Partage spirituel, philosophique, poétique, etc...
Toujours dans le livre d'Emmanuel:
Le Réel se charge de détruire nos illusions, et ce processus est douloureux. Quand il atteint son paroxysme, nous sommes face à un choix, être brisés ou rebondir. Nous pouvons choisir la vie, la beauté, la créativité, l’amour, la vérité, en puisant dans une ressource intérieure encore plus profonde que la souffrance elle-même. Affirmer la vie, quand nous nous retrouvons face à la réalité crue, ce n’est pas expliquer la condition humaine, ce n’est pas l’enfermer dans une idéologie. C’est la vivre. C’est être complètement engagés, et prendre de la hauteur.
Jusqu’alors, j’étais juste brisée, vraiment, mais je sens revenir en moi l’envie de la vivre cette vie, quelle qu’elle soit, et j’essaie de trouver en moi la ressource intérieure en-dessous de la souffrance… parfois j’y arrive, parfois non. Accueillir… Mais l’intention de choisir la beauté, la créativité, l’amour, la vérité, la vie est bien là, intacte. Ouf ! J’ai eu peur!
Du point de vue du réel, le tragique et l’heureux sont les deux faces d’une même pièce…
Nous nous heurtons en permanence à la différence. Et comme nous ne pouvons pas sortir du réel, sont donc également vraies et intemporelles, les quatre propositions suivantes :
- Le réel est. Il existe. (Tout commentaire est superflu, et le silence s’impose, silence qui n’exclut pas l’émerveillement).
- Le réel est créateur et heureux. (La vie offre une infinité d’occasions de joie.)
- Le réel est destructeur et tragique. (La vie est une vallée de larmes.)
- Le réel est créateur et destructeur, heureux et tragique, parfait tel qu’il est. (La vie est belle telle qu’elle est, au-delà ou au cœur de la joie ou de la souffrance).
Je ne dis pas que le réel est en partie tragique et en partie heureux, et que nous arrivons à une moyenne neutre. Je dis que tout est, en permanence, à la fois parfaitement heureux et complètement tragique, selon l’endroit où se porte notre regard. La vie illustre parfaitement le double aspect indissolublement tragique et heureux de la réalité, car la mort est inscrite dans la naissance.
Oui, la mort est inscrite dans la naissance. J’ai eu besoin de me confronter à la vieillesse et à la mort ces derniers temps et la prise de conscience a été rude, car en être consciente intellectuellement, ça c’était ok, j’ai perdu mon père à 18 ans et je croyais avoir accepté mais y être confrontée journellement, la regarder dans les yeux, plus être surprise par la mort d’une amie, là, c’est autre chose.
Accueillir, digérer, accepter, ma propre mort à venir, le chemin est long et difficile… et vivre le présent le plus intensément possible… retrouver la joie, avec la mort intégrée à ma vie, comme dit Etty :
« L’éventualité de ma mort est intégrée à ma vie : regarder la mort en face et l’accepter comme partie intégrante de la vie, c’est élargir cette vie. A l’inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l’accepter, c’est le meilleur moyen de ne garder qu’un pauvre petit bout de vie mutilée, méritant à peine le nom de vie. Cela semble un paradoxe : en excluant la mort de sa vie, on se prive d’une vie complète, et, en l’accueillant, on élargit et on enrichit sa vie ». Nouveau paradoxe !