Cela fait plus d’une semaine que je lis et relis un passage du livre d'Arnaud (Desjardins) "Approches de la Méditation" (p90) qui me parait capital ! Je vous en offre un extrait :
Il existe donc deux lignes de travail sur soi-même dont l’une est préalable à l’autre.
La première consiste à observer les pensées et à les mettre en cause en les référant à la vérité: « Que dit la vérité? Il faut que j’essaie de la découvrir. » Cette approche évite le refoulement qui vous oblige à enfouir juste au-dessous du seuil de la conscience ce que vous ne voulez pas voir. La vérité refoulée agit comme un ferment et vous empêche d’être détendus, unifiés, à l’aise.
La seconde ligne qui vient ensuite correspond à la décision de ne plus penser pour demeurer établis dans ce que la tradition indienne appelle ananda, la joie qui demeure. Vous êtes heureux, bien situés dans un sentiment stable de sérénité, de réconciliation, de communion. Et puis de nouveau votre cœur se referme, vous voici inquiets, soucieux et, d’une manière ou d’une autre, négatifs. « Je ne veux plus de ces pensées, j’arrête. » Il faut vous montrer intraitable à l’égard de votre propre négativité.
Dans cette ligne-là, quitter la tête pour revenir au cœur vous aidera beaucoup, au moins dans certains cas, car il se peut que vous entendiez un autre langage dans le cœur que dans la tête.
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L’émotion et la pensée interdisent la vision.
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Comment se fait-il que la même réalité soit vue tantôt avec espérance et tantôt avec un regard empreint d’inquiétude? Et surtout comment savoir laquelle des deux est juste? La réponse est claire, nette : quand vous oscillez d’une vision à une autre, la vision juste est celle qui correspond au sentiment détendu, heureux et la vision fausse est celle qui correspond à une émotion négative, pénible, qui vous met mal à l’aise.
Pour réussir à avoir gain de cause, à être le maître de la situation – je n’ai pas dit le dictateur ni le tyran, mais le maître de la situation – il faut que vous arriviez à saisir comment vous basculez d’une vision juste à une vision fausse à partir d’un indice qui vous inquiète ou vous rassure. Vous y parviendrez si, dans les moments où vous êtes ouverts et détendus, vous réussissez à vous souvenir du type de pensées qui vous préoccupe quand vous être inquiets. Vous pourrez alors regarder tranquillement ces pensées. Il s’agit d’un réel travail de disciple qui ne peut se faire que consciemment.
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Et, si vous vous centrez sur le cœur, vous avez une possibilité de ne plus être dupe des pensées et d’y mettre fin.
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Souvenez-vous de cette règle toute simple, si la vision est sereine je vois, si la vision se révèle pessimiste je pense.
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Juxtaposez les deux visions jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de division.
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Quand il y a émotion vous pensez. Toutes ces pensées, toutes, du moment qu’il y a la moindre émotion, sont erronées. Elles n’ont aucun intérêt, aucune valeur, et plus vite vous réussirez à les éliminer ou à leur interdire d’accès de votre cerveau, mieux cela vaudra.