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  • Princesse me croyant souvent grenouille, j'ai besoin de toucher au sens de cette vie, de m'ouvrir à ma véritable nature. J'essaie d'etre presente a  tout ce qui se presente a moi, avec curiosité, amour et joie...
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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 20:15

 

 

Le Focusing implique de prêter attention à un sens corporel physique peu clair, tout en restant extrêmement respectueux, bienveillant et attentif vis-à-vis de chaque nuance d'expérience qui s'en élève. Voir comment les étapes concrètes du changement expérimental peuvent advenir lorsqu'on prête attention à un ressenti physique est une découverte importante - quelque chose que les personnes qui se servent de la pratique spirituelle pour fuir leurs sentiment et leur expérience personnelle ferait bien d'apprendre.

 

Pourtant, dans le Focusing, tel qu'il est pratiqué habituellement, il y a souvent un parti pris en faveur du dévoilement d'une signification à partir d'un ressenti physique, en faveur d'une résolution, en faveur d'une recherche de changement ressenti. De cette manière, cela peut devenir une forme de "faire" qui maintient une position subtile je/elle vis-à-vis de notre expérience. Le biais peut être ici très subtil. Vouloir que notre expérience change comporte souvent une résistance subtile à ce qui est, à maintenant, à ce que j'appelle la présence non conditionnée - la capacité de rencontrer pleinement et directement l'expérience, sans la filtrer à travers un plan conceptuel ou stratégique quelconque.

 

Le piège spirituel subtil du travail psychologique est qu'il peut renforcer certaines tendances inhérentes à la personnalité conditionnée: se voir comme un actif, toujours rechercher le sens dans l'expérience ou faire continuellement des efforts pour "quelque chose de mieux". Bien que la réflexion psychologique puisse certainement aider les gens à progresser de manière importante, à un certain stade, même le plus petit désir de changement ou d'amélioration peut interférer avec la détente et le lâcher-prise plus profonds qui sont nécessaires pour passer du domaine de la personnalité à celui de l'être, que l'on ne peut découvrir que dans et à travers l'instantanéité présente - dans les moments où cessent toute conceptualisation et tout effort.

 

Quand nous laissons l'expérience être telle qu'elle est, au lieu de chercher à l'altérer d'une façon quelconque, le centre l'intérêt du travail intérieur se déplace de manière importante et forte. Notre expérience n'est plus quelque chose de séparé de nous, que nous avons besoin de transformer ou résoudre; au lieu de cela, le centre d'intérêt s'élargit au champ plus vaste: notre manière d'être avec notre expérience. Et quand nous nous relions de façon plus spacieuse et ouverte à notre expérience, celle-ci devient moins problématique car nous ne vivons plus dans une tension je/elle, sujet/objet, vis-à-vis de cette expérience.

 

John-Welwood-.jpg

 

 

En lisant ce passage du livre "Pour une psychologie de l'Eveil" de John Welwood, je mets des mots sur une subtile différence de pratique du Focusing que je ressentais en moi...

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Published by SOURIRE - dans Dharma
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commentaires

anonymousfocuser 06/06/2014 14:26

Il me semble que nos attitudes sont beaucoup plus prévalentes qu'elles ne nous apparaissent dans un premier temps ; ainsi notre attitude par rapport au focusing se retrouve dans notre attitude par
rapport à notre expérience (intérieure) au sein du focusing (quand nous le pratiquons).

De même, je me suis déjà rendu compte que ma manière d'être lorsque je jouais du violon était identique à la manière d'être que j'adoptais dans d'autres circonstances de la vie.

Soit dit en passant, il n'y a pas que notre attitude par rapport au focusing qui induise cette attitude "volontariste", "jusqu'au-bout-iste" chez nous. Notre éducation, notre civilisation nous
poussent à cela.

De même qu'il y a cette expression "born to kill" sur une affiche publicitaire pour un film de guerre, j'ai l'impression qu'on aurait pu mettre sur une affiche représentant ma vie professionnelle
"born to solve" ou "born to fix" et pas du tout "comment lui permettre de se déployer".

anonymousfocuser 06/06/2014 10:44

De même que nous avons tendance à instrumentaliser la réalité extérieure (en faire un objet sur lequel nous devons agir plutôt que de réaliser un accord avec lui), nous avons aussi tendance à
instrumentaliser le focusing (en faire un outil d'action, d'instrumentalisation de la réalité).

La difficulté, c'est, sachant cela, de modifier cette attitude (ce qui ne se fait pas par décret).

Comment modifier cette attitude ? Pour l'instant, je vois comme possibilité : pratiquer le focusing avec son attitude du moment (cette volonté d'agir, de transformer). Il y en a peut-être d'autres,
mais je ne vois pas.

Dire à quelqu'un qu'il doit être dans le lâcher-prise est assez paradoxal puisqu'en voulant lâcher prise, on ne lâche pas prise du tout.

Peut-être qu'une réponse à cela est de prendre volontairement le contre-pied de son attitude du moment (vaincre sa répugnance, le baiser au lépreux), poser un acte qui aille à l'encontre de cette
attitude. Encore faut-il pour cela, comprendre ce que c'est que cette attitude.

anonymousfocuser 05/06/2014 23:58

ce que l'on fait dans la vie : parfois vouloir à tout prix résoudre un problème empêche de le résoudre

ce qu'on fait avec le focusing : on l'utilise comme procédé de résolution de problème plutôt que de le reconnaitre comme "capacité de rencontrer pleinement et directement l'expérience", "notre
manière d'être avec notre expérience"

ce qu'on fait à l'intérieur du focusing : on essaie d'agir sur le sens corporel (le modifier pour qu'il soit moins douloureux) plutôt que de le laisser être ce qu'il est (être comme état et comme
potentialité, comme mouvement possible)

Heidegger s'oppose à ce qu'il appelle la métaphysique (la pensée du sujet et de l'objet) en faveur d'une pensée du dévoilement de l'Etre.

SOURIRE 06/06/2014 08:51



Merci JM de ce bel éclairage,


C'est tout à fait ce que tu dis, il n'y a rien à rajouter.


Belle journée... Pascale