Partage spirituel, philosophique, poétique, etc...
Je revendique le droit de souffrir.
Est-ce donc si difficile de m’accueillir souffrante ? Avec un manque d’intérêt pour le monde, pour la vie même ? Je ne demande pas d’aide, juste d’être écoutée, accueillie telle que je suis en ce moment, c’est tout et c’est manifestement impossible par les personnes qui me sont les plus proches. Je me sens niée dans ce que je vis, dans ce que je suis, là, au présent. Je n’ai pas le droit d’être moi, pas le droit de vivre ce qui me traverse.
Le pire, c’est que je fais pareil à mes proches, ma mère en particulier. Ai-je su accueillir sa souffrance, ai-je su simplement l’écouter, emportée que j’étais par tout ce que cela faisait jaillir en moi, sentiment d’impuissance, d’échec à la rendre heureuse…
Nous ne pouvons rien « faire » pour l’autre, nous ne pouvons que lui donner le droit de vivre ce qu’il vit, que l’écouter nous raconter ce qui le traverse. Parce que cette écoute inconditionnelle, c’est ce qui lui donnera la possibilité de poser un peu ses valises, le sentiment de compter « entièrement » pour l’autre, le miroir où se regarder pour avancer, le sentiment d’être aimé.
Pascale
Face à l'autre qui souffre, être aussi léger qu'une trace d'aile d'oiseau dans la neige...