Partage spirituel, philosophique, poétique, etc...
Arnaud mon Maître,
Arnaud, mon père d’âme…
Mon cœur déborde de gratitude pour ce chemin parcouru ensemble, pour le soutien, la lumière que vous êtes dans ma vie depuis plus de 22 ans maintenant…
Jeune femme perdue, après la mort de mon père à 18 ans, le marasme de mon mariage à 28, je me sentais alors tellement victime d’une vie injuste… j’avais rejeté la religion catholique à mon adolescence et ne savais pas à quel « saint » me vouer quand ma tante m’a donné le livre de Véronique : Anthologie de la Non-Dualité. Ce livre a été la première lumière, le premier pas, j’avais trouvé ce que je cherchais sans le savoir, ce vers quoi me tourner…
Puis vos livres m’ont accompagnée, soutenue, portée. Le deuxième pas fût quand, alors que je l’avais lue plusieurs fois et que j’y adhérais pleinement, la phrase : « SOYEZ DISCIPLE DES EVENEMENTS ET NON PAS VICTIME, m’a percutée et s’est inscrite au plus profond de moi. Quelque chose s’est passé à ce moment-là qui n’a plus jamais été vécu de la même façon. Tout prenait sens, chaque événement devenait une pratique, me portait à grandir et cela ne m’a plus jamais quitté…
Et puis, j’ai eu envie de venir vous voir et j’ai envoyé ma lettre. Hauteville venait de naître. J’ai vécu là-bas, avec Véronique, un nouveau pas essentiel, lors d’un petit groupe. J’avais beaucoup de mal dans ma relation avec ma mère à qui je reprochais de ne pas m’avoir écoutée. Je ne sais plus les propos exacts de Véronique mais je les ai reçus de plein fouet, leur sens était : « Et vous ? vous écoutez-vous ? Je ne sais pas pourquoi mais un séisme a eu lieu. J’ai ressenti le désir d’aller dans la forêt et là, j’ai pleuré comme jamais je n’avais pleuré, des sanglots qui venaient du plus profond de la petite fille que j’étais, que ma mère n’avait pas vue ni écoutée mais que je n’avais pas vue ni écoutée non plus et qui enfin, était vue, reconnue. Des pleurs de soulagement, en même temps extrêmement forts et extrêmement libérateurs… la relation à ma mère en a été transformée, (je n’ai plus jamais attendu, réclamé son écoute) et surtout la relation à moi-même… j’avais commencé à m’aimer.
Il y a eu aussi Gilles qui a été important pour moi, quand il m’a fait comprendre lors d’une grande salle, que je me fourvoyais complètement. Sous prétexte d’acceptation de l’événement, je ne me donnais pas le droit de vivre mon émotion et celle-ci était mise sous le tapis immédiatement. « J’accepte l’événement, je n’ai donc pas le droit d’en souffrir… en gros, c’était ça ! » L’idéal spirituel, le poison dans lequel j’ai baigné durant longtemps, le non respect de l’endroit où je me trouvais, le non-respect de moi-même, de la réalité. Ce fût aussi une étape très importante !
J’ai rencontré aussi Douglas Harding, qui m’a ouvert le regard. J’ai compris avec lui ce qu’était : « La fleur est regardée et non : je regarde la fleur »… très important aussi pour moi, ce pas avec lui. Il a, lui aussi, une belle place dans mon petit temple intérieur.
Le chemin s’est déroulé au fil du temps, avec toutes les péripéties de la vie relative. Je suis allée voir du côté du bouddhisme tibétain pour la méditation surtout qui m’attirait beaucoup, sans que vous quittiez mon cœur un seul instant et avec votre bénédiction. Et c’est encore grâce à vous que j’ai pu vivre, les yeux grands ouverts, cette expérience de vie à Karma Ling durant 16 mois, et en retirer tous les bienfaits.
Pas plus que la plupart, je n’ai de relation directe avec vous, personnelle… et pourtant, vous faites complètement partie de ma vie, de mon quotidien et vous logez dans mon cœur à la plus belle place, dans mon petit temple intérieur et je vous considère comme mon Maître, comme mon père d’Ame…
Je suis toujours heureuse de vous voir au moins une fois dans l’année, à l’AG, puisque je ne choisis pas mes séjours en fonction de votre présence ou non. Pour moi, vous êtes présent à chaque instant, visible ou invisible. Moi qui aime tant les personnes âgées, je suis touchée par votre visage qui s’adoucit d’année en année, par l’Amour qui se dégage de vous et aussi par la force qui vous habite.
Je suis heureuse de ce que Véronique a dit à l’AG : « Arnaud a un cœur en or, un cœur de Boddhisattva », je n’en ai jamais douté une seconde durant toutes ces années. Et je suis heureuse aussi que vous puissiez enfin recevoir la dévotion de tous ceux que vous avez tellement aidé à grandir, que vous avez ouverts, accompagnés, soutenus, émerveillés…
Aujourd’hui, j’ai l’impression que quelques fruits sont nés de cette pratique, ce sont les vôtres: j’arrive à accueillir de plus en plus pleinement ce qui se passe en moi. Le sens corporel est accueilli tel qu’il est, les pensées et tout le discours mental sont laissés de côté, je ne m’y accroche plus. Du coup, chaque événement, sentiment, émotion, sens corporel, sont accueillis et immédiatement acceptés et transformés en « paix ». Et j’ai constaté que je ne suis plus attachée au résultat de ce que j’entreprends, je ressens une liberté, une confiance, une curiosité et une joie de vivre plus grandes. Je n’ai aucune idée si cela va durer ou non mais la confiance est là que tout ce qui apparaît est bénéfique pour la Vie. Je me sens au début du chemin, au tout début… après 22 ans, c’est étonnant !
MERCI Arnaud ! Un si petit mot pour dire la SI GRANDE GRATITUDE qui déborde de mon cœur pour vous. Je ne peux, pour vous remercier, que continuer à pratiquer avec sérieux et constance, c’est la moindre des choses…
Longue vie à vous, cher capitaine, et au paquebot « Swamidji ».
Pascale