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  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:23
Ahimsa, l’essence du Reiki

L’un des points cruciaux de notre art de guérison est, grâce la pratique et les différentes formes de soins, de se relier à l’aspect en chacun qui est fondamentalement sain. Il s’agit ici essentiellement de restaurer l’harmonie naturelle et la santé originelle. Plus que guérir d’un point de vue médical et extérieur, c’est en fait créer une mise en résonance avec sa nature primordialement pure, libre et parfaite. C’est le message d’espoir du Reiki, celui de découvrir, entre autres, une dimension de soi qui, par essence, est au-delà de toute souffrance et la source même de toute guérison. Nous avons tous en nous, en notre être le plus profond, cette potentialité d’être guéri.

Abritée au plus profond de notre coeur et de celui de tous les êtres sans exception, gît une source inépuisable d'amour et de sagesse. Le but ultime de toute pratique spirituelle - qu'elle soit Bouddhiste ou autre - est de découvrir cette nature pure essentielle, d'entrer en contact avec elle.

C’est précisément cette découverte et cette réalisation qui nous guérit profondément, à la fois au niveau du corps, de l’âme et de l’esprit, selon ce qui juste et approprié à chacun. La guérison est aussi un processus qu’il nous faut parcourir, avec les prises de conscience, les manifestations émotionnelles, les purifications, ainsi que les souffrances diverses qui, parfois, l’accompagnent. Le sentier de la guérison et le chemin de l’harmonie sont déjà, en eux-mêmes, une voie de développement et d’apprentissage.

On n’essaie pas de changer la souffrance, on l’apprécie ; on passe par l’expérience, mais sans la “saisir”. Il faut traverser la souffrance car elle est purificatrice.
Sogyal Rinpoché

Je souhaite partager avec vous une autre perspective du Reiki qui me semble capitale. Celle-ci concerne l’attitude de non-violence à adopter face à la souffrance, c’est-à-dire de ne pas entrer en lutte contre les maladies, les aspects indésirables de soi, mais de rester à l’écoute de leurs sens. Don Alexander, mon initiateur, nous enseignait que la maladie était simplement le message que quelque chose en nous devait être soigné et guéri. Il y a beaucoup de sagesse dans ces paroles et surtout, une immense compréhension. La tendance habituelle est de vouloir éradiquer les circonstances qui nous dérangent ou qui nous font souffrir. Nous pourrions maintenant proposer de ne pas considérer la maladie comme un défaut, car elle est la source même d’un chemin de purification, et aussi parce qu’elle met l’accent sur quelque chose en nous qui mérite notre attention, notre regard bienveillant et notre amour, voire notre pardon.
 
Il n’y aura donc pas de combat, de violence contre un élément de notre être, il y a seulement un effort de prendre soin et de pouvoir transformer. Il faut donc avoir une attitude non-violente à l’égard de notre souffrance, de notre douleur. Il faut prendre soin de notre souffrance comme l’on peut prendre soin de son propre bébé.
 
L’attitude de non-violence, ahimsa, repose sur une profonde compréhension qui nous montre que nous ne sommes pas séparés de notre souffrance, que nous en sommes à l’origine et qu’elle fait véritablement partie de nous. Ce qui induit ensuite naturellement un sentiment de reconnaissance, d’acception et de lâcher prise face à ce qui est vécu. Le fait de reconnaître sa condition présente telle qu’elle est, d’en prendre conscience sans crainte et de l’accepter vraiment ainsi, sans émettre aucun jugement, sans chercher pertinemment le coupable extérieur, fait de soi un être responsable (respons-able = être capable d’apporter la réponse juste et appropriée à la situation donnée).
Participer à sa guérison, c’est comprendre que nous sommes partie prenante dans tout ce qui nous arrive (que nous avons notre part de “responsabilité”), et c’est donc se prendre en charge dans son processus d’épanouissement personnel. C’est agir en pleine conscience, le coeur ouvert et aimant. Ce n’est pas rester coincé dans un sentiment de culpabilité, ni se sentir ou demeurer impuissant. Comme disent certains psychothérapeutes, c’est être un bon père et une bonne mère pour soi-même. Ou encore, comme le suggère parfois le Vénérable Thich Nhât Hanh, c’est prendre soin de sa douleur comme on prendrait soin de son petit frère ou de sa petite soeur ! 

Je ressens que le Reiki, dans sa grâce infinie et son expression, apporte cette possibilité de reconnaître les espaces de souffrance à l’intérieur de soi, tant physique que mentale, ainsi que toutes les peines du passé, les peurs, les manques, les cruautés et les nombreuses frustrations. Plutôt que de se révolter, s’y opposer ou résister, l’approche non-violente du Reiki propose de porter un regard apaisant sur ses douleurs, de les panser, de les aimer et de les transformer naturellement. La non-violence est en fait l’essence véritable de cette voie de guérison et de transformation profonde. De plus, le Reiki permet de gérer et d’intégrer au mieux nos contradictions et, plutôt que de se sentir diviser ou engager dans un combat intérieur, il fait de nous un être entier, par cette approche même d’acceptation remplie de compréhension et d’amour compassion.
 
Nous ne dressons pas de barrières entre le bien et le mal et nous ne devenons pas un champ de bataille. Nous devons traiter l’irritation avec compassion et non-violence. Nous devons lui faire face avec un coeur rempli d’amour, comme si nous étions devant notre petite soeur (...) Éclairée par la conscience, l’irritation, au lieu d’être détruit, est progressivement transformée.
 
Dans le respect et cette écoute de soi commence alors le chemin vers la complétude, qui est l’aspect le plus prodigieux et le plus merveilleux que propose la voie sacrée du Reiki. Non seulement il permet de toucher, en soi ou en les autres, les différents niveaux de souffrance, de leur donner l’attention bienveillante et le soin réparateur, mais il offre également la possibilité de se relier à ce qui en chacun de nous est bien au-delà, et que l’on appelle, dans les enseignements les plus élevés, la liberté naturelle de l’Esprit ! C’est faire en sorte que l’état de santé devienne un état de sainteté.
 
Même si la guérison est notre véritable état d’être sur le plan absolu, donnons au Reiki l’espace et le temps d’accomplir la plus juste des guérisons, sur le plan relatif. Chacune de nos pratiques, sur soi-même ou sur autrui, doit être une offrande, permettant aux aspects les plus profonds de l’être de se révéler.
 
1 Lama Thoubten Yéshé, “L’espace du Tantra, percevoir la totalité”, Éditions Vajra Yogini.
2 Thich Nhât Hanh, “vivre en pleine conscience”, revue Terre du Ciel N° 36 - septembre 1996.
3 Thich Nhât Hanh, “La respiration essentielle”, Éditions Albin Michel - Spiritualités vivantes
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:22
Approche spirituelle du Reiki
 
Le point central d’une guérison et d’une transformation authentique de l’être est le retour à sa véritable nature. Concernant la guérison, le Bouddhisme, d’où le Reiki est fondamentalement issu, met davantage l’emphase sur le fait de révéler une dimension de soi originellement pure et parfaite, plutôt que de s’adresser seulement à un aspect de soi en souffrance. Cette démarche est sensiblement la même que celle des thérapeutes d’Alexandrie qui préconisaient de “prendre soin de l’Être”, c’est-à-dire l’Être essentiel (le Divin) qui nous habite. Un individu en souffrance est un être coupé, divisé, déraciné. C’est un être qui ne vit plus son unité spirituelle. Comme l’enseigne Sogyal Rinpoché “la maladie provient de la perte de contact d’avec notre véritable nature”. La “maladie” c’est, étymologiquement, être-séparé-de-Dieu (mala-dios).

L'approche et la philosophie du Reiki permettent de réaliser que, dans notre nature ultime, au niveau de la dimension divine de notre être, nous sommes en fait déjà guéris. 

Cela donne un espoir et un
sens incroyables à notre acte de guérison, celui d’être potentiellement guérissable. Tout le but du processus de guérison est de manifester ce qui est encore à l’état potentiel. Nous ne nous adressons donc pas simplement à une partie malade, mais à une dimension de soi déjà accomplie, et auto-parfaite, depuis l’origine. Le Reiki est donc pour nous un moyen de faire s’élever cette guérison qui est latente et de la faire rayonner dans tous les aspects de notre vie. La pratique du Reiki est basée sur le principe de la santé et de l’harmonie fondamentales. Le Reiki a pour but de restaurer l’équilibre naturel et originel, celui qui est en nous et que nous avons perdu, ou auquel nous ne sommes plus reliés. C’est pourquoi, selon la perspective du Reiki, la guérison ne consiste pas tant à soigner la souffrance qu’à se mettre en accord avec ce qui, en soi ou en les autres, est déjà primordialement sain.

Extérieurement, le praticien en Reiki ne fait rien, ni n’applique aucune technique particulière. Extérieurement et le plus simplement, il pose ses mains. Intérieurement, il demeure présent et vigilant, en état de “pleine conscience”, ni trop concentré, ni dispersé. Juste attentif et présent à ce qui est. Ce n’est même pas ici une question de bien ou de mal faire. C’est juste une question d’ÊTRE. Enfin, secrètement, dans le silence de son âme, il demeure uni à sa nature divine.

Le Reiki est une voie, c’est-à-dire une authentique pratique spirituelle de guérison, un art, plus qu’une simple méthode de soin. Le Reiki est une voie (
Reikidô
), dans le sens où, pour le pratiquer, nous devons recevoir un baptême particulier, une bénédiction, ou encore une “ondée de grâce”. En Orient, nous appelons cela une initiation, ou transmission de pouvoir (reiju). Celle-ci est une mise en résonance : c’est “relier” l’Absolu au relatif, la conscience individuelle à l’Énergie Universelle. Durant l’initiation, il est déposé des germes d’éveil et de libération spirituelle dans la conscience de celui qui la reçoit. C’est une authentique empreinte sacrée sur notre esprit et c’est là le véritable objectif premier du Reiki : mettre tout individu sur le chemin de la réalisation et de l’éveil (satori). Peut-être aussi que le désir caché d’une personne envers la démarche du Reiki est de trouver pour elle-même une voie de guérison spirituelle, une thérapie sacrée, plutôt qu’un simple traitement médical.

Quand une personne s’adresse au Reiki pour guérir, ce qu’elle demande en fait, et bien souvent sans en être véritablement conscient, c’est le bonheur et l'apaisement de son âme.
 
 
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:21
Interviews I
 
Cette première interview a été publiée dans l’ouvrage Le Reiki vu par ses praticiens, de Ronald Mary (page 170), paru aux éditions Le Souffle d’Or en juin 1997 et réédité récemment.
Bien que cette interview date de plusieurs années, elle reste cependant intéressante et actuelle par bien des aspects.
Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix...
St. François d’Assise
Quelle est votre définition du Reiki ?
Pour bien faire, il faudrait trouver une définition au-delà des mots, car le Reiki est indéfinissable et qu’il est avant tout une expérience de vie ! C’est aussi un niveau de conscience, un état d’ÊTRE, une rencontre avec le Silence de l’âme...Le Reiki désigne l’Énergie Universelle de Vie, l’Énergie dans son aspect Primordial et Absolu. C’est la Force Originelle présente en tout être et en toute chose. “Reiki” représente cette Source, cette Unité ou encore, cette Énergie non manifestée d’où tout procède. C’est aussi le “Souffle de Vie” et le “Souffle de l’Esprit” dont parle la Genèse...“Rei” en Japonais, signifie “essence spirituelle” et désigne la nature réelle et ultime de tous les êtres sensibles. C’est la partie Divine, l’Âme, de chacun. “Ki”, fait déjà référence à cette Force Originelle, avant même la manifestation de l’énergie yin yang et de sa subdivision en cinq éléments. Ces deux termes “Rei-Ki” mis ensemble, donnent l’idée d’une Énergie sans limites, dont l’origine est sacrée et la pureté absolue, appropriée pour la guérison du corps, de l’âme et de la conscience. C’est aussi et surtout une énergie douée d’intelligence, d’amour inconditionnel et de compassion infinie... Personnellement, je la ressens comme une énergie remplie de grâce et de bénédiction.
 
Quel fut votre parcours avant le Reiki ?
Pour dire les choses simplement, j’ai toujours été engagé dans une démarche spirituelle, dés mon plus jeune âge, et préoccupé du sens de l’existence et de la notion de Dieu, à travers les différentes traditions. Ma rencontre avec le Bouddhisme en 1976 a été déterminante, comme si je retrouvais quelque chose de connu, de familier, avec la forte impression de continuer un chemin qui avait déjà commencé... depuis certainement bien longtemps ! Plus particulièrement, l’aspect de la guérison s’est éveillé en moi avec la rencontre en 1987, d’un Lama Tibétain, Sogyal Rinpoché (qui a écrit récemment “Le livre Tibétain de la vie et de la mort” - Éditions de La Table Ronde), et qui allait devenir mon maître spirituel par la suite. Ses enseignements sur la nature réelle de l’esprit, sur le sens de la souffrance et sur l’approche juste de la guérison, ont constitué en fait l’arrière-fond culturel et spirituel nécessaire, à ce que ma pratique et mon enseignement du Reiki allaient devenir...
 
Comment avez-vous découvert le Reiki ?
Ma rencontre avec le Reiki a débuté avec un simple dépliant de présentation. Les mots résonnaient en moi, comme une évidence. Mais cela semblait trop beau, trop prometteur, pour être vrai... Alors j’ai commencé à douter ! Puis j’ai pris contact avec celle qui allait devenir mon initiatrice. C’est une femme très droite, intègre et respectueuse de l’enseignement du Reiki et de la tradition originelle (elle est membre et responsable pour la France de l’Alliance Reiki). Les doutes en partie dissout - car le plus important pour moi était de savoir si les “initiations” du Reiki n’allaient pas interférer avec celles que j’avais déjà reçu - j’ai alors décidé de monter à Paris pour recevoir cette transmission. Mais peu avant mon départ, je recevais un coup de téléphone m’annonçant que le stage était annulé... par manque de participants ! J’ai insisté en précisant que, pour moi, c’était maintenant... ou jamais ! Après un silence, elle a répondu : Oui, je sens cela aussi. Je n’ai jamais donné un séminaire pour une seule personne, mais viens quand même ! En fait, plusieurs personnes s’étaient jointes à nous entre temps. J’ai donc été initié le week-end du premier mai 1988. Désormais, le “premier mai” est aussi pour moi la “fête du Reiki”! Le Reiki correspondait tout à fait à ce que je recherchais à l’époque. Je pensais aussi que cela allait m’aider. Je ne savais pas encore trop comment, mais cela me semblait juste et je voulais vraiment m’engager dans cette pratique. Par la suite, la découverte de cette approche, sa simplicité, sans la nécessité de connaissance ou d’aptitude préalable et, surtout, le simple fait de rester “canal” et de ne pas s’impliquer, me satisfaisait tout à fait. Le problème, c’est qu’à l’époque, j’étais quelqu’un de très “mental”, beaucoup trop dans les concepts, et je ne sentais pas grand-chose, ni pendant mes propres initiations, ni en donnant ou en recevant du Reiki. C’était parfois frustrant ! Le plus amusant, c’est que malgré mes doutes et mon manque de confiance (ils ont enfin fini par disparaître un jour), ça marchait quand même ! J’ai donc poursuivi jusqu’au deuxième degré, que j’ai reçu cinq mois plus tard. Je désirais vraiment pouvoir travailler à distance, car je voulais en faire bénéficier des personnes qui m’étaient éloignées... Mais lorsque je reçus cette aptitude, j’étais complètement paniqué, parce qu’elle ouvrait tellement de possibilités... Je me disais qu’il y avait tant à faire, et que je ne disposais pas de tout le temps nécessaire !
Par la suite, j’ai rencontré plusieurs maîtres, mais surtout Don Alexander Riches. Son charisme, sa profondeur d’enseignement et sa dimension spirituelle, font de lui un initiateur unique. C’est de lui que je décidais de recevoir la “maîtrise”. Cette initiation m’a été conférée en novembre 1990. Durant ses nombreuses venues en France, je participais à beaucoup de ses stages, tant en premier qu’en deuxième degré. Ma formation de maître, elle, a duré plus d’une semaine, avec de nombreux enseignements, des pratiques méditatives, des explications détaillées sur les symboles du Reiki, leurs origines et bien sûr, les différentes procédures d’initiations pour les premiers, deuxièmes et degrés de maître... Ce fut particulièrement intense. Actuellement, j’entretiens toujours des contacts réguliers avec Don, et nous nous voyons au moins une fois par an !
 
Qu’est-ce que le Reiki a changé dans votre vie ?
Beaucoup de choses dans ma vie, mais je n’en ai pas été tout de suite conscient ! C’est un peu comme si tout ce qui, en moi, était en potentiel, commençait à s’éveiller avec le Reiki. C’est aussi difficile de dire “où” commence le Reiki... Lorsqu’on est engagé dans une pratique et une voie spirituelles, le “travail” a de toute façon déjà commencé. Par contre, sur un plan relatif, le Reiki a complètement changé le cours de mon existence, et depuis le Premier degré, une orientation toute nouvelle s’est fait sentir. Je vivais Reiki, je parlais Reiki, un peu trop d’ailleurs... et je voulais tout autant faire du Reiki dans ma vie, que du Reiki, ma vie ! Pratiquer était ma seule préoccupation, et ma seule motivation. Ainsi, je l’ai appliqué tous les jours, et intensivement durant presque trois ans, dans un centre de thalassothérapie. Le Reiki prenait une place de plus en plus importante et je désirais l’intégrer à toutes mes occupations, et en faire mon activité principale. Parfois, je me demande si j’ai choisi le Reiki, ou si c’est le Reiki qui m’a choisi ! Le Reiki est aussi intervenu au moment juste, pour accomplir l’activité juste. Quand on travaille avec l’Énergie, il y a de toute façon cette notion de continuité. Le plus important est cet aspect du Reiki qui permet de se prendre en “mains” (!) et de prendre en charge les diverses manifestations de son être, tant sur le plan physique, émotionnel et psychologique, ainsi que de pouvoir travailler sur les situations de sa vie, grâce à la pratique du deuxième degré. Le Reiki a fait beaucoup sur le plan du lâcher prise, de la confiance en soi et en la Nature Absolue des choses. Il a aussi fait ce que je suis devenu aujourd’hui, et ce que je suis amené à partager avec d’autres. Mais pour moi, le Reiki reste indissociable de la pratique de la méditation, et mon évolution s’est faite à travers ces deux voies... Cependant, le chemin reste toujours à faire ! Un “maître Reiki” n’est pas un Maître Parfait ou Accompli. C’est pourquoi, je préfère employer le terme “initiateur”, qui est beaucoup moins présomptueux. Je n’emploie le mot “maître” que pour donner ma taille. Ainsi, je suis un-maître-soixante-dix de Reiki... Je ne suis donc pas très grand !
 
Quel aspect du Reiki préférez-vous ?
Par-delà la technique ou la méthode de soin, c’est son approche spirituelle de la guérison. Le Reiki est surtout un “art” de soigner avec toute la philosophie que cela comprend. Bien plus que de faire “disparaître” les symptômes, le Reiki permet à la guérison potentielle en chacun de nous, de s’élever. C’est le “prendre soin de l’Être” cher à Jean-Yves Leloup et aux thérapeutes d’Alexandrie. En fait, c’est réellement sa dimension globale ou holistique qui représente pour moi l’aspect unique du Reiki, en tenant compte du plan spirituel qui fait défaut dans beaucoup de nos approches de guérison et de nos thérapies en générales. Le Reiki est aussi un “chemin” de transformation intérieure et de développement de la conscience : c’est révéler la nature pure et parfaite de l’être que l’on traite. Parfois, plus que “soigner” c’est le mot “accompagner” qui me vient. La guérison se vit sous des aspects multiples, et n’est pas forcément celle que l’on attend. Dans le sens du Reiki c’est, je pense, restaurer l’équilibre et l’harmonie intégrale d’une personne, plus que les prétendus miracles. Comme on dit dans le Zen : Le miracle n’est pas de voler dans les airs. Le miracle n’est pas de marcher sur les mers. Le miracle, c’est de marcher sur la terre !Un autre des aspects les plus touchant du Reiki, c’est de pouvoir faire passer tout l’amour et toute la tendresse, vers un individu en souffrance, qui en a besoin ; c’est l'impact émerveillant que cela peut avoir sur notre propre esprit... Bien souvent, on est encore plus ému en donnant qu’en recevant ! 
 
Que dire de votre activité d’initiateur, de vos tarifs, et de votre position par rapport à l’argent ?
Concernant mon activité, je suis amené à enseigner presque tous les week-ends. Je me déplace dans toute la France, y compris la Corse, pour répondre à toutes les demandes, tant en premier qu’en deuxième degré. La “famille” Reiki s’agrandit et se porte très bien ! Cela me permet aussi de renforcer des liens amicaux avec tous mes stagiaires. En revanche, je n’ai encore jamais transmis la maîtrise à qui que ce soit, pas même à ma compagne ! Il faut savoir que Madame Takata a attendu elle-même plus de trente années... Mon initiateur a vécu une expérience de moine pendant dix ans en Thaïlande, avant d’être maître Reiki. Je pense que ma propre expérience de plus de quinze années de pratiques spirituelles à travers le Bouddhisme, mon engagement au sein du Reiki et mon intégrité par rapport à celui-ci ont été, entre autres, certains des critères importants pour être désigné maître à mon tour, ou jugé prêt par mon initiateur. Pour mes tarifs, je m’aligne principalement sur la majorité des enseignants actuels, et mes prix sont en dessous de ceux que l’Alliance Reiki applique en France. Quand j’ai commencé à enseigner, je n’ai pas voulu me démarquer de la majorité des maîtres enseignants, afin de rester aligné avec la plupart. Je voulais respecter une certaine écologie, une unité entre nous, et ainsi rester en accord avec tous, surtout aux niveaux des tarifs... Quand j’ai choisi mes initiateurs, je ne l’ai pas fait en fonction du prix de leurs initiations, mais pour la qualité de leurs enseignements, l’authenticité de leurs transmissions et le message qu’ils faisaient passer. Le point n’est pas de faire ou de ne pas faire payer, mais de veiller à la qualité de ce qui est enseigné. Je suis dans un système, et je l’accepte. J’ai une activité de formateur, donc “commerciale”, que je le veuille ou non d’ailleurs, sans mettre pour autant un sens péjoratif à ce terme. Je suis officiellement déclaré, j’ai donc des charges sociales à acquitter. À la fin d’un stage, en plus des initiations, des explications de bases et de l’enseignement que je propose, je veux avoir le sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même... et ma conscience est en paix. Pour tous les thérapeutes Reiki, une contrepartie avec le patient est importante. Très souvent, l’argent représente le moyen d’échange le plus facile. Cela permet aussi à la personne soignée de s’impliquer dans son processus de prise en charge par elle-même. Donner en échange d’un soin, c’est manifester de la reconnaissance, de la gratitude, et montrer qu’on apprécie ce qui est reçu. C’est pourquoi, demander en échange d’un soin, c’est bien souvent aider une personne à se prendre en charge dans son processus de guérison... Mais l’argent n’est pas non plus le “seul” moyen d’échange. Ceci mis à part, et d’une manière plus générale, je pense que l’Alliance Reiki reste un modèle de référence pour tous les maîtres Reiki, et le plus proche de l’enseignement originel. Ce Reiki orthodoxe s’appelle : “Usui Shiki Ryoho”, c’est à dire “la méthode (hô) de soin (ryô) dans le style, ou l’approche (shiki), de Mikao Usui”.
 
Que faites-vous durant une initiation, quand l’initié a les yeux fermés ?
En fait, nous pratiquons ce que l’on nous a enseigné ! Il faut savoir que même le maître Reiki est “canal” pendant l’instant de l’initiation. Le plus important est de rester “A-LIGNÉE”, c’est-à-dire dans la lignée d’Usui, d’Hayashi et de Madame Takata, et de garder la connexion et le lien de coeur avec les maîtres du passé et l’Esprit du Reiki. Concernant l’initiation elle-même, il y aurait peu à dire, tout comme on ne peut guère partager la pratique du Deuxième degré en dehors d’une transmission orale. Ce n’est pas tant le secret qui est important, mais le sacré et le respect pour cet enseignement. Pour celui qui reçoit cette initiation, l’impact peut se faire sentir à différents niveaux : le plus important est le niveau spirituel, comme une connexion avec notre nature Divine, cette dimension de Totalité en chacun de nous. L’initiation est un baptême. C’est une transmission sacrée, une empreinte sur notre courant de conscience, dans le sens aussi de déposer des germes d’Éveil spirituel et de nous mettre en contact avec le Souffle de Vie Primordial. L’initiation est une “ondée de grâce”, comme on dit parfois dans la tradition Bouddhiste.
Le deuxième niveau est celui de l’énergie subtile de notre corps, comme si l’initiation accordait nos “énergies”, afin de canaliser “l’Énergie” d’une bien meilleure façon qu’à travers notre magnétisme limité.
Et enfin, le dernier niveau est celui du plan physique. À ce stade, nous pouvons parfois expérimenter une guérison, un début de transformation, quelque chose d’étonnant... Je vous donne ici, en fait, certaines des réponses que mon initiateur, Don Alexander, a donné lors d’un stage, et je me sens assez en accord avec celles-ci. Mais parfois, tout cela nous semble un peu inexplicable et insondable. En tant qu’initiateurs, nous ne pouvons que rester très humble devant autant de mystères et de grâce. Il y a une phrase de St. François qui me revient souvent à l’esprit, soit en initiant, soit en transmettant du Reiki : Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix... ; c’est par celle-ci que j’ai voulu commencer ce questionnaire. D’une manière plus générale, l’initiation est une descente de Lumière. De mon point de vue (Bouddhiste), paradoxalement, je la relierai bien volontiers à l’Esprit Saint de la tradition Christique. Chaque initiation est une pour moi une Pentecôte ! Le terme anglais parfois employé, le mot “attunement”, signifie “accorder”, “aligner”. Ainsi, l’initiation est une mise en RÉSONANCE... Parfois aussi, on parle “d’harmonisation”. Ce sont précisément les “symboles” du Reiki, eux-mêmes issus des enseignements spirituels Bouddhistes et dont l’origine est sacrée, qui permettent de réaliser cet “accord” entre la conscience individuelle et l’Énergie Universelle...
 
À qui conseiller le Reiki ?
À toutes personnes qui en font sincèrement la demande ! À tous ceux, aussi, désireux de s’aider eux-mêmes dans leur processus de guérison et leur chemin de vie, à tous ceux qui sont amenés à toucher un autre individu : parents, médecins, thérapeutes, personnels soignants, kinés, esthéticiennes, pompiers, professeurs de yoga ou d’arts martiaux, institutrices, etc. L’initiation du Reiki est aussi appropriée pour les enfants, pour leur propre processus de croissance, d’évolution, pour le développement de la confiance, sans même parler de l’impact spirituel... Beaucoup de parents le savent désormais ! L’idéal serait qu’au moins une personne par foyer pratique le Reiki, et que tous les thérapeutes, ceux qui sont dans une relation d’aide, le soient également. Je pense notamment à tous ceux, nombreux, qui font qui font un travail pour les personnes en fin de vie.
 
Comment choisir un “bon” maître de Reiki ?
Dans l’absolu, il n’y a sans doute pas de “bon” maître ! Il y a celui qui est approprié pour soi, à un moment donné, dans cette évolution où l’on décide de faire la démarche du Reiki. Il faut observer les signes, être à l’écoute, ressentir... on dit aussi que le hasard est le nom que Dieu prend, pour rester incognito ! Il faudrait aussi que le prétendant à l’initiation du Reiki prenne d’abord un premier contact avec le futur initiateur, qu’il le questionne, éclaircisse ses propres doutes. Il n’y a malheureusement pas de charte recouvrant tous les enseignants. Le futur stagiaire devrait aussi vérifier si le stage a bien lieu sur deux jours entiers, avec quatre initiations bien distinctes, dans le premier degré, et un groupe de stagiaires n’excédant pas plus de dix à douze personnes maximum. Il faut demander au maître quel est son parcours personnel, qui l’a initié, de quelle école se réclame-t-il... Et faire confiance ! Si toutefois la personne n’était pas satisfaite, il est tout à fait possible de passer son Deuxième degré avec un autre initiateur. Pour cela, je l’encourage sincèrement, si cela lui est possible, à participer à l’un des premiers degrés organisés par ce nouveau maître, et se faire une idée avant de s’engager. Honnêtement, il est difficile de répondre à cette question. Il faut s’informer, parfois écouter les “on dit”, ou l’expérience des autres. Mais ne pas choisir n’importe quel initiateur sous prétexte qu’il est le plus prêt de son domicile, ou parce qu’il est le “plus”, ou le “moins” cher, ou encore parce qu’il a une publicité ronflante. Il y a aussi le maître que l’on mérite ou que l’on attire à soi ! Priez pour attirer à vous le “maître juste”. Si les élèves ont le maître qu’ils méritent, celui-ci a aussi les élèves qu’il mérite !
 
D’autres points de réflexion ?
Sans vouloir rentrer dans un débat, je rappellerais que, traditionnellement, les initiations du premier degré devraient se donner sur deux jours entiers, avec un intervalle d’une demi-journée entre elles. On ne doit pas coupler deux initiations à la suite, même si cela va plus vite. Dans le même ordre d’idées, nous devons attendre au minimum trois à quatre mois entre le premier et le deuxième degré, même si la personne semble prête. Cela lui donnera le temps de vivre certaines expériences et d’évoluer dans sa pratique (sans même parler d’un temps d’intégration nécessaire de l’Énergie, à travers son système énergétique). Concernant la maîtrise, il faut savoir que ce n’est pas le degré de “maître” qui fait le “Maître”. Le prétendant doit avoir accompli un parcours spirituel authentique, ou au moins être engagé sérieusement dans un travail sur lui-même, comme une psychothérapie. Quelle image véhiculera tel maître enseignant, formé trop vite, et encore impliqué dans ses schémas émotionnels, limitatifs, ou intéressé par le seul profit du gain, au détriment de l’enseignement véritable ? Nous pouvons transmettre une initiation, mais nous ne pouvons pas montrer comment instruire. Cela, la personne doit l’apprendre par elle-même, ou encore avoir le “karma” de l’enseignement, ou le “don du verbe”. La personne doit aussi posséder une bonne expérience des soins et une certaine philosophie de la guérison. Un initiateur a une responsabilité bien plus grande qu’il ne croit. Je préfère rester le plus proche possible, non seulement de ce qui m’a été transmis, mais aussi de ce que les maîtres du passé jusqu’à Madame Takata, ont apporté et partagé. C’est véritablement cela le “Usui Shiki Ryoho”. Sachons rester humble et fidèle à leurs enseignements ! Il me semble que le plus important, pour un maître Reiki, n’est pas d’enseigner simplement la “technique du Reiki”, mais “l’esprit du Reiki”. Il est important, par exemple, ne pas enfermer le Reiki dans des concepts ou des croyances parfois limitatives. Il est proposé de temps en temps une vision limitée et restrictive des soins, peut-être par peur : “ne pas faire ceci”, “ne jamais faire comme cela”, etc. Or, le Reiki représente justement cette Énergie Universelle sans limites qui s’adapte continuellement, sans faire d’erreur, selon ce qui est approprié à chacun. Quelle garantie ! Il n’y a pas non plus une manière unique d’imposer les mains ou de faire un soin à distance. Il ne faut pas se tromper d’objectif. Peut-être que la forme temporaire du Reiki est de nous mettre en résonance avec le REIKI originel, absolu et transcendant.
 
Le plus important pour un initiateur, c’est d’inspirer ses stagiaires, les aider à trouver un sens à ce qu’ils font et leur permettre d’atteindre l’état de conscience juste, quand ils posent les mains et pratiquent le Reiki.
 
Maintenant, par-delà tous les discours, toutes les polémiques, toutes les questions et, comme me le suggère ma compagne, le plus important dans le Reiki... c’est de PRATIQUER !
 
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:18
Interview II
Médecine Douce
 
Patrice Gros réalisa cette seconde interview pour le magazine Médecine Douce de mai 1999, publiée sous le titre Le Reiki, guérison et harmonie au bout des mains. À cette occasion, la journaliste Carine Anselme lui posa une série de questions dont certaines furent particulièrement pertinentes. Hélas, seulement un court extrait fut publié. Une autre courte partie de cette interview fut ensuite publiée dans le mensuel Santé Fitness de janvier 2003, sous le titre Le Reiki, l’harmonie au bout des mains. Voici donc reproduit ici l’intégralité de cet entretien.
 
Quelle est la définition générale du Reiki ?
Le Reiki désigne l’Énergie dans son aspect le plus pur. C’est l’énergie cosmique dans le sens étymologique du terme, c’est-à-dire l’énergie originelle, première, source de toutes les manifestations. Celle-ci est douée de sagesse, de conscience et d’un amour-compassion impersonnel, inconditionnel et universel. La source même de cette Énergie est sacrée, divine et va ainsi toucher le niveau le plus intime de l’Être, sa dimension de complétude. Le Reiki ne désigne pas uniquement le nom d’une méthode de soin particulier mais, en langue japonaise, un niveau de conscience et de réalité. Le mot Reiki est composé de deux idéogrammes associés. Rei définit notre essence spirituelle, notre étincelle d’éveil et Ki représente l’énergie originelle, le souffle de vie infinie. Il devient compréhensible que l’on ne puisse pas véritablement pratiquer un art de guérison si celui-ci n’est pas en résonance avec la dimension spirituelle et sacrée de la vie.
 
Quelle est maintenant votre définition personnelle du Reiki ?
Le Reiki est une voie d’éveil, un parcours initiatique, un chemin de transformation de l’être et de développement personnel, mais aussi de guérison globale et d’épanouissement spirituel. Le Reiki n’est pas une technique dans le sens où on l’entend habituellement : c’est à la fois un art véritable, une discipline spirituelle de guérison et un mode de vie. Ainsi que le défini son fondateur : Le Reiki est une méthode de libération du corps et de l’esprit !
 
Quelles sont les indications thérapeutiques de cette discipline ?
Le Reiki est une forme de thérapie à la fois physique, énergétique et spirituelle. Mais comprenons que nous ne nous substituons pas pour autant à la médecine officielle ni au travail du médecin. Les uns agissent uniquement sur le corps, alors que le Reiki agit davantage au niveau de l’énergie d’un individu. Ainsi, les possibilités d’actions sont multiples et complémentaires à la médecine dite classique. Plus que sur des problèmes “physiques”, le Reiki agit sur la totalité de l’être et prend en compte le plan émotionnel et celui de l’esprit. C’est une pratique que l’on considère comme “holistique”, dès lors qu’elle vise à harmoniser les différents niveaux d’une personne. Plus qu’une pathologie, j’aime rappeler que le Reiki soigne une personne, l’être en souffrance. Le symptôme n’étant que la manifestation d’un déséquilibre plus profond. Selon Mikao Usui, le fondateur du Reiki, toutes les maladies causées par des facteurs psychologiques ou physiques peuvent être traitées par cette thérapie, et celle-ci ne soigne pas seulement les maladies du corps, mais aussi les mauvaises habitudes, les désordres psychologiques comme le désespoir, la faiblesse de caractère, etc.
 
Quelles en sont les limites ?
En tant que praticien, j’ai le sentiment d’ “accompagner” une personne vers un mieux être ainsi qu’une plus grande liberté et autonomie. Le Reiki n’est pas une science “médicale”, mais une méthode de soin spirituel. Il n’est donc pas régit par les mêmes lois. Parfois, plus que “guérir” nos symptômes, nous devons trouver un sens à la souffrance. Bien qu’il soit difficile de connaître toutes les causes de nos difficultés, nous pouvons donner un sens à celles-ci. Nous pouvons interpréter la souffrance comme une source de croissance intérieure et personnelle, comme une possibilité de grandir, de développer notre conscience et d’accroître les germes d’amour-compassion contenus au fond de notre coeur. Je ne sais jamais à l’avance comment va agir le Reiki, ni quelle action il va produire, ni quelle réponse il aura à nous offrir. Et je ne considère jamais comme un échec si, dans un premier temps, la personne ne guérit pas “physiquement”. J’observe plutôt ce qui commence à bouger à l’intérieur d’elle. Je me rappellerais toujours ce que me disait mon enseignant, Don Alexander : À quoi bon guérir quelqu’un dans son corps, si celui-ci reste blessé dans son âme...
Pouvez-vous nous dresser un rapide panorama de la lignée historique ?
Mikao Usui est le fondateur du système originel qu’il nomma “Reiki”. Il forma environ 17 maîtres au Japon, capable d’enseigner et de transmettre à leur tour cette connaissance. Parmi eux, il y avait cinq nonnes bouddhistes et quatre officiers de la marine nationale japonaise : Jusaburo Ushida, Kanichi Taketomi, Toshihiro Eguchi et vraisemblablement Chujiro Hayashi, ce dernier nous étant le plus connu. J’ai relevé également Yoshiharu Watanabe, Keizo Ogawa et Toyoichi Wanami, parmi les élèves les plus proches d’Usui. Madame Takata est, quant à elle, plus représentative de la lignée “occidentale ” car c’est elle qui nous offrit le cadeau du Reiki. Elle fut l’une des élèves du Dr. Hayashi. Mais il existe bien d’autres lignées au Japon. Madame Kimiko Koyama, par exemple, a été l’une des dernières responsables de l’association japonaise fondée par Usui, l’Usui Reiki Ryoho Gakkaï. Elle vient de laisser sa place, à l’âge de 92 ans, à Masaki Kondo. Nous avons par contre très peu de contact avec cette association. Voilà pour la lignée historique !
 
L’imposition des mains a-t-elle toujours existé au sein des pratiques spirituelles ? Quel lien le Reiki entretient-il avec les autres religions ?
Dans l’enseignement ésotérique du Reiki, on nous apprend le lien très intime qui existe entre celui-ci et la tradition bouddhiste d’où il provient. Il y a sans doute des similitudes et des rapprochements à faire avec d’autres disciplines ou d’autres religions et traditions. Mais en même temps, l’approche du Reiki et les moyens qu’il utilise sont uniques. Dans sa grande compassion, Mikao Usui a simplifié un enseignement extrêmement profond et il a converti d’anciens mudras (gestes des mains) et symboles sanskrits qu’utilisait le bouddhisme ésotérique afin de les adapter au niveau de conscience de chacun. Bien que l’arrière-plan du Reiki soit bouddhiste, l’Énergie appelée reste universelle. Chacun peut donc, quelle que soit sa religion - ou son absence de croyance - s’y relier et en recevoir les nombreux bienfaits.
 
Pouvez-vous nous expliquer les raisons de l’engouement actuel pour le Reiki ?
Je ressens que l’extrême simplicité du Reiki séduit beaucoup de praticiens. Sa pratique ne nécessite aucune compétence ni qualification préalable, et ne repose sur aucune connaissance intellectuelle particulière. Elle est de ce fait accessible à tous. Mais c’est surtout la dimension profondément sacrée du Reiki, qui fait défaut dans beaucoup de nos approches thérapeutiques, qui représente l’aspect le plus important à mes yeux. Le Reiki véhicule une réelle “bénédiction” que notre société matérialiste n’a jamais été capable de nous offrir, malgré notre très haut niveau d’existence. Il semblerait qu’il y ait plusieurs formes de Reiki actuellement et certaines d’entre elles proposent de nouveaux symboles, de nouvelles initiations, de nouveaux degrés, etc.
 
Cela semble de plus en plus compliqué, assez commercial et bien loin de l’esprit d’origine ?
Il y a effectivement un enseignement originel à enseigner et à préserver. Celui-ci repose sur une transmission en trois degrés spécifiques. D’autres choses ont été rajoutées au Reiki, mais cette forme n’est pas représentative de l’enseignement originel d’Usui. Nous en avons maintenant la confirmation grâce aux découvertes récentes et aux liens que nous entretenons avec certains maîtres, élèves direct ou indirect d’Usui, au Japon. Ainsi, ces nouvelles transmissions, qui utilisent d’autres symboles et d’autres formes d’initiations, ne sont plus alignées dans leur courant énergétique et initiatique, avec le Reiki authentique d’Usui. De plus, ces nouveaux symboles, contrairement à ce que certains prétendent, n’ont aucune histoire, ou tradition ni arrière-plan philosophique, et il ne serait pas approprié de les utiliser dans le contexte du Reiki. On ne peut, ni ne doit, servir deux maîtres à la fois...
 
Quelle est la différence avec les techniques du magnétiseur/guérisseur ?
La différence repose essentiellement sur le fait que, pour pratiquer le Reiki, nous devons recevoir ce qu’on appelle une initiation (reiju), un baptême particulier, pour faire une analogie avec ce qui nous est connu. On comprend maintenant la dimension spirituelle du Reiki car le but ultime d’une initiation, tel que le comprend les traditions orientales, c’est de déposer des germes d’éveil et de libération spirituelle dans notre conscience, et de favoriser ainsi l’épanouissement de celle-ci. L’autre aspect non négligeable d’une telle initiation, c’est de faire de nous un instrument de l’Énergie divine, sans que nous agissions par nous-même. Il n’est nul besoin d’effort, ni de concentration, ni de support d'aucune sorte. Durant l'initiation, chacun est directement et pleinement accordé à cette Source de Vie Universelle. Pratiquer le Reiki relève du non-agir, dans le sens où l'ego et la volonté ne s’interposent pas. Contrairement au magnétisme, nous ne nous fatiguons pas, ni ne donnons notre propre énergie, ni ne prenons les maladies ou blocages des autres en retour. Au contraire, l'Énergie passe à travers nous et nous revitalise en même temps que nous pratiquons !
 
Pensez vous que le lien très fort avec le bouddhisme permet une compréhension efficace de la part des occidentaux ?
Cela dépend de notre conception du Reiki. Beaucoup enseignent et pratiquent la “technique” du Reiki. Celui-ci est utilisé uniquement comme une pratique de soin énergétique, dont l’aspect spirituel n’est pas représentatif et fait défaut dans la plupart des formations actuelles. Cette forme de Reiki est utilisée davantage pour soigner les symptômes ou la partie malade, et comme une technique de mieux être. Mais cela reste toujours du Reiki ! Pour ma part, bien que l’aspect technique soit forcément inclus, j’enseigne le Reiki comme nous permettant de rentrer en résonance avec la dimension de complétude et de guérison intrinsèque qui siège en chacun. Par exemple, mon expérience est très différente selon que j’utilise le Reiki pour traiter la partie malade, ou pour entrer en contact avec la partie divine de la personne traitée et la perfection originelle qui est en elle. Selon moi, la plus grande force de guérison est d’invoquer, pour la personne souffrant de maux physiques ou émotionnels, cette nature essentielle et ce potentiel infini de transformation, et d’y demeurer relié au plus profond de son être.
 
Estimez vous que la libération ou la guérison spirituelles est le passage obligé pour la guérison du corps physique ?
Je ressens qu’il faut travailler à ces deux niveaux. Il ne peut y avoir de réelle guérison, qu’elle soit physique ou non, sans libération spirituelle. Le bouddhisme enseigne que l’origine profonde de toutes les souffrances repose sur le fait de ne pas reconnaître sa véritable nature. Nous souffrons tous d’unmal aiguë, celui de l’ignorance et de ne pas savoir qui nous sommes. Concernant le mot maladie, on m’a proposé récemment la définition suivante : mal-a-dios, c’est-à-dire, être séparé-de-Dieu. La guérison, d’un point de vue absolu, c’est de revenir à notre état de santé originelle. Le Reiki, tout en apaisant les souffrances du corps, permet la guérison de l'âme, et pour ceux qui l’envisagent ainsi, un certain éveil de la conscience. Il ne faudrait pas opposer pour autant le Reiki et la médecine conventionnelle. Les deux approches peuvent très bien travailler de concert. Beaucoup de médecins le savent désormais.
 
Quel rapport le Reiki entretient-il avec la médecine occidentale ?
Comprenons que cette médecine n’est rien sans les hommes qui sont derrière elle. Certains sont très ouverts aux approches complémentaires, énergétiques et spirituelles. Il n’y a qu’à voir le nombre de médecins, thérapeutes, aides-soignants, infirmières, etc., que nous avons dans nos stages. Déjà, à l’époque de Mikao Usui, certains médecins s’interrogeaient ainsi : Il est très arrogant de dire que la médecine a fait d’incroyables progrès étant donné que la médecine moderne néglige l’équilibre spirituel. C’est son plus grand désavantage. Et un autre d’affirmer : C’est une impertinence de vouloir traiter un être humain, lequel possède une sagesse spirituelle, comme on le ferait pour un animal. Je crois que, dans le futur, nous pouvons compter sur une grande révolution dans le domaine de la thérapie. Le Reiki peut aussi être pris, c’est ce que j’encourage de plus en plus, comme une démarche d’évolution personnelle et spirituelle. Il n’est pas nécessaire pour cela de se transformer en thérapeute du jour au lendemain. Car s’il y a au moins en permanence une personne à soigner, sous la main (sans jeux de mots), c’est bien soi-même ! En se traitant tous les jours, nous pouvons ainsi participer à une guérison plus grande de sa vie, de sa société, de son monde et de celui de tous les êtres. Nous pouvons même offrir et dédier notre pratique pour le bonheur ultime de tous. Avec une telle motivation, la pratique du Reiki prendra tout son sens.
 
Préconisez vous d’autres médecines douces pour renforcer l’action du Reiki, ou celui-ci se suffit-il à lui-même ?
Cela dépend de notre choix personnel, et aussi de la gravité de la pathologie. Nous ne pouvons priver qui que ce soit de recevoir quelque chose qu’il estime juste pour lui, et qui lui fait du bien. Ayant eu le poignet plâtré, je m’autorisais, en plus du Reiki que je me donnais et que je recevais, de prendre un complément homéopathique pour renforcer la consolidation de l’os fracturé. Mais dans la plupart des cas, j’utilise toujours le Reiki en premier, et bien souvent, cela suffit.
 
 Comment envisagez-vous le développement du Reiki en Europe et en France ? Pensez-vous que l’on puisse arriver à faire entrer le Reiki dans les structures hospitalières ? Ou, au contraire, faut-il qu’il garde son coté un peu ésotérique et confidentiel pour rester efficace ?
Le développement du Reiki n’est plus à envisager en France : il a trouvé sa place et il est déjà très développé ! Par contre, je ressens qu’il mettra un peu plus de temps à s’intégrer dans le millier hospitalier. La Vieille Mère ne se sent pas encore prête ! Il y a encore quelques résistances au sein de l’institution médicale. Et puis, il y a cette peur liée au phénomène des sectes. Les médias manquent de discernement et mélangent parfois un peu les choses. Mais on y vient. Certains pays d’Europe, comme la Suisse et l’Allemagne par exemple, ont des caisses complémentaires qui remboursent les soins Reiki, parce qu’ils se rendent comptent que les personnes qui en reçoivent sont en bien meilleure santé (donc moins malades)! Il n’y a pas à garder le Reiki secret ou lui donner une coloration “ésotérique”, mais il ne faudrait pas tomber dans les travers du nouvel âge, comme c’est (hélas) le cas bien souvent. Il n’y a presque plus de critères éthiques quant à la formation d’instructeurs, et le niveau d’excellence risque de devenir médiocre très rapidement. Les personnes qui enseignent n’ont pas de nombreuses années au sein d’un enseignement reconnu comme authentique, ni n’ont-elles véritablement fait un travail sur elles-mêmes. Quant aux intentions, elles sont parfois peu louables. Le titre de “maître” séduit beaucoup de nos jours...
 
Pouvez-vous m'éclairer sur la notion d'échange patient/praticien mis en place dans le contexte du Reiki. Est-ce indispensable ? C'est-à-dire, est-il possible à un patient de guérir s'il en réfère, selon son schéma de croyance, à la toute puissance de celui qui pratique le Reiki, mais reste entièrement passif, tant au niveau propre qu'au niveau figuré ? Ou est-ce que le praticien a besoin du soutien actif du patient ?
Si je me place du point de vue de la psychologie occidentale, il est important que le receveur soit demandeur, conscient, et qu’il se prenne en charge dans son processus de guérison. Il n’y a pas de réel changement sans la volonté de changer et sans une démarche consciente dans ce sens, ni sans une prise en charge pour les soins reçus. D’un autre coté, selon la perspective du Reiki (qui est aussi celle du bouddhisme), on ne se pose pas la question de savoir ce qu’une personne va nous donner en échange, ni de son éventuel prise en charge, du moment qu’elle demande sincèrement le soin. Dans ce cas, la pratique du Reiki serait semblable à une prière, un don d’amour inconditionnel, une offrande ou une dédicace. Il s’agirait plus d’une “énergie de bénédiction de guérison”, terme que j’emprunte à Tulku Thondup, un lama tibétain que j’ai rencontré. Je ressens que demander quelque chose en échange d’un soin, c’est aussi un moyen habile pour permettre à la personne malade de se prendre en charge dans son processus de guérison. Il y a donc un juste milieu à trouver, surtout si vous avez un cabinet à payer et des charges sociales à acquitter. Et puis, tout travail mérite salaire, non ?
 
Dans ce même esprit, pour atteindre la guérison totale, un patient devra-t-il fatalement en arriver à passer les initiations du Reiki ?
Il ne faudrait pas voir cela en termes d’obligation, car c’est à la personne à considérer si elle estime cela comme étant juste, approprié et utile pour elle et son entourage. D’un autre coté, je ne peux bien sûr qu’encourager cette initiative.
 
Quelles sont vos principales mises en gardes et précautions à prendre vu le développement actuel du “marché” ?
Je pense, qu’actuellement, le grand public n’est pas vraiment au courant de toutes les subtilités de l’enseignement et des nombreuses déviations dont le Reiki a souffert. Lorsque je questionne les nouveaux maîtres, je leur demande quel “Reiki” ils enseignent. Ils me répondent quasiment tous : “le Reiki-Usui” ! Je me rends compte que beaucoup d’entre eux transmettent, parfois sans le savoir mais avec la meilleure des intentions, une forme non représentative du Reiki, et de ce qu’Usui a réellement transmis. Mon premier livre (L’art et la pratique spirituelle du Reiki), mais plus encore mon deuxième (Reiki, sagesse et compassion), donnent quelques éléments de réponses pertinentes à ce propos. Sachez que la tradition initiale propose trois degrés et quatre symboles. Il faut aussi se méfier des annonces publicitaires où l’on donne une formation à la maîtrise durant un week-end, ou un Reiki proposant des techniques complémentaires et un chapelet de nouveaux symboles. À propos des symboles, il semblerait que le Reiki ait lancé - malgré lui - une certaine mode !
 
 
Comment expliquez vous les rapports de force et les luttes de pouvoirs qui existent entre praticiens, dans un art qui relève de l’amour inconditionnel ?
Je ne voudrais froisser personne, mais je pense que cela tient au fait que beaucoup d’enseignants ne possèdent pas la réelle culture spirituelle des origines du Reiki. D’autres personnes ne veulent même pas en entendre parler, et se lancent dans une folle poursuite commerciale. N’est-il pas dit pas aussi que l’enfer est pavé de bonnes intentions ?! Nous avons une responsabilité (karmique) en tant qu’enseignants et transmetteurs d’un enseignement sacré comme le Reiki. Beaucoup, fort heureusement, s’efforcent de servir au mieux cette discipline, avec l’authenticité et le respect qu’il se doit.
Merci.
 
 
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:17
Interview III
Info Reiki
 
Cette troisième interview fut réalisée pour la revue Suisse Info Reiki à laquelle Patrice Gros collabora plusieurs années. Celle-ci fut publiée dans le numéro 7 de mai 1998 traitant du thème «maître et maîtrise».
 
Pourquoi avez-vous décidé de devenir un enseignant de Reiki et comment avez-vous vécu cette étape ? Racontez-nous l’histoire de votre initiation...
En fait, l’ai-je vraiment décidé ?! N’y a-t-il pas parfois quelque chose en nous ou dans l’Univers qui décide à notre place, au-delà de nos intentions et de notre ego relatif ? Il y a eu pour ma part tout un concours de circonstances qui a fait que je suis devenu enseignant en Reiki-Usui traditionnel. J’ai eu principalement deux formateurs : la première personne, Jane Cherrington, est un être que je considère comme une grande dame dans le monde du Reiki. Un exemple d'honnêteté, d’intégrité et de respect pour la forme traditionnelle du Reiki transmis en occident par Madame Takata. Elle était d’ailleurs membre et responsable de l’Alliance-Reiki pour la France. Elle nous a malheureusement quittés en juillet 1997. C’est d’elle que je reçus mes deux premiers degrés du Reiki, respectivement en mai et octobre 1988. J’ai rencontré par la suite Don Alexander, un enseignant d’envergure internationale, respecté et reconnu, et par Phyllis Furumoto et par la majorité des maîtres en Reiki à travers le monde, quelles que soient les obédiences. C’est un être à part, hors du commun, d’une très grande spiritualité et sincérité également. Il fut moine pendant dix ans en Thaïlande. Don est très versé dans la culture et la philosophie bouddhiste ainsi que dans les pratiques de méditations, qui constituent en fait l’arrière-fond spirituel du Reiki. Cela a donc trouvé tout naturellement une certaine résonance en moi quand je l’ai rencontré, puisque j’étais bouddhiste depuis de nombreuses années. J’ai par conséquent participé à la quasi-totalité des stages qu’il animait en France et ce fut pour moi comme une deuxième naissance dans le Reiki. Chacune de ses paroles, chacune des explications données et des initiations reçues devenaient une nouvelle source d’inspiration. Une fois, en présence d’amis, je me suis surpris à dire : Si un jour, je deviens maître en Reiki, ce sera avec Don et pas un autre, dusse ai-je attendre de nombreuses années pour cela (car à l’époque, je ne me sentais pas du tout prêt, ou croyais ne pas l’être). Par contre, je désirais vraiment poursuivre mon chemin spirituel et mon évolution dans la voie du Reiki, mais plus que la “maîtrise” en elle-même, ce qui me semblait réellement important, c’était de la recevoir de Don et de poursuivre le travail avec lui. Je ne pensais pas à l’époque en termes de donner l’enseignement du Reiki. Je voyais plutôt cela comme une progression dans une voie de guérison spirituelle, et dans ma vie tout court. Puis, un concours de circonstances a fait que Don allait revenir une nouvelle fois en France pour animer des stages de Reiki et former également un tout petit groupe de personnes au niveau de la maîtrise. Une amie commune lui avait dit aussi que je tenais absolument faire celle-ci avec lui, et en entendant cela, il n’en a pas été du tout surpris. Il a même rajouté : “Ah vraiment ? C’est bien !”. Je sais par ailleurs qu’il m’appréciait beaucoup. Lorsque j’avais dit effectivement “qu’un jour” je voudrais être maître de Reiki, je ne pensais pas que cela allait être si rapide dans le temps, car je n’en avais ni les moyens financiers et encore moins la possibilité de me rendre aux États-Unis, comme cela aurait dû être le cas au départ. Mais puisque cela se passait en France et, qui plus est, tout près de chez moi, avec le fait d’être accepté par quelqu’un envers qui je n’avais pas encore officialisé la demande, alors je lui ai écrit une requête en bonne et de la forme ! Il a longuement tardé à me répondre et il a aussi beaucoup médité avant de le faire afin d’être vraiment sûr, pour me dire finalement que je devais patienter encore un peu ! C’était l’épreuve finale du lâcher prise. Il n’avait pas dit que je n’étais pas prêt, il n’avait pas dit non plus qu’il ne l’était pas, il avait juste signifié que les “circonstances” n’étaient pas complètement appropriées et qu’il fallait attendre un peu que les harmonieuses interdépendances se mettent en place ! Ce qui fut finalement le cas un mois plus tard. C’est ainsi que je fus initié (je pourrais dire, à travers l’expérience qui fut la mienne, intronisé, car j’ai vécu cette initiation comme un véritable baptême et un profond sacrement) à la maîtrise du Reiki, un mercredi du mois de novembre 1990. Ce fut une semaine particulièrement intense, inoubliable, telle que je vivais mes propres retraites de méditation bouddhiste Tibétaine. Nous avons reçu un enseignement extrêmement approfondi sur chacun des quatre symboles traditionnels d’Usui et nous avons pratiqué également de nombreuses méditations en relation avec eux. Nous avons bien sûr appris toutes les procédures d’initiations des premiers, deuxième et troisième degrés (degré de maître) du Reiki, et aussi pratiqué de nombreux exercices. Nous nous sommes mutuellement initiés, à tous les degrés, et dés la fin de cette semaine, Don nous a aussi demandé de l’assister dans un stage de second degré et d’initier avec lui. Quel honneur ! Ce fut un apprentissage riche d’expériences, de bénédictions et j’éprouve un profond respect pour Don que je continue de rencontrer au moins une à deux fois par an. Je dois cependant compléter ceci en affirmant que mes treize années de pratiques bouddhistes m’avaient considérablement aidé dans l’accession à ce niveau de maîtrise, car je ne peux absolument pas dissocier le Reiki de ses origines ni de ses objectifs spirituels. Le Reiki est une expérience sacrée et c’est ce que j’ai profondément ressenti dans chacune de mes rencontres avec Don et dans ce que je suis amené à partager maintenant avec de nombreuses personnes.
 
Comment concevez-vous la maîtrise de Reiki ? À quoi sert-elle et à qui sert-elle ? À quoi s’engage-t-on lorsqu’on reçoit l’initiation de maître ? Quelles sont les relations entre le maître et les élèves ?
Un initiateur en Reiki est un être perfectible, au même titre qu’un autre être humain. Il n’est ni mieux, ni moins bien qu’un autre individu. Il est en chemin comme tout le monde et il n’est pas un saint ni un être réalisé. Le maître Reiki est une personne qui doit avoir, je le lui souhaite, la maîtrise de son art et de ce qu’il enseigne, et une certaine expérience de la pratique. Mais surtout, il doit savoir rester un éternel étudiant, et posséder l’esprit du débutant. Plus j’enseigne, plus je me rends compte de la responsabilité que nous avons en tant qu’enseignants. En tant qu’enseignant de Reiki je ne me sens pas pour autant un être d’exception. Je suis une personne qui, avec joie et respect, partage simplement avec d’autres mon expérience et ma passion pour cette Énergie sacrée de guérison. Je ne suis pas pour autant délivré de mes émotions, ni éveillé spirituellement le moins du monde. Au contraire, je suis constamment en travail sur moi-même, grâce au Reiki bien sûr, mais aussi grâce à la méditation et par le biais d’une psychothérapie. Si l’on veut vraiment être clair avec les autres, encore faut-il commencer par être clair avec soi-même et entreprendre des démarches dans ce sens. Peu, actuellement, sont soucieux de l’enseignement véritable, originel et traditionnel du Reiki, ni n’en respectent les principes éthiques et spirituels. De plus, l’admission à un tel degré nécessite un certain temps de pratiques et d’expériences du Reiki, c’est pourquoi la personne doit posséder une bonne expérience des soins (sur soi-même déjà, et sur autrui) ainsi qu’une certaine philosophie de la guérison. Pour être tout fait juste et en accord, elle doit aussi être engagée sérieusement dans une tradition spirituelle authentique (pratiquant par exemple l’assise silencieuse méditative), ainsi que dans un travail personnel effectué lors d’une démarche psychothérapeutique ou analytique. Enfin, dernier point, un suivi assez long me semble important et indispensable avec son initiateur. Nous sommes donc bien loin de certaines annonces publicitaires que l’on voit fleurir, ici ou là, ou d’une formation à la maîtrise durant une fin de semaine ! Le maître de cette discipline de guérison est donc une personne qui, d’un certain coté, a dévoué sa vie au Reiki. Il s’engage ainsi à servir à travers le Reiki. Il se fait même un honneur de partager ses connaissances avec respect, et il doit posséder également une saine motivation, principalement s’il en fait son activité principale. Il doit savoir rester à l’écoute de chacun, surtout des personnes qu’il a enseignées, et ne causer du tort à qui que ce soit. L’Alliance-Reiki, et d’autres groupements dans le monde, ont adopté des chartes précises en relation avec les quelques critères évoqués ci-dessus. Le lien créé par l’initiation est selon moi profondément sacré : c’est une connexion à vie qui s’établit. C’est la raison pour laquelle l’initiateur se doit de rester disponible envers tous, tout en sachant préserver sa vie privée, affective et familiale, afin d’éviter les débordements. L’initiateur est aussi une personne qui rend chacun autonome et responsable, et il ne doit pas créer, consciemment ou inconsciemment, de liens de dépendance envers lui, ni se prendre pour un “guru”. Le sens de l’humour est ici très important !
 
Quelle est votre plus belle expérience en tant qu’enseignant de Reiki ?
Ma plus belle expérience, c’est cet échange et ce partage du sacré que je ressens quasiment à chaque fois, dans l’animation de mes stages. Il se manifeste certains moments de silence et de présence d’une réelle intensité, une pure méditation spontanée. Sinon, bien sûr, c’est toujours impressionnant, lorsqu’au cours d’un stage, un participant en finit définitivement avec une souffrance, soit physique, soit d’ordre émotionnel. Mais ce n’est pas en fait l’aspect le plus profond, quoique le plus spectaculaire. J’aime observer les changements, les transformations profondes, dans le cœur de chacun et l’impact spirituel qu’apporte le Reiki. Beaucoup d’aspects de sa vie se trouveront modifiées suites aux initiations du Reiki. Mon plus beau miracle, ce sont aussi ceux que mes propres stagiaires accomplissent par la suite ! C’est réellement difficile de partager ici une expérience, sans sombrer dans le “sensationnel”. Le plus fort se réalise surtout dans la simplicité : par exemple, l’aspect émouvant d’accompagner, par un travail d’impositions de main, une personne vers un mieux être, ou un échange de regard avant ou juste après une initiation, ou encore un moment d’enseignement particulièrement intense où vous n’avez plus vraiment l’impression que c’est “vous” qui parliez... C’est surtout l’ambiance d’un stage qui est en soit le plus significatif. Chaque degré apporte aussi sa part d’émerveillement.
 
La maîtrise est-elle une autre façon pour toi de pratiquer le Reiki ? Le pratiques-tu encore pour toi-même?
Incontestablement, la maîtrise est pour moi une autre façon de pratiquer le Reiki. L’enseignement est vraiment devenu ma pratique principale ! Celle entre autres de partager avec bonheur ma passion du Reiki et d’apprendre à chacun à se prendre en charge lui-même, à se prendre en “main”, à l’aide d’une pratique spirituelle de guérison. Par contre, cela n’a jamais interrompu la pratique envers moi-même. En enseignant les autres, j’ai souvent l’impression de m’enseigner aussi moi-même, et je sais au fond de moi que je resterai éternellement un “étudiant” au service du Reiki. Je suis amené à pratiquer sur d’autres individus également, sans parler des soins que je reçois de tierces personnes, ou encore des groupes d’échanges auquel je participe. En effet, on ne peut réellement enseigner et transmettre un art vivant comme le Reiki sans l’intégrer pleinement à sa vie quotidienne. Le Reiki ne nous coupe pas du monde. Bien au contraire, le Reiki nous intègre avec compassion dans celui-ci. Concernant ma pratique plus personnelle, je ne me relie pas au Reiki seulement par l’imposition des mains, mais parfois je médite les différents symboles, je les contemple en esprit, les calligraphie ou les invoque avec le coeur... Je répète les mantras aussi, et il y a en fait tant de manières de (bien) faire !
 
Encore quelques mots ?
Quand Don me transmit le degré de maîtrise, qui fit de moi un enseignant, il me rappela que le seul but du Reiki était de promouvoir l’illumination, le bonheur et la paix des êtres, et que chaque initiation favorisait l’épanouissement spirituel de chacun. Il n’y a pas d’autre objectif au Reiki que celui-ci. Les initiations du Reiki, disait-il, ouvrent la voie à l’illumination. Je rajoute qu’à leur tour, mes stagiaires seront capables de transmettre la même énergie d’éveil par leur toucher de lumière. C’est pourquoi j’insiste en disant que le Reiki est davantage un chemin de vie et d’ouverture de la conscience, qu’une simple technique ordinaire de soin. Le Reiki est en réalité un grand cadeau qui permet à chaque être humain de rentrer en contact avec sa nature de paix. C’est ainsi que le Reiki peut tenir une place de plus en plus importante dans notre monde actuel, en recherche de nouvelles valeurs comme celle de la libération spirituelle. L’aspect profondément sacré du Reiki, ainsi que ses origines traditionnelles, lui confèrent sa justesse et sa crédibilité. De plus, on réalise l’importance d’une dimension spirituelle véritable dans un processus complet de guérison, puisque les causes siègent originellement dans la nature même de notre conscience. D’où l’intérêt d’une pratique qui induit à la fois une transformation et une purification au niveau du corps, de l’énergie subtile, des émotions et de l’esprit. Le but d’une pratique de guérison comme le Reiki est d’apporter un remède à nos maladies et surtout, à ses causes premières qui siègent toutes dans l’âme. Le Reiki inclut donc, dans son approche, un travail sur le corps, sur la force vitale ainsi que sur l’esprit, en intégrant une dimension spirituelle du soin, notamment par l’usage de symboles et de mantras sacrés de guérison. La totalité de l'être est ainsi traitée et harmonisée. C’est l’initiation encore une fois, véritable ondée de grâce, qui confère ce pouvoir et cette bénédiction particulière, indispensable à une transformation authentique de l’être. Merci à vous de m’avoir donner cette nouvelle occasion de parler du Reiki.
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:16
Interview IV
Un article de 1928, paru dans un magazine japonais
 
Voici maintenant une interview tout à fait originale parue dans un magazine en 1928 : Un article de 1928 sur le Reiki par Shouoh Matsui.
 
Journal japonais "Sunday Mainichi". Article : “Un traitement naturel pour soigner les maladies, l'imposition des mains”, in magazine “Sunday Mainichi” du 4 Mars 1928, “Rubrique des Lecteurs”, par Shouoh Matsui, étudiant de Reiki de Chujiro Hayashi.
 
Question d'un lecteur : "J'aimerais avoir des informations sur la méthode de soin qui a été évoquée dans le journal du 30 Janvier 1928, dans un article de présentation du livre de Shouoh Matsui (Korea, Takijiro Inaoka)".
 
Réponse de S. Matsui : "Je parlerai de cette forme de guérison avec plaisir, puisque c'est la demande du lecteur. La méthode de soin par imposition des mains est nommée "Reiki Ryoho" et des personnes un peu spéciales peuvent la pratiquer seulement. Mikao Usui l'a découverte, ne devrais-je pas dire créée, avant sa mort il y a trois ans à peine. Depuis, les étudiants de Mikao Usui ont une véritable clinique où ils enseignent le Reiki Ryoho et donnent des soins. Cette méthode de soin est assez extraordinaire puisqu'elle envisage de soigner toutes les maladies, cependant, elle est encore assez méconnue du grand public. La raison en est que Mikao Usui n'a pas souhaité en faire la promotion et que ses étudiants ont hésité à la rendre publique depuis lors. Pour ma part, je trouve cela assez incompréhensible. Le Christianisme n'a pas hésité à faire usage de prévaricateurs zélés pour se diffuser, et le Bouddhisme a fait de même. Le terme propagande était d'ailleurs utilisé à l'origine pour désigner le fait de rendre publique la vérité. Si la vérité est capable de libérer l'homme, cela devrait être un devoir de la propager. Quant à moi, je transmets toujours le Reiki Ryoho avec joie et je n'hésite pas à en donner des explications lorsque cela m'est demandé. À ce titre, j'ai écrit des articles dans les journaux mais je me suis trouvé en but avec d'autres étudiants de Reiki qui me considèrent comme un hérétique. Je persiste toutefois à considérer qu'il est vraiment dommage de renoncer à faire la promotion de cette merveilleuse méthode de guérison. C'est vraiment regrettable pour la société et la morale publique, et je continuerai donc à en parler avec plaisir - particulièrement en ce moment puisqu'un lecteur d'un grand journal comme le Mainichi m'interroge. Comment pourrais-je m'abstenir et dire : "Non, non, notre médecine n'aime pas la publicité !" ? Cela donnerait de plus l'impression aux lecteurs et aux journalistes que le Reiki est une mystification, que les praticiens n'en parlent pas en public parce que le Reiki ne peut pas soigner les maladies. Aussi, je parle du Reiki pour rendre témoignage au Reiki lui-même. Tout simplement en livrant la vérité telle qu'elle est. C'est pour cela que j'écris dans les journaux en ce moment et que mon témoignage n'a rien à voir avec celui des autres praticiens. Cet article est donc le fruit de mes propres cogitations, étant incapable de garder le silence. À vrai dire, je ne vois pas comment je pourrais créer une mystification (une secte), après tout ce que j'ai expérimenté dans le Reiki Ryoho. Si en parlant du Reiki, j'aide à sa diffusion, je pense que le Japon pourrait être véritablement une Terre Pure (un paradis idéal). Pas seulement le Japon, mais tous les pays du monde peuvent devenir des lieux de bonheur exempts de maladies. Oh oui ! Je veux vraiment que le Reiki soit diffusé. Le Reiki Ryoho a été fondé, il y a quelques décennies, et le nombre de cliniques de Reiki est encore faible. J'ai appris la technique avec Chujiro Hayashi, un commandant de marine tout à fait sérieux, avec tant de chaleur humaine qu'on l'aurait dit destiné de naissance à oeuvrer pour le Reiki. Il donne des traitements de Reiki le matin, principalement, et enseigne cinq jours par mois. Il est vrai que de nombreuses pratiques font référence, comme le Reiki, au Cosmos ("Rei"). Bien des personnes voient dans notre Reiki une influence cosmique, comme celle qui permet une conception holistique de l'être (en rapport avec le Tout), mais malgré cela, les praticiens de Reiki ne tiennent pas à faire de prosélytisme. Cela n'aidera pas sa diffusion. J'ai pour ma part recherché et fait l'expérience de nombreuses formes de traitements mais je pense que le Reiki est de loin le meilleur. Le Reiki est des plus singuliers et des plus efficaces, il peut vraiment guérir toutes sortes de maladies. Certains demandent : "Est-ce que le Reiki est actif sur les maladies mentales ?". Le Reiki va bien au-delà puisque toutes les maladies internes, les traumatismes, les brûlures, etc., peuvent êtres traités à volonté. Le Reiki est une technique spirituelle, comme le caractère "Rei" l'indique, mais pour moi, c'est une pratique médicale que j'ai testée sur plus d'une centaine de personnes. Certains pensent que le Reiki équivaut aux miracles du Christ. Toutefois, je ne suis pas personnellement quelqu'un d'important comme le Christ, ni un "fils de dieu" au sens grec du terme. Certaines personnes sont capables de prendre en compte l'aspect spirituel ou divin d'autrui et interprètent chaque événement social dans son acception eschatologique, comme un signe des temps. D'autres ne voient que l'aspect matériel et pratique de la vie. J'appartiens au second groupe. Je suis une personne du commun, vivant selon la norme de son époque ; aussi, je n'ai pas la possibilité d'envisager l'aspect spirituel de la maladie pour soigner autrui. Du moins, ma technique de soin ne fait exception aux lois naturelles. Je considère le Reiki comme un moyen de traitement normal et naturel des malades, du domaine simplement physiologique. Mais, tout cela étant de la théorie, alors laissez-moi vous donner quelques exemples. Récemment, un professeur du lycée de la ville d'Urawa adressa sa fille de quatre ans à ma clinique de soins Reiki. Une personne, qui lui avait parlé de ma façon de soigner, me le présenta. La fillette avait un œil aveugle et l'autre allait bientôt perdre toute acuité visuelle. Le père s'était adressé à de nombreux médecins, en pure perte. Lorsque j'ai "scanné" l'enfant (une technique d'intrapsychie enseignée par Mikao Usui - byosen reikan ho ou “méthode de lecture des sensations” permettant de localiser les blocages énergétiques), j'ai remarqué que les troubles ne se localisaient pas seulement dans l'œil mais dans d'autres parties du corps. J'ai senti que l'estomac, le nez et les genoux étaient affectés mais que les symptômes de la maladie n'apparaissaient que dans les yeux et avec force. J'ai essayé le Ryoho en cinq ou six séances, au terme desquelles la patiente recouvrit la vue. Le père, qui aurait donné ses propres yeux pour aider sa fille, apprend désormais le ReiKi pour prendre soin lui-même de son enfant. L'exemple suivant eut lieu en décembre. Un médecin prétendait alors que Monsieur O., un célèbre peintre, allait mourir dans les trois heures. Deux heures s'étaient déjà écoulées lorsque je reçus un coup de téléphone de sa fille, vers minuit. Avec une heure devant nous, ma femme et moi accourûmes dans la périphérie de la ville de Komazawa. Le trajet nous prit plus d'une heure et nous arrivâmes enfin alors que trois heures et demie s'étaient écoulées depuis le diagnostic du médecin. La famille du peintre nous attendait et nous avertit que le patient était inconscient depuis une bonne heure avant notre arrivée. Nous essayâmes de traiter son coeur en posant nos mains dessus. Nous envoyâmes du Reiki pendant six heures, ne prenant même pas le temps de boire une goutte de thé. Monsieur O. avait eu une attaque cardiaque du fait d'une anomalie des valvules du coeur. Toutefois, après nos six heures de soin, le médecin annonça que le patient avait recouvert un rythme cardiaque normal. La nuit suivante, sa température tomba. Au début du soin, son coeur battait à 120 pulsations minute, puis il déclina lentement après quelques heures. Le rythme cardiaque se stabilisa ensuite à 80 pulsations par minutes. Ce n'était pas difficile. Un autre exemple : quand Monsieur Ino, appelé aussi le "dieu de Onda" (une ville du Japon), mourut, quatre médecins célèbres vinrent à son chevet. Ils pronostiquèrent quatre fois sa mort, à tel point que sa famille procéda à l'humidification traditionnelle des lèvres (un rite d'extrême-onction japonais). Nous promirent à ses parents de le ramener à la vie, ce qui survint et forcèrent les médecins à quitter le domicile du présumé mort. J'ai fait plusieurs fois l'expérience de ce type de miracles. Toutefois, rien ne déroge ici à l'ordre naturel, nous donnons un traitement physiologique au patient. Il n'y a rien de miraculeux ! Je vais maintenant vous expliquer comment je procède à la guérison. Je pose mes mains sur la partie névrotique du corps. Je ne fais ni accupression, ni palpation non plus. Je pense que c'est là la partie la plus intéressante de la technique. Je scanne l'intégralité du corps du patient, je sens la source de la maladie, je donne le soin sur la partie malade et l'effet de guérison se produit avec force et rapidité. La façon dont je ressens la source de la maladie est une sensation de souffrance ou de blocage à l'extrémité de mes doigts lorsque je suis sur le point critique dont il est issu. La sensation de souffrance dépend de la maladie, mais je ne suis pas certain du lien entre l'intensité de ma sensation et celle de la gravité du symptôme. Mes mains ne transmettent pas la sensation de souffrance forcément aux endroits indiqués par le patient, mais toujours à la racine organique de la maladie. C'est de cette façon que je peux trouver le point précis pour le traitement. Dans la plupart des cas, les médecins commencent l'entretien avec leur patient en leur demandant où ils ont mal ou ce qu'ils ont fait pour être dans leur état. Ensuite, ils mettent un mot savant sur l'indication du patient. Ce n'est pas mon cas. Les gens peuvent avoir des soupçons sur ma façon de soigner. Peu importe car un grand changement se produit toujours sur les endroits traités dans un intervalle de 30 minutes à deux heures. Par exemple, j'ai soigné un homme qui avait une grave maladie de coeur. Son pouls était de 85 et il se plaignait de douleurs organiques. Son médecin avait diagnostiqué un trouble cardiaque. Lorsque j'ai posé mes mains sur le coeur du patient, je n'ai senti aucune douleur dans mes paumes. J'ai déplacé mes mains vers l'estomac, les intestins, la zone des genoux... et c'est alors que j'ai senti une douleur dans mes paumes de mains. J'ai dû faire un effort considérable pour soigner ces organes avec le ReiKi. Après un moment, tout trouble cardiaque avait disparu. Ce cas est celui de Monsieur Takeo Kawai, acteur dans une troupe de théâtre à l'occidental. Une question est restée en suspens : Pourquoi le trouble cardiaque a-t-il pu être soigné ? Pourquoi les mains du soigneur enregistrent-elles de la souffrance ? Voilà de graves interrogations. Il est vraiment mystérieux qu'un trouble diagnostiqué par un médecin puisse être soulagé par une simple imposition des mains sur le corps. Ce phénomène ne peut être expliqué rationnellement pour le moment et on l'imputera à un effet spirituel. À mon avis, c'est comme si le sang qui circule dans mes mains avait été activé d'une certaine façon depuis que j'ai reçu l'enseignement du commandant Hayashi. Je ne peux détailler la méthode et l'enseignement d'Hayashi, mais il est vrai que ce sont eux qui m'ont transmis le pouvoir de guérir, un pouvoir très puissant, intelligent et une merveilleuse façon de travailler avec les nerfs périphériques de mes mains. Quoi qu'il en soit, quand mes mains sont en état où le sang semble comme activé d'une façon spéciale et que je les pose sur un patient, je sens comme une vibration qui se communique de moi à lui. C'est comme si deux diapasons s'unissent pour vibrer sur la même longueur d'onde. Je pense que c'est ainsi que la maladie disparaît. Il y a quelque chose de similaire dans les techniques de vases communiquant comme la transfusion sanguine ou la pose d'un cathéter. Bien que cette hypothèse permette d'envisager allégoriquement le modus du phénomène de guérison, il est vrai que l'on peut vraiment se demander comment une transmission peut avoir lieu à travers la peau même du patient et du soigneur. Peut-être bien que la barrière de la peau n'est pas un problème pour soigner, surtout au regard des méthodes de transplantation. Il est courant que l'on recrée le nez d'un patient atteint de syphilis en prélevant la peau d'autres parties du corps comme les genoux. La peau coupée meurt normalement en moins d'une heure, mais lorsqu'elle est posée sur le nez, elle reprend place naturellement, le sang l'irrigue de nouveau et les nerfs se reconnectent. Lorsque je parle de ma façon d'expliquer le Reiki, les gens qui se croient intelligents disent : "On peut l’appeler du magnétisme ou de l'électricité animale". Pourtant, la science actuelle est loin d'avoir donné une explication totale au phénomène électrique. Il y a certaines découvertes comme celle d'Edison, mais elles sont loin de tout expliquer. Pour le moment, ce qu'est le Reiki ne peut être défini par la science et expliqué rationnellement. Pour ma part, je penche pour un effet de l'élément éther de la cosmologie bouddhiste, mais cet élément transcendantal n'est pas étudié par les scientifiques. Les gens me prendront certainement pour quelqu'un d'archaïque ; toutefois, je pense que l'effet du Reiki est dû à quelque chose de similaire. Je donne cette explication à mes patients. Je ne peux me justifier avec plus de clarté ou avec plus de précision. Je ne suis pas savant en mathématique mais devrais-je étudier les équations et le calcul intégral pour donner une explication au Reiki avant de pouvoir en profiter ? Quoi qu'il en soit, je suis tout à fait satisfait par les effets pratiques du Reiki. Au début, je me suis moi aussi moqué de cette forme de médecine. Un jour, j'ai dit à un ami : "Je ne me sens pas bien et je crois que je devrais aller jouer au golf. Qu'en penses-tu ?". Mon ami m'a dit : "Il y a mieux à faire que de pratiquer le golf" et il m'a parlé du Reiki. Son père était président de la banque du Japon, il était un homme d'affaire avisé et avait étudié au Royaume-Uni. Le fait qu'une personne aussi importante me parle du Reiki suscita tout mon intérêt. Alors, ma femme, mon fils et moi-même commençâmes à étudier le Ryoho, sans grande conviction, je l'avoue. Peu après le début de mon apprentissage, alors que je partais en voyage pour rencontrer Messieurs Saijo et Miyajima, un homme souffrant d'une arête de poisson coincée dans la gorge croisa mon chemin. J'essayai sans grande conviction un traitement de Reiki et cela réussit. Je connaissais alors l'essentiel de cette méthode, ce qui écarta toute moquerie. Je devins un élève d'Hayashi grâce à une de mes connaissances. J'ai payé alors une somme considérable pour apprendre le Reiki. Il y a divers degrés comme le Sho-den, le niveau élémentaire (1er degré), et l'Oku-den, le niveau supérieur (2éme degré), mais je n'en suis pas encore capable d'atteindre l'Oku-den. Je ne sais pas grand-chose à ce propos, mais je crois qu'il y a bien des niveaux de Reiki encore après cela. Les personnes qui pratiquent le Reiki sont si humbles qu'ils ne font aucune propagande pour cette méthode, pourtant si bonne. C'est curieux que de telles personnes établissent des grades et touchent de l'argent en retour, mais c'est leur droit et tout le monde devrait l'admettre sans peine. C'est pour cette raison que je ne peux pas tout vous dire et exposer en détail la pratique de soin. J'en suis tout à fait désolé, mais je ne souhaite pas bouleverser la vie des humbles personnes qui transmettent le Reiki. Toutefois, je peux encore vous dire quelques mots sur le Reiki. Quand vous commencez à étudier, vous devez pratiquer environ une heure et trente minutes par jour, et ce pendant cinq jours. Certains peuvent soigner autrui dés le premier jour de cours. Le traitement est facile à apprendre. Un certain état de conscience, qui est caché en chacun comme un sens interne, complément des cinq sens externes, s'active et la capacité à soigner se produit. Les enseignants donnent leurs cours de façon très accessible et décontractée. Cette capacité à soigner est commune à tous les êtres et ils peuvent tous l'utiliser pour le bien d'autrui. Aucune autre méthode n'est aussi facile que le soin de Reiki. Je pense qu'il est vraiment possible de rendre cette méthode accessible, non pas seulement à des petits groupes comme c'est le cas actuellement, mais à un public plus large. Toutefois, je suis un peu limité par les usages dont j'ai fait état plus haut. Je peux seulement parler du Reiki pour que le moins possible de gens soient dans l'ignorance de son existence. Laissez-moi encore raconter une dernière histoire avant de conclure. J'ai visité, dans le courant du mois, une veuve mourante résidant dans le district de Fukushima. Elle est la maîtresse de maison d'une riche famille pour laquelle j'ai travaillé dans ma jeunesse. L'été dernier, je lui avais également rendu visite et à cette occasion, j'avais prodigué des soins de Reiki à la maisonnée. Elle avait été si heureuse que ses maux de tête soient soulagés qu'elle m'avait fait promettre de revenir pour lui administrer un traitement. J'étais alors assez occupé à Tokyo ; pourtant, je lui étais redevable d'un gage de gratitude. J'organisais donc une visite de six jours lors de laquelle je lui ai donné sept à huit heures de soin journalier. Petit à petit, le spectre de la mort s'éloigna d'elle et elle se rétablit. Durant cette visite, je fis la connaissance d'un autre patient pour lequel j'imposai les mains. Il souffrait depuis quarante ans d'une inflammation de la peau (psoriasis ?). Ses paumes étaient épaisses, solides et craquelées comme celles d'un travailleur de force. C'était l'été et elles étaient couvertes de sueur. Cette affection était courante dans le coin, la nièce de mon hôte en souffrait également. Le maître de maison m'avisa que l'état clinique de la nièce avait été diagnostiqué à l'hôpital de Fukushima mais qu'aucun traitement ne lui avait été administré avec succès. J'ai pensé que je ne pourrais rien faire de plus avec le Reiki, j'ai tout de même essayé sans espoir pendant dix minutes. À la suite, ses paumes devinrent douces et humides. Nous sommes maintenant en février, à la moitié de la période hivernale, et pourtant les mains de ma patiente sont toujours dans le même état de douceur et de netteté. J'ai été très surpris ainsi que les gens autour de moi (ces deux cas ont été photographiés par un journal de Fukushima). Je me souviens aussi d'un autre cas de mains en souffrance. C'était à la fin de l'an passé, un architecte souffrait de raideurs dans les doigts, des doigts si nécessaires à la conclusion d'un travail difficile qui l'avait occupé toute l'année. Il ne pouvait tracer ni dessins, ni lettres. S'il essayait tout de même, le pinceau lui échappait au bout de deux lignes. Il bénéficia des soins d'un médecin pendant trois mois, mais rien n'y fit. Il se décida à me consulter à tout hasard. Je n'étais pas sûr de pouvoir le soigner, mais j'ai essayé pendant dix minutes en enveloppant ses deux doigts raides de mes mains, deux longs doigt d'architecte. Je tenais ainsi dans mes mains une vie bien noire. Après dix minutes de soins, les doigts du patient devinrent mobiles. Il reprit son activité et, après trois séances de soins, ses doigts avaient recouvré leur habilité d'antan. Je peux vous narrer encore bien des histoires de Reiki, mais les gens suspicieux ne me croiraient pas. C'est assez naturel de ne pas croire ce dont on n'a pas fait soi-même l'expérience. Si vous avez une maladie, je peux la soigner devant vous. Mais ce n'est pas intéressant de faire de la "bobologie", les médecins sont là pour cela. Si vous connaissez quelqu'un qui ne peut être guéri par eux, adressez le à mon cabinet. S'il ne peut pas se déplacer, je lui rendrai visite. Je suis assez occupé, comme vous le savez, deux théâtres m'ont demandé d'écrire trois scénarios pour le programme du mois prochain. Je ne peux pas m'occuper de tout le monde mais seulement de ceux qui souffrent de maladies graves. Je pense qu'en fait, je soigne autrui pour m'émerveiller de l'habileté nouvelle de mes mains".

Traduction de Lama Detchen Kunzang Trinley
http://www.creatweb.nc/bob/RUBRI…/article1928surlereiki_html
 
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:14
La méditation comme chemin de guérison : conseils et pratique
(Extrait de l’ouvrage “Reiki, ouvrir le coeur, éveiller l’esprit”,
paru aux Éditions du Rocher en mars 2001)
 
Dans le bouddhisme, nous ne pratiquons pas la méditation pour réprimer nos sensations, mais comme moyen de veiller sur elles, d’être leur garde avec un soin affectueux, sans violence. Quand nous pouvons maintenir l’attention consciente, nous ne sommes pas emportés ou submergés par nos sensations, ni noyés dans nos conflits intérieurs. Nourrissant et maintenant l’attention consciente, nous essayons de prendre conscience de nos formations internes et de nos conflits à mesure qu’ils se manifestent. Nous les recevons avec amour, comme une mère prend soin de son enfant dans ses bras : "l’attention consciente est présente, et je sais que j’ai assez de force pour être en contact avec mes nœuds intérieurs."
Thich Nhat Hanh
 
Au lieu de démissionner du monde, vous pouvez prêter attention à votre corps, à votre respiration, à vos sentiments, à vos pensées jusqu’à ce que vous ayez dépassé toutes les différences et limitations, et réalisé ce que nous appelons la présence de Dieu. Nous sommes tous “un” avec la réalité ultime.
Père Bede Griffiths
 
Je souhaite une fois de plus m’exprimer au sujet de la méditation, pratique si précieuse à mes yeux, à la fois complémentaire et indissociable de celle du Reiki. J’en ai fait mention de nombreuses fois, durant les stages que j’anime et notamment dans mes trois ouvrages. Bien que transmettant les initiations du Reiki, je ne me considère pas pour autant comme un “maître de méditation” et je n’ai aucune autorité spirituelle pour l’enseigner convenablement. Toutefois, je peux partager avec vous mon expérience et suggérer quelques conseils élémentaires, comme de s'asseoir en silence et de respirer en conscience, pleinement attentif. Je vais donc particulièrement m’inspirer ici des recommandations de grands maîtres spirituels qui ont atteint une réalisation authentique en ce domaine.
 
La méditation est à notre portée comme l’est chacune de nos respirations. Rendons simplement ce processus instinctif de plus en plus conscient. Avec un peu d’entraînement, vous vous apercevrez que le support utilisé, l’attention au souffle par exemple, devient progressivement moins importante. Il se développe alors un sentiment de présence spontanée à mesure que disparaissent les émotions conflictuelles et l’agitation mentale. Cette disponibilité à l’instant devient plus naturelle et une façon ouverte et merveilleuse de vivre. Par conséquent, si nous devenons plus présents à nous-même, le monde et les êtres qui y vivent le deviennent aussi. Si nous devenons conscients de la vie en nous et autour de nous, alors tout devient précieux et rempli de la même énergie de vie.
 
Il y a cependant un comportement juste à trouver au sein d’une telle pratique : celui de rencontrer et de voir pleinement ce qui s’élève dans l’esprit, ce qui demeure dans l’esprit, ainsi que ce qui disparaît de l’esprit. Il faut donc s’offrir un espace suffisamment grand et ouvert pour accueillir toutes les turbulences intérieures parfois refoulées depuis longtemps, sans chercher à les supprimer pour autant. Il nous faut faire briller la lumière de la conscience et de l’attention.
 
En bref, demeurez sans artifice sur tout ce qui peut survenir dans l’esprit. Ne réagissez pas, ni en encourageant ni en inhibant.
Patrul Rinpoché
 
Apportons maintenant quelques conseils de base afin de réaliser ce que les enseignements bouddhistes nomment les trois immobilités : celles du corps, de la parole et de l’esprit. Pour ce qui est de la posture physique, elle consiste à maintenir le dos droit, mais sans raideur excessive pour autant, afin que les énergies subtiles puissent y circuler librement, que l’on soit assis sur un coussin jambes croisées, ou sur une chaise les pieds bien à plats sur le sol. Il est d’ailleurs enseigné que l’esprit chevauche les souffles contenus dans les canaux du corps. Si le corps adopte une bonne position, nous sommes alors sûrs que l’énergie circulera correctement et que l’esprit retrouvera une condition de clarté naturelle.
 
Par la rectitude du corps, les canaux subtils sont droits. Par la rectitude des canaux, les souffles subtils sont droits. Par le contrôle des canaux et des souffles, l’esprit est fixé.
Karmapa Ouangtchouk Dorjé
 
Le corps doit être immobile et solide comme une montagne, et l’esprit aussi vaste que le ciel. Votre assise doit manifester la stabilité et la dignité. La paume des mains repose naturellement sur les genoux, dans une posture dite “à l’aise”, ou bien en dessous du nombril dans le mûdra de la méditation, l’une sur l’autre et les pouces joints.
 
Soyez assis avec toute la majesté inaltérable et inébranlable de la montagne. La montagne est complètement naturelle et bien établie sur ses bases, quelle que soit la violence des vents qui l’assaillent ou l’épaisseur des nuages sombres qui tourbillonnent à son sommet. Assis comme une montagne, laissez votre esprit s’élever, prendre son essor et planer dans le ciel
Sogyal Rimpoche
 
Gardez les yeux ouverts, ou mi-clos. Évitez de les laisser fermés durant toute votre méditation, afin de ne pas vous sentir coupés et séparés du reste du monde. Sogyal Rinpoché insiste en disant que notre méditation et notre regard devraient être vaste comme l'étendue de l’océan.
 
Les yeux sont immobiles, stables comme un lac, le regard n’étant forcé d’aucune manière, mais détendu, posé, insensible aux apparences. Tout se reflète en lui, comme les étoiles et les constellations dans un lac.
Kunzang Péma Namgyèl
 
C’est un point important car, dans certains enseignements comme le Dzogchen, il existe une pratique spécifique où l’on plonge et unit son regard avec l’espace face à soi (mais non face au soleil), afin que le ciel extérieur révèle le ciel intérieur et que ce dernier dévoile le ciel intime, ou secret, la clarté originelle de l’esprit. Lorsque l’on est débutant, on peut toutefois garder ses yeux fermés au début de la séance afin de trouver en soi-même un état calme et relaxé. Mais attention de ne pas transformer sa pratique en une “méditation sauna”, ainsi que l’expriment avec humour certains maîtres tibétains, c’est-à-dire une forme de méditation où règne un certain confort mais sans clarté ni présence éveillée. Un tel méditant reste comme replié à l’intérieur de lui-même. Cela n’est certes pas la voie de la libération, mais le prolongement de l’état confus et hébété de l’esprit.
 
La parole est dite silencieuse. Aucun mot n’est prononcé, aucun murmure n’est exprimé. La respiration demeure naturelle, ni forcée, ni contrôlée ni disciplinée, comme c’est le cas dans certaines méthodes de yoga ou de pranâyama.
 
La parole est immobile, elle ne déclare rien, ne récite ni mantra, ni prière, ni texte de pratique. Aucun exercice des souffles ou du souffle, la respiration est totalement sans effort et totalement détendue.
Le mental est au repos. Demeurez calme et tranquille, l’esprit complètement relâché mais vif et alerte à la fois.
 
Ensuite, appliquez les instructions qui permettent de poser et de stabiliser la conscience : ne pas ressasser, repasser, revivre ou analyser les événements passés ; ne rien prévoir pour les périodes à venir ; ne rien fabriquer dans le présent, laisser le mental en congé ; demeurer simplement dans l’état originel.
 
Il est dit que si l’on crée les conditions favorables dans son corps et son environnement, la méditation et la réalisation s’élèveront automatiquement. Il n’y a donc rien à rechercher, rien à imposer ni rien à contrôler.
 
Pendant la méditation, l’esprit est déposé de manière égale dans son état naturel. Il est comme une eau tranquille qui n’est pas agitée par les ondes ou la brise. Quand une pensée ou un changement s’élève dans cette immobilité, elle prend forme comme une vague sur l’océan et disparaît de nouveau. Laissée naturellement, elle se dissoudra naturellement. Quelle que soit la perturbation qui fait irruption dans l’esprit, si vous la laissez être, d’elle-même, elle s’épuisera et se libérera. Ainsi, la vue obtenue par la méditation est que tout ce qui apparaît n’est rien d’autre que le déploiement ou la projection même de l’esprit.
Dudjom Rinpoché
 
En résumé, il peut y avoir de nombreuses pratiques différentes, telles que l’attention au souffle, la méditation marchée, la récitation de mantras, la visualisation de symboles, la contemplation de l’esprit sur la dévotion ou la compassion, etc... mais, quelque que soit le support utilisé pour notre méditation, le but de celle-ci est qu’elle nous ramène à la nature véritable de notre esprit. Une fois que nous avons trouvé ce qu’il y a d’essentiel à l’intérieur de nous-même, nous pouvons dépasser la “technique” et seulement demeurer dans une condition d’ouverture. Restons simplement éveillé et présent. N’ayons pas trop d’attente, d’espoir ou de regret par rapport à notre pratique. Apprécions le simple fait d’être vivant.
 
Je désir maintenant laisser la place aux élèves du moine zen Thich Nhat Hanh (qui pratique et enseigne l’art de vivre dans la “pleine conscience”). Leurs paroles sont une source d’inspiration authentique et nous invitent à développer plus de diligence pour la méditation assise, dans un esprit de compassion pure pour soi-même :
 
“La méditation assise est un moyen de retourner chez soi et de prendre soin de soi. À l’instar de la représentation du Bouddha sur l’autel, nous pouvons nous aussi rayonner la paix et la stabilité. Nous nous asseyons le dos bien droit avec dignité et retournons à notre respiration. Nous portons notre pleine attention à ce qui se passe à l’intérieur et autour de nous. Nous laissons notre esprit devenir ouvert et sans limites et notre coeur doux et aimant.
 
La méditation assise apporte beaucoup de bienfaits. Nous réalisons que nous pouvons être un avec ce qu’il y a à l’intérieur de nous : notre douleur, notre colère, notre irritation ou notre joie, notre amour, notre paix... Nous sommes seulement avec ce qui est là sans nous laisser entraîner. Laissons ce qui est là apparaître, s’installer puis repartir. Nul besoin de rejeter ou de réprimer une pensée, ni de prétendre qu’elle n’est pas là. Observez les pensées et les images de votre esprit avec un regard tolérant et amical. Nous sommes libres de demeurer immobiles et calmes en dépit des orages qui peuvent éclater en nous.”
 
 
Quand le corps et l’esprit font un, les blessures de notre coeur, de notre esprit et de notre corps commencent à guérir. Tant que le corps et l’esprit demeurent séparés, ces blessures ne peuvent guérir. Pendant la méditation assise, les trois éléments souffle, corps et esprit sont calmés et progressivement amenés à l’unité. Si la paix est établie dans l’un de ces trois éléments, les deux autres aussi seront bientôt apaisés.
Thich Nhat Hanh
 
Bien entendu, la pratique véritable ne s’arrête pas une fois que nous quittons le coussin de méditation. Nous devons ensuite pratiquer l’intégration dans l’après-méditation, en maintenant une conscience attentive et une certaine qualité de présence quoi que nous fassions. Nous pouvons suggérer de faire des pauses de “pleine conscience” toutes les heures, ramenant l’esprit en lui-même le temps de quelques respirations, ou encore réciter un mantra ou une courte prière qui nous inspire particulièrement.
 
Après la pratique assise formelle, maintenez cette conscience claire légère, spacieuse, tout au long de la journée. Graduellement, la conscience claire s’affermira et la confiance intérieure croîtra.../... Que vous marchiez, que vous soyez assis, que vous mangiez, que vous vous endormiez, ayez un sentiment d’aise et de présence d’esprit.../... Finalement, quoi que vous fassiez, faites le selon le Dharma, ce qui est la façon de calmer l’esprit et de subjuguer les négativités.
Dudjom Rinpoche
 
- Transformation et Guérison”, Thich Nhat Hanh, Éditions Albin Michel.
- Convergence du christianisme et du bouddhisme. Je n’ai pas retrouvé la maison d’édition qui publia cet ouvrage.
- La simplicité de la Grande Perfection, James Low, Éditions du Rocher.
- Le Flambeau de la Libération, Déchoung Rinpotché, Éditions Yogi Ling, 1997
- Sogyal Rinpoché : “Conseils essentiels sur la méditation”, diffusé par le centre Rigpa, 6 bis rue Vergniaud, 92300
 Levallois-Perret.
- L’Escalier de Cristal, vol. III, Éditions Marpa.
- Rigpa, 6 bis rue Vergniaud, 92300 Levallois-Perret.
-“Pour nourrir notre joie au Village des Pruniers - Un guide pour les pratiques et les activités”, rédigé par les moines
   et les moniales du centre de méditation du Vénérable Thich Nhat Hanh : Le Village des Pruniers , Meyrac, 47120
   Loubès-Bernac.
© Patrice Gros/Éditions du Rocher/2001
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:12
La pratique spirituelle du Reiki ou l’art d’être une belle tasse de thé !
 
Aussi fameux que soit le thé, aussi parfaite que le soit sa préparation, si vous ne possédez pas de tasse vide pour le boire, vous ne serez pas en mesure de l’apprécier convenablement ni d’en savourer toute la saveur.
 
Il en est de même avec notre pratique du Reiki, véritable art sacré de guérison et source d’éveil spirituel. Ainsi, quelque soit la grandeur de l’initiation que nous avons reçu, quelque soit la disponibilité de la personne à qui le soin est dédié, si nous ne savons pas devenir un parfait réceptacle afin de faire rayonner pleinement la “vibration d’amour universel”,comme l’exprimait l’un de mes enseignants japonais, nous ne serons alors pas capable de transmettre l’énergie du Reiki dans toute sa pureté ni sa totalité. Nous ne serons pas en mesure non plus d’atteindre nous-même un haut niveau d’harmonie, de tranquillité intérieure et de conscience.
 
Comment donc devenir un digne réceptacle ? Comment se transformer en une belle tasse de thé ? L’art n’est pas si simple, car il réside dans le fait de se tenir immobile et silencieux à l’intérieur de soi, et de revenir à une qualité de pure présence spontanée. C’est précisément cette façon d’être, en éveil, dans la vigilance et l’ouverture du coeur, qui permettra de recevoir et d’accueillir pleinement l’énergie de bonté du Reiki, pour ensuite l’offrir et la partager généreusement. Car, dans le contexte de notre discipline, guérir est véritablement une pratique spirituelle et méditative
 
Soyez continuellement conscient de ce que vous faites et ne permettez pas à vos pensées de vagabonder. Chaque position sur le corps est appliquée d’une manière consciente et cette pleine attention est accompagnée d’une absence totale d’attente ou d’espoir sur ce qui adviendra. C’est cela qui fait que la méthode d’Usui diffère de la plupart des autres arts de guérison par l’énergie.
 
La pratique du silence intérieur, de l’assise vigilante ou de la méditation de la tranquillité, est à la base de notre art. Il est bon de se souvenir que ce n’est pas tant ce que l’on fait, mais la motivation authentique ainsi que l’état de conscience dans lequel on se trouve qui sont les plus importants; l’être plus que le faire. Si l’intention est pure, alors l’action sera juste et appropriée. C’est pourquoi, avant toute séance, établissez clairement votre motivation et revenez en vous-même. Joignez les mains, paumes l’une contre l’autre, face à votre coeur. Rentrez dans l’expérience du gasshô, qui exprime le respect, l’ouverture, l’humilité, la confiance et l’abandon totale. Ce geste représente le mudrâ de l’inébranlable sincérité. Une telle attitude est nourrie par la gratitude, l’appréciation et la reconnaissance que l’on éprouve envers Usui sensei et l’enseignement spirituel du Reiki. Ressentez l’expérience d’unité, de non séparation, d’harmonie et de paix avec l’énergie universelle, les êtres et l’univers tout entier. Lâcher-prise totalement puis, de cet espace de silence et de présence intérieure, pratiquez les gestes justes, les positions de mains, considérées comme de véritables mudrâ sacrés qui induisent un changement positif dans la conscience de celui qui les reçoit autant que de celui qui les offre. Soyez celui à travers qui le Reiki se transmet, sans être identifié pour autant à celui qui donne. Soyez un témoin lumineux, tel un phare par une nuit de brume. Soyez rayonnant de bénédictions, tel un stupa (monument sacré) qui dispensent lumière et bienfaits autour de lui.
Ceci ne peut être réalisé et compris que par ceux qui se dévouent à la méditation de présence, l’assise silencieuse immobile unifiant le calme mental et la vision pénétrante. L’esprit est au repos, demeurant dans la tranquillité, complètement relâché, tout en étant vif et alerte à la fois. La conscience est éveillée, claire et présente, fermement établit dans la reconnaissance de ce qui s’élève, sans préférence et sans choix, sans saisie ni rejet.

Le calme maintenu dans l'esprit - shamatha - c'est ne rien faire, c'est à dire relâcher toute saisie et toute crispation. La vision pénétrante - vipashyana - c'est comprendre qu'il n'y a rien à faire, parce que l'esprit est pure sagesse et que tout s'y manifeste.
 
Une fois le thé servit, laissez le fumer tranquillement, soyez apaisé en vous-même et appréciez-le, dans la simplicité de l’instant ! © Patrice Gros  http://www.reikido-france.com

 
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:11
Du bon usage des symboles du Reiki
 
La technique thérapeutique consiste à célébrer la présence de Dieu en l’autre personne
Richard Moss
 
Plus j’évolue dans ma pratique et ma compréhension du Reiki, plus je ressens à quel point il n’y a, en réalité, rien à chercher, rien à créer, ni rien à obtenir. Le plus grand secret du Reiki consiste simplement à “maintenir son être dans l’Être”. C’est le but caché du Reiki, qui n'a pour autre objectif que de nous ramener dans cette “Présence”. Ainsi que me l’écrivait une de mes stagiaires : Vivre le Reiki, c’est vivre dans la  Présence à chaque instant, c’est laisser cette Présence faire le travail en nous, afin d’être un canal d’Amour pour tous ceux qui souffrent, et tout cela, dans le plus grand silence.
 
La question est de savoir en pratiquant si l’on se relie à la partie en souffrance (d’une personne, d’une situation, d’un lieu, d’un événement, passé ou futur, etc...) ou si, grâce au Reiki, l’on entre en résonance avec la dimension divine et ultimement parfaite, de cette personne, de cette situation ou de ce lieu... C’est ici que les symboles prennent tout leur sens et que l’on réalise, par l’expérience, la profondeur de leur fonction, celle de nous amener à une qualité de “pure perception”.
 
La pure perception est le point de vue extraordinaire du Véhicule de Diamant. Elle consiste à reconnaître la nature de Bouddha qui réside dans tous les êtres et à percevoir la perfection et la pureté originelle dans tous les phénomènes
 
Les symboles d’Usui ont pour objectif de nous rappeler cette évidence oubliée. Ils sont comme des fenêtres sur l’Absolu, celui de notre vraie nature. On a tendance à le perdre de vue en pratiquant, ne percevant à tord que les patients dans leur souffrance, les situations de vie dans leur limitation, ou encore, l’enfant intérieur avec ses nombreux traumatismes du passé. Le point le plus important est donc de ne plus voir la personne, le problème, la situation ou l’événement douloureux d’hier, mais bien de garder à l’esprit, à la lumière des trois symboles, la dimension de plénitude et accomplie de tout être et de toute chose. Et c’est cela qui, fondamentalement, guérit.
 
Selon La Voie Infinie, tout l’art de la guérison spirituelle réside dans le fait d’oublier à la fois le patient et son problème. Ensuite, il convient de se tourner vers le dedans de soi-même, afin d’y contacter la Présence Divine, cette grâce omnipotente de Dieu qui nous suffit en toutes choses. Il se produira ce qu’on appelle une “guérison spirituelle”. Mais en apparence seulement. En réalité, il ne se passe rien, puisqu’il n’y a rien à guérir. Aux yeux de Dieu, comme à ceux de tous les grands Illuminés, le monde est parfait tel qu’il est. Il n’y a donc rien à y changer.
Lina Cristi
 
Durant une telle pratique, on ne perçoit plus une problématique spécifique, mais on garde à l’esprit l’image - on pourrait dire l’icône - du symbole, manifestation de la vérité absolue. On ne voit plus la personne malade, mais, là encore, uniquement la vision du symbole, reflet de la perfection originelle. Lors d’un soin à distance par exemple, on envoie du Reiki non à l’être en souffrance (soi-même ou autrui), mais à son essence la plus secrète, la dimension de totalité. C’est celle-ci qui va prendre soin et guérir l’aspect de soi qui, sur le plan relatif, dans sa nature duelle et fragmentée, expérimente la douleur, la peine et la confusion. On ne se relie plus simplement à l’enfant intérieur, avec ses souffrances du passé, mais à l’enfant Bouddha en soi. Au-delà de toutes les illusions, de toutes les peurs, de toutes les limitations, la nature réelle de l’esprit est totalement libre, ouverte et sans limite.
Cela me fait penser à un vieux koan de la tradition zen, qui demandait quel était notre visage avant la naissance de nos grands-parents ? Quel est donc le visage de notre vraie nature, avant même la naissance de nos problèmes, de notre souffrance et de notre frustration ? N’est-ce donc pas ce “visage d’éternité” que le Reiki nous demande de retrouver, plutôt que de traiter le masque de souffrance que nous portons maintenant ? Si je reprends contact avec le Bouddha de mon propre esprit, c’est-à-dire la dimension éveillée de ma nature profonde, je réalise du même coup qu’il était déjà là, dans les souffrances de mon enfance, et qu’il sera toujours là, à l’instant même de ma mort... Cette rencontre est source de libération.
 
Le point en pratiquant est donc de s’immerger dans l’espace de silence et de présence qu’offre les symboles du Reiki. Les faire unir à son esprit, ou se fondre en eux, les devenir totalement et s’oublier soi-même complètement. Faire un avec chacun d’eux. Je dis “faire”, mais vous comprenez bien sûr qu’il n’y a justement rien à faire, mais seulement être et se laisser porter par leur énergie. Cela ne s’apprend pas. Cela se découvre et se vit. Il n’y a, en effet, rien à provoquer mais juste à se tenir prêt et en éveil. Est-ce que vous l’êtes, vous aussi, grâce aux symboles d’Usui ?
 
J’ai un dernier conseil du coeur à vous proposer : lorsque vous pratiquez le Reiki, ne voyez pas la personne en souffrance en premier, mais rencontrez sa part de lumière et de perfection que représente le troisième symbole. Rentrez en contact avec l’énergie d’amour, de compassion et de bonté universelle, et donnez lui celle-ci, ainsi que la liberté du coeur et l'apaisement de l’esprit, à travers le second symbole. Offrez à cette personne la force nécessaire à sa métamorphose, ou simplement, dans un premier temps, l’énergie dont elle a besoin pour faire face à sa souffrance, en vue de l'accepter, de la dépasser et de la transformer véritablement. Ceci est l’oeuvre du premier symbole.
 
Le Reiki est en cela une voie profonde afin de réintégrer la condition naturelle, l’état originel. Ses initiations sacrées sont une invitation à demeurer, à être, pleinement là, dans le silence et la présence. La pratique ultime de guérison, selon notre discipline, c’est de nous révéler l’espace d’unité qui existe entre celui qui pratique et la personne soignée. Souvenons-nous que “dans le plus haut royaume de l’Essence Vraie, il n’y a ni autre ni soi.” D’après mon initiateur Don Alexander, la question à se poser est de se demander “qui” offre du Reiki à “qui” ? La réponse que je propose c’est que, dans cet état de grâce où nous emmène le Reiki, il n’y a jamais eu, dès le départ, deux personnes, mais un seul être, guérit dans sa nature la plus profonde. Il n’y a qu’un seul mouvement, celui de l’Énergie, ou de la Vie. Un simple mouvement, infini et continu. Non pas un mouvement d’une personne à une autre, ni celui d’un “soignant” à une “personne soignée”. Juste un mouvement illimité, où chacun se révèle être la plus belle réflexion de l’autre ! Si on rentre profondément dans chacun des symboles d’Usui, on réalise peu à peu cela. Puis, viendra une autre étape où, comme l’exprime Padmasambahava, un maître de la tradition tibétaine :
 
Guérir l’essence de la maladie ne nécessite pas l’once d’un remède ou la moindre syllabe d’un chant de cérémonie de guérison. Ne considérez pas la maladie comme un obstacle ou comme une vertu. Laissez votre esprit sans fabrication et libre... coupant à travers le flot des pensées conceptuelles... les vieilles maladies disparaîtront d’elles-mêmes et vous serez protégés des autres.
 
1 Dilgo Khyentsé Rinpoché in L'sprit du Tibet de Mathieu Ricard
© Patrice Gros  http://www.reikido-france.com/
 
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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 13:10
Dans le Reiki, on utilise des formes (symboles) et des sons (mantras/kotodama) comme catalyseurs afin de rentrer en résonance avec l’énergie d’une dimension supérieure.
Hiroshi Doï
 
Depuis la découverte jusqu’à l’expérience spirituelle de Mikao Usui, nous savons que les différents symboles traditionnels du Reiki transmis Chujiro Hayashi appartiennent à l’héritage sacré de l’Inde. Afin de préserver leurs patrimoines spirituels, les sages de ce pays avaient composé une langue sacrée, un alphabet mystique, qui porte le nom de siddham. Celui-ci est composé de différentes lettres sanskrites, les bîjas-mantras, dont la calligraphie visualisée en esprit, devient un “symbole” vivant.
 
Le terme de bîja : “semence”, “germe”, donné à ces lettres sanskrites est très évocateur du rôle qui leur est attribué dans le Bouddhisme ésotérique. Les bîjas sont les sons éternels, non créés, antérieurs à toute création ou manifestation terrestre.
 
Au sein de la tradition tantrique bouddhiste, qu’elle soit japonaise ou tibétaine, on se relie à ces différents symboles pour opérer initialement des changements dans l’esprit, pour éveiller sa conscience et éclaircir sa vision spirituelle.
 
C’est le maniement des symboles qui va nous permettre de quitter le plan rationnel et d’atteindre à une nouvelle profondeur de conscience... Les symboles utilisés dans le Bouddhisme ésotérique détiennent un pouvoir quasi magique qui va faire retentir notre être tout entier, le conduire à une transformation en profondeur et lui permettre de sauter du plan rationnel au plan situé au-dessus.
 
Les symboles du Reiki offrent aux praticiens une perspective nouvelle de la réalité des êtres et de l’univers. Ils invitent chacun à changer sa représentation du monde, à passer d’une perception erronée à une perception pure, que l’on appelle “vision sacrée” dans les enseignements bouddhistes tantriques. Il s’agit de percevoir les phénomènes, ainsi que tous les êtres, du point de vue de leur pureté inhérente.
 
Le Reiki est donc basé sur la pratique et la philosophie des tantras, et cela nous est clairement exprimé et démontré par l’usage des différents symboles du second degré. Le tantra est considéré comme la voie de la transformation, car on transforme les apparences illusoires en sagesse. On convertit la vision fallacieuse que l’on a de soi, des êtres et de l’univers, en une vision totalement pure et sacrée. Par exemple, nous ne nous considérons plus sous notre aspect ordinaire et limité, mais nous nous révélons en fait comme des “êtres parfaits”, ou des bouddhas ! Pour arriver à cela, nous mettons en oeuvre des moyens habiles, comme la visualisation de mandalas, véritable représentation extérieure de notre univers intérieur. Ou encore, nous pratiquons la visualisation des différentes déités de méditation (les différents bouddhas et bodhisattvas), étant eux-mêmes une expression de notre nature illuminée, ainsi que la récitation de mantras, c’est-à-dire l’énergie de l’éveil sous forme de sons. Concrètement, de même que nous n’avons pas encore la capacité de nous voir réellement comme des “bouddhas”, et comme nous n’avons pas trouvé cet éveil à l’intérieur même de notre esprit alors, nous méditons sur la représentation d’un bouddha à l’extérieur de nous. Nous considérons que ce “bouddha extérieur” n’est en rien séparé de nous-même. Une telle pratique sert ainsi de miroir afin de révéler la pureté originelle et la perfection spontanée, ou nature de bouddha, en chacun de nous.

Si, pour beaucoup d’entre nous, il est difficile de maintenir la contemplation d’un mandala très complexe (simplement parce que cela ne fait pas partie de notre culture spirituelle), nous pouvons alors essentialiser cette pratique à l’aide de la visualisation d’une forme symbolique d’un bouddha (la déité), véritable archétype de notre nature éveillée. Il est essentiel pour nous de savoir que celle-ci peut être aussi réduite à sa plus simple expression et prendre alors la forme d’un “symbole” que l’on appelle “syllabe germe”, ou bîja, en sanskrit. Comprenons, là aussi, que notre nature véritable est de même essence que ce symbole, qui en est une représentation extériorisée. Celui-ci est perçu comme l’expression des qualités inhérentes à l’esprit. D’où l’intérêt que le Reiki leur porte afin d’opérer une plus grande transformation, non seulement du corps, mais aussi de l'âme et de la conscience, et en fait de toutes les dimensions de l’être, constituant cette guérison holistique que nous recherchons tous. Il y a dans le Reiki un message d’espoir formidable, c’est que nous sommes en soit guérissable ! Si nous le sommes, c’est qu’il y a en chacun de nous ce potentiel de guérison. Le but du Reiki, à travers ses différentes pratiques et notamment par l’usage des symboles sacrés, est de faire s’élever et accroître l’état de santé/sainteté fondamental, ainsi que les germes d'équilibre et d’harmonie originelle. Au sein de la tradition bouddhiste tantrique, les différents symboles comme les mandalas, les déités de méditation, les mantras et les syllabes sacrés sont utilisés comme support de contemplation de l’esprit, afin de découvrir sa véritable essence, l’éveil (ou nature divine) en soi. C’est pourquoi, dans le système d’Hayashi, les symboles du Reiki sont donnés pour la découverte de sa vraie nature.

Plus que de considérer les différents symboles du Reiki comme séparés de nous, nous devons au contraire ressentir le lien intime qui existe entre ceux-ci et la nature fondamentale de notre esprit. Plus que de les visualiser comme extérieurs à soi, nous devrions nous identifier à eux, et les devenir véritablement, afin de découvrir nos germes d’éveil spirituel, source de toutes les guérisons !
 
Dans les tantra, nous concentrons notre attention sur une image archétype et nous nous identifions à cette forme subtile afin de réveiller les aspects les plus intimes, les plus profonds de notre être pour les attirer dans notre réalité actuelle.
Lama Thoupten Yéshé
 

1 : “Le Bouddha Secret du Trantrisme Japonais”, Pierre Rambach, Éditions Skira.
2 : “Le Bouddha Secret du Trantrisme Japonais”, Pierre Rambach, Éditions Skira.
 
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