Chantal,
grande petite sœur,
en si peu de temps, tu as pris tellement de place dans ma vie, et je ne le savais pas…
Je te vois comme une princesse, non une reine, ou plutôt une déesse, celle de la maternité. Le cœur et les bras toujours ouverts, pour tous les chagrins, des uns ou des autres. Un sourire comme une porte grande ouverte sur ton coeur. Une écoute immense, des paroles rassurantes, consolantes, apaisantes pour chacun.
Tu avais deviné, toi, que la proximité des enfants enchantait, qu'ils étaient plus près de la vérité que quiconque... Mais savais-tu que les enfants mourants dessinent tous des papillons ?. Car ils savent, eux, ils ont l'intuition que leur corps malade est comme une chrysalide qu'ils vont devoir abandonner et qu'ils vont se transformer et s'envoler vers une vie complètement nouvelle ?
La vie a quitté ton corps qui était devenu trop lourd, petite Chantal, mais, où est-elle allée ? Rien ne disparaît dans ce monde mais tout se transforme… alors moi, je te vois partout… dans la bande de moineaux piailleurs qui virevolte autour de ta maison, dans les mésanges facétieuses qui les accompagnent, dans les fleurs qui commencent à apparaître sur les arbres, dans le souffle du vent, dans le soleil qui se lève derrière la montagne, dans l'air frais du matin, dans le son des cloches des vaches qui viennent d'arriver sur l'alpage.. et j'attends avec impatience l'été pour te voir encore mieux dans les coquelicots du bord des routes, dans les papillons bien sûr mais surtout dans les roses trémières, tes préférées, qui grandissent au pied de ta maison et de la mienne…
Ce que tu m'as donné en si peu de temps, ce cadeau si précieux, ce que tu as su donner à tout ton entourage et au-delà, n'a pas disparu mais continue à vivre en nous. Ce don d'amour reste vivant en chacun et le sera toujours. Cet amour nous donnera la force de continuer sans ta forme physique, petite Chantal, nous donnera le courage de nous dépasser pour être digne de ce don que tu nous as fait, de ta présence parmi nous. Cette présence simple, douce, bienveillante, qui dansait dans tes yeux ébouriffés…
Je te garde en mon cœur, grande petite sœur, et je te souhaite un beau voyage vers ta nouvelle destinée et je sais aussi que tu gardes en ton cœur tous ceux que tu as aimés… que tous portent aux quatre vents ton message d'amour: "aimez-vous comme je vous ai aimés...
Pascale
mai 2004