Hommage à mon père Il y a 32 ans, le 8 juin 1976, un lundi de Pentecôte, disparaissait mon père, à 43 ans. Transporté à l'hôpital pour une insuffisance respiratoire, il mourrait deux heures plus tard. La dernière image que j'ai de lui c'est de le voir monter debout dans le fourgon des pompiers et le geste d'un pompier qui lui mit un masque à oxygène sur le visage. J'avais 18 ans et ce jour-là le ciel m'est tombé sur la tête, dans tous les sens du terme. La mort a fait une entrée fracassante dans ma vie, la conscience de la mort s'est posée sur mon épaule et ne m'a jamais plus quittée. Ce jour a été le départ de mon chemin spirituel, pourquoi? qu'est-ce que la vie, son sens? qu'est-ce que la mort?
Mon père était ébéniste et sculpteur sur bois. A l'époque, il avait commencé à m'apprendre la sculpture. Je n'ai jamais retouché un outil à bois depuis. Il m'a transmis des valeurs. Il était calme, posé, droit, honnête, secret. Il adorait jardiner, lire, dessiner, la solitude. Il aimait Brigitte Bardo et Louis Armstrong...
On s'aimait, on n'a pas eu le temps de se dire au-revoir. Le choc a été rude, une catastrophe impossible à réaliser, seul le temps a pu apaiser la blessure, l'absence...
Maintenant, j'ai 50 ans, ça fait drôle d'être plus âgée que son propre père!
Il aurait 75 ans aujourd'hui s'il avait vécu et j'aurai tellement aimé parler avec lui, de la vie, de tout, de rien... mais la vie est ainsi... mystèrieuse... sans cette mort, je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui, c'est certain, et c'est peut-être grâce à cette mort que j'ai suivi le chemin spirituel que je vis, qui me porte... Pascale
Pascale,J'en ai les larmes aux yeux...Cette date est celle de ma naissance il y a prés de soixante ans...je suis en communion avec toi,comme le dit notre Maitre...Au plaisir de te rencontrer. C.Burggraf.
Cher Acouphène, je suis heureuse si cela a pu te donner une prise de conscience. Les parents, ce sont les personnes, bien souvent, avec qui il est le plus difficile de parler vrai. Pour la famille qui restait, cette mort brutale du père nous a plongé dans l'essentiel d'un seul coup et nous a donné la chance de parler vrai le plus possible. C'est le bon côté de la chose, parce qu'il y a toujours un bon côté, même dans le pire... seulement, il faut beaucoup de temps pour s'en rendre compte. Très amicalement,
Bonjour Sourire<br />
Ton post m'a beaucoup touché ce midi (comme je ne peux au bureau mettre de commentaire, je le fais ce soir !) J'ai la chance que mes parents soient encore en vie et j'ai pris conscience que je ne leur ai jamais vraiment parlé... La relation a toujours été superficielle... Merci... Il me reste à travailler cet aspect du chemin !
Merci à vous de partager avec moi ce moment, cela me touche profondément.<br />
Merci à toi Annie pour ton témoignage, je vais aller lire les articles dont tu parles... la mort d'un enfant, c'est encore autre chose, certainement beaucoup plus douloureux encore...<br />
Merci à toi Michel pour tes notes mises sur cet instant.