durée de son désir. Selon mon humeur, je créais des temps végétaux où je me transformais en arbre, des temps mammifères
où j'étais chien, des temps terrestres qui me faisaient nuage, des temps cosmiques pour la métamorphose d'une vibration et des temps minéraux où je devenais enfin pierre.

Les journées commençaient presque invariablement par des visites d'huissiers venus me saisir. Saisir quoi ? Je ne tenais qu'à l'oxygène.

La vie en accéléré. Et pourtant le contraire de la vie réelle où toute entreprise nécessite l'investissement d'idées, de travail, de réflexion et de temps. De temps surtout. Au bout de trois jours,
six mois, dix ans, la réponse arrive sous la forme d'un "peut-être".

A l'instant où il est capable de les verbaliser, les symptômes névrotiques qui avaient amenés le patient sur le divan, s'évanouissent. Bien souvent, un excès de culture sert de bouclier.

J'avais appris que je ne tenais pas à grand-chose. J'entrais dans mon lit pour une nuit sereine. Je savais désormais que, ne tenant à rien, je serais toujours riche. Je n'aimais que la vie et la
liberté. En dehors de ces biens, on ne pouvait rien me prendre.

Je fuyais depuis longtemps les contacts rapides, multiples, superficiels et sans lendemain.

Nos possessions nous possèdent. Pour l'avoir mal compris, certains, possédant trop qui ne jouissent pas assez, atteignent ce point bascule où l'argent, de moyen, devient fin en soi.

Délibérément, je venais d'opter pour l'aléatoire. Mais le réel est un grand maître. Si demain la vie me bouscule, si elle me prive de mes choix mais que j'ai toujours envie de la vivre,
j'accepterai d'en payer le prix en faisant, pour la prolonger ce que me dictera la nécessité. Sans y voir la moindre atteinte à ma liberté. Car la seule vraie liberté ne dépend que de moi, je la
possède : quitter la vie si le désir me déserte.

Carrière : Bien plus bas, sous le plafond de nuages irisés de soleil, des villes boueuses et grises s'endorment dans le brouillard, peuplés de petits tas de secrets minuscules, d'ambitions inutiles
et de nains qui s'égorgent pour un fauteuil d'enfant à la porte de cimetières surpeuplés. Entre l'ordre symbolique où, dans ses effets de déconstruction, le langage est roi, et l'imaginaire qui me
projette vers l'impossible où le réel fait borne, possesseur au moins de mon temps, le temps qui reste à vivre, le temps que j'ai vécu, le temps que j'ai conquis, le temps que j'ai gagné croyant
l'avoir perdu, j'aime quand je le peux, je vis où bon me semble, et m'en vais quand je veux.

Ils avaient cru tout avoir, ils n'avaient possédé que ce qui était à vendre.

Ces voiles et ce soleil rougeoyant, quel que soit le néant ou la perfection de ce qui nous attend après - mais n'est ce pas la même chose - me rappelaient, puisque la mort est gagnante, cette loi
qui était mienne, prendre sur le champ ce que la vie nous offre - eussé-je eu des ancêtres, j'aurais souhaité qu'ils inscrivent sur leur blason : "C'est toujours cela de pris". Encore, pour le
savoir, faut-il ne pas ignorer ce qu'elle a à nous offrir, et, le sachant, pouvoir le prendre, être prêt à en payer le prix d'un abandon, d'un sacrifice, d'une mort. La nôtre. En d'autres termes,
tuer symboliquement celui qu'on a été afin que, par ce biais, soit clivé le donné de l'enfance du conquis de la maturité. Le mot, en rien, comme nous le prouvent les nourrissons octogénaires ou les
vieillards de vingt ans que chacun de nous côtoie chaque jour, ne se relie à l'âge, mais à l'aptitude d'un individu, devenu libre enfin, autonome dans sa pensée, c'est-à-dire sujet de lui-même, et
non plus des aléas extérieurs de son travail, d'un discours ou de l'argent qu'il reçoit, à aimer, décider, assumer.

Je trouvais en soi la vie trop foisonnante de possibles pour commettre le péché de ne pas jouir sur l'instant de l'instant, fait de ces mille riens auxquels m'arracherait, le jour venu, mon propre
anéantissement dont l'inéductabilité me pressait, tout en les différenciant, à conjuguer plaisir - ce qu'on ajoute à la vie - et jouissance - ce qu'on arrache à la mort.

Etrangement, dès lors qu'ils me faisaient moins peur, mieux me connaître m'avait rendu plus curieux des autres, plus ouvert, plus indulgent à l'égard de la bêtise - il n'y a pas de malentendus, il
n'y a que de malentendants.

Une métonymie dont ne peut rendre compte, puisqu'au lieu où n'opèrent pas les sens, rien n'est livré, rien n'est senti, aucune approche intellectuelle, mais qui s'ouvre en revanche à la perception
intuitive dans le frémissement de son acuité. Les sens : telle était la meilleure place d'où je pouvais prendre et donner, capter le sens de mon existence et le vrai sens de ma joui-sens. C'est
cela que m'avait apporté Lacan, une prise sur ce qui me préexistait, me survivrait et appartenait à tout le monde, mais aussi l'accès à un savoir sensuel que je possédais à mon insu dans une mise
en pratique permanente mais qui, au lieu d'être une fin en soi, s'ouvrait sur autre chose dont les blocages ordinaires m'empêchaient d'en appréhender la totale plénitude.

Toute stratégie fige, rien n'enchante de ce qui est prévu et je n'ai eu de cesse, sitôt que j'étais sur orbite, de m'en évader pour casser mes certitudes.

Je n'avais plus qu'à m'installer dans le provisoire que j'avais construit. Jusqu'à ce que la mort m'en chasse.

SOURIRE 24/04/2014 18:51



Merci JM, je comprends encore mieux ta décision et ton aspiration d'aujourd'hui à vivre l'instant...